Un peu de lecture…

… dans la langue de William (j’essaierai d’en faire une synthèse dans la langue de Jean-Baptiste, promis)

http://www.gaolnaofa.com/docs/gaolnaofa_prayer.pdf

Extraits traduits

La Prière dans le Polythéisme Gaélique, par Annie Loughlin, Kathryn Price NicDhàna et Treasa Ní Chonchobhair

Le polythéisme gaélique est basé sur des relations de respect mutuel et d’affection entre nous et Na Trí Naomh (les divinités, les ancêtres et les esprits de nature). Par conséquent, la prière n’est pas un acte que l’on accomplit servilement à genoux, nous ne mendions pas, ne quémandons pas, ni ne traitons les dieux comme des génies magiques ou comme des animaux de compagnie psychiques. Au contraire, la prière est un acte de communication, d’affection, d’illumination, et un moyen d’élever notre conscience de la parenté et de l’interconnexion du sacré et du profane dans nos vies. La piété a certainement un rôle dans le polythéisme gaélique, et la prière sert à montrer notre vénération et notre respect pour les Dé ocus An-Dé (« les dieux et les non-dieux »).
Sans mendier et sans flagorner Na Trí Naomh, nous demandons parfois leur aide dans certains domaines. Par la prière, nous pouvons demander à ce qu’un voyage que nous allons faire soit plus sûr, ou nous pouvons demander la guérison d’un être cher. Si une catastrophe naturelle se produit, nous pouvons demander qu’ils accordent leur bénédiction à la terre, ou qu’ils protègent notre peuple d’un orage qui approche. Nous prions pour leur aide dans la convalescence (ou le passage) de nos proches, et pour que nous comprenions les messages qu’ils nous transmettent. L’une des croyances fondamentales du polythéisme gaélique est que cette relation entre l’homme et le monde des esprits est basée sur l’affection et le respect mutuels. Nous ne traitons jamais Na Trí Naomh comme de simples êtres qui sont là pour exaucer nos moindres désirs. Étant donné que ces esprits sont plus puissants que les êtres humains, nous ne pensons pas qu’il est de notre ressort d’essayer de les commander ou de les contrôler. Si certaines traditions «magiques» peuvent fonctionner de cette façon, le polythéisme gaélique est basé sur une vision du monde très différente.
(…)
Même si l’apprentissage d’une langue gaélique n’est pas indispensable pour être un polythéiste gaélique, il est fortement recommandé au sein de Gaol Naofa. Les raisons en sont à la fois spirituelles et pratiques. D’une part, nous considérons qu’il est respectueux d’essayer, au moins, de prononcer correctement les noms des dieux et des esprits qui communiquent avec nous. Pour beaucoup d’entre nous, l’apprentissage d’une langue gaélique est aussi une façon d’honorer nos ancêtres. (…) La langue est le cœur d’une culture, et le fait d’acquérir une meilleure compréhension de la façon dont le langage est utilisé dans une culture peut contribuer à nous donner un aperçu de la vision du monde sous-jacente, des valeurs et des attitudes de cette culture. Cependant, toute étude des langues qui ne serait qu’un exercice intellectuel ne permet qu’une compréhension superficielle. Apprendre une langue et l’utiliser peut donner une perspective bien différente ; une langue qu’on apprend mais qu’on ne parle jamais ne peut jamais vraiment vivre en nous.
(…)
Lorsqu’on modifie des prières existantes, il faut aussi garder à l’esprit les sons, les rythmes et la fonction de la prière. Autant que possible, les adaptations ou ajouts doivent rester compatibles avec la structure rythmique et les motifs sonores avec lesquels la prière originale est dite ou chantée, ce qui permet de conserver les significations profondes et l’esprit de la prière. Par exemple, lorsque la métrique d’une prière change, cela signifie quelque chose. Au niveau le plus basique, il se peut que les meilleurs mots pour les concepts aient nécessité une métrique différente. Dans d’autres cas, cela indique un changement d’humeur, qui peut être ressenti au fur et à mesure que le rythme des mots modifie le rythme de votre respiration.
(…)
Comme nous l’avons déjà évoqué, il est parfois nécessaire ou souhaitable de faire nos propres prières et notre propre liturgie. Les raisons en sont nombreuses, soit parce que les prières existantes ne peuvent pas s’adapter, pour une raison ou une autre, soit parce que les modifications qu’il faudrait apporter à une prière particulière en modifieraient trop le but et le contexte. Peut-être que l’une des principales raisons, cependant, est que créer nos propres prières permet de donner voix à nos croyances et à notre propre tradition, ce qui nous permet de faire un lien plus personnel et tangible avec ce que nous faisons et avec  ceux à qui nous nous adressons ; à un niveau très basique, parfois, nous avons juste besoin de prier du fond du cœur et il n’y a pas forcément une prière traditionnelle qui couvre tout ce que nous voulons dire.
L’avantage certain qu’il y a à faire nos propres prières, c’est que c’est un bon moyen d’approfondir notre compréhension de la vision du monde polythéiste gaélique, et des symboles et des concepts qui sous-tendent nos croyances et nos traditions. Quelles que soient nos motivations, il est important de se rappeler que, tout comme l’adaptation des prières existantes doit être faite avec raison, respect et correction, la même chose s’applique à la création de nos propres prières. (…) un certain nombre de thèmes et d’éléments se retrouvent maintes et maintes fois – certaines images, termes et expressions qui aident à résumer les fondements de la croyance. Outre les expressions comme An Trì Naomh ou Déithe agus An-Déithe, on trouve des concepts récurrents comme les trois royaumes de la terre, la mer et le ciel, des épithètes particuliers et des animaux qui symbolisent ou suggèrent certaines divinités ou esprits, etc. L’utilisation symbolique des nombres est également un élément récurrent, en particulier trois, cinq, sept et neuf. Tous ces termes et concepts nous aident à exprimer comment nous voyons le monde qui nous entoure, en fonction de nos croyances, et nous aident aussi à exprimer la nature de notre relation avec les dieux, les esprits de la nature et les ancêtres.
(…)
Cependant, créer nos propres prières ne signifie pas simplement mettre ensemble quelques expressions, quelques images ou quelques chiffres ; il faut regarder plus loin que cela. (…) Certains des plus anciens exemples de prières et de poésies ont un style et une métrique, avec un certain nombre de syllabes dans chaque vers, ou le dernier mot d’un vers qui se répète dans le suivant. (…) Certaines actions accompagnent fréquemment les prières – les mouvements deiseil (dans le sens du soleil), la levée des mains et l’abaissement de la tête, etc. Dans de nombreuses prières, on se rend compte que la puissance de la prière vient des mots eux-mêmes, de leur répétition et de leur enracinement dans la tradition ; une prière de protection ou de bénédiction est puissante parce qu’elle est parlée, et qu’elle a été répétée maintes fois (…)
Le rythme est essentiel, et nos ancêtres le savaient. En parlant et en chantant les morceaux traditionnels à haute voix, vous pourrez progressivement internaliser les rythmes gaéliques de la prière. Vous constaterez que les prières restructurent votre respiration et la façon dont votre esprit fonctionne, créant ainsi des états altérés de conscience. (…)
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A propos Caitlín Urksa

Païenne, Celte de coeur, créature de la nuit et Ourse des montagnes ; artiste par plaisir, prof par obligation ; Sagittaire/Verseau, à la fois perfectionniste et désordonnée, les pieds ancrés dans la terre et la tête dans les étoiles.
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Un commentaire pour Un peu de lecture…

  1. Salvaquaria dit :

    Chouette de quoi m’entraîner à la compréhension pour mon partiel d’anglais ! Quand j’aurai compris ce qui est raconté je commenterai de manière plus utile :p

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