Notes personnelles sur l’article précédent

7 Dumhain (20/12)

Je n’ai traduit ici que quelques extraits de l’article, en laissant de côté les exemples et les explications très techniques sur la traduction du gaélique vers l’anglais. Précisément parce que traduire un texte, c’est perdre une partie de son sens profond (ce dont il est question dans les extraits, au niveau du rythme et des sonorités), je préfère inclure dans mes prières des passages en gaélique irlandais (en y ajoutant la prononciation et la traduction). Je suis également d’accord avec le fait que l’effort fait pour s’adresser aux divinités choisies dans la langue qui correspond à la culture dont elles sont issues (par exemple l’irlandais pour des divinités du panthéon celte irlandais) est une façon de montrer du respect à ces divinités. Toutefois, je me contente de quelques expressions, car ma connaissance de la langue n’est que très sommaire (et parce que, même si je suis linguiste, les langues celtes sont relativement ardues). J’imagine que ma connaissance s’améliorera un peu, petit à petit, mais sans me faire d’illusion car apprendre une langue uniquement à partir de livres ou de quelques paroles chantées (les seules ressources dont je dispose actuellement), c’est un pari perdu d’avance. Pour apprendre une langue, il faut pouvoir l’utiliser avec un interlocuteur direct, qui pourra répéter, adapter et vous corriger le cas échéant. Je suis donc tout à fait consciente du fait que mes balbutiements en gaélique en resteront très probablement à un stade très basique.

En ce qui concerne la prière proprement dite, je constate depuis quelque temps déjà qu’elle prend de plus en plus le pas sur la ritualisation. Ce qui me freinait déjà lorsque ma pratique s’apparentait à la Wicca (le côté cérémoniel) est de moins en moins présent. Mes « rites » sont désormais dépouillés : il n’y a plus d’outils rituels (je reste attachée à mon athamé mais je ne m’en sers pas), plus de manipulation d’eau, de terre ou de sel… Je garde les bougies pour activer mon autel (lumière + chaleur = vie) et l’encens pour aider mon esprit à rester concentré sur ce qu’il fait. Pour le reste, ce sont surtout des mots (murmurés, parlés ou chantés) et des rythmes (avec mon tambourin, à défaut de mieux). Donc, effectivement, il s’agit davantage de prières que de rituels, même si le terme « prière » me pose un problème. Ce mot a de nombreuses connotations qui me déplaisent… En même temps, ce n’est pas pour rien que je fuis tout ce qui est trop « construit » en matière de spiritualité, persuadée que je suis que seule l’intuition peut nous guider quand il s’agit de s’adresser aux divinités, quelles qu’elles soient.

Dans ce sens, je ne suis pas tout à fait en accord avec ce qui est dit à certains moments de l’article (le côté « restons dans la tradition » me semble trop réducteur et contraignant). Pour moi (et je revendique le droit à cette liberté), l’intention se perd lorsqu’on tente de la faire tenir dans les carcans de la tradition (quelle que soit la tradition). S’en tenir à ce qui se faisait au « bon vieux temps » empêche d’avancer et d’évoluer. Regarder vers le passé est certes utile pour poser les bases, mais le monde a changé depuis. Nos vies ne sont pas les mêmes, ni nos connaissances, ni la société dans laquelle nous vivons. Alors, à moins d’être totalement en retrait de cette société, à moins de faire le choix de vivre sans électricité, sans eau courante (et ce qui va avec), pourquoi faire semblant quand nous nous adressons aux divinités ? J’allume mes bougies avec un briquet, je fais mes recherches sur le net (ne serait-ce que pour y trouver des livres), j’ai une voiture et pas une charrette tirée par un cheval, la nappe de mon autel est en partie synthétique, j’utilise de la peinture acrylique pour les créations que je dédie à mes Guides… et j’estime qu’ils sont à même de comprendre ça, et peut-être même sont-ils à l’origine de ces changements. Personnellement, je n’ai aucun mal à voir Lugh comme le maître de l’informatique ou à imaginer la Morrigan chevauchant un missile, et je pense qu’ils sont tout aussi honorés lorsqu’on s’adresse à eux avec des prières modernes qu’avec des prières anciennes. Au contraire, n’est-ce pas leur refuser l’accès au monde moderne que de les garder dans la bulle du « bon vieux temps » ? Et cette dissociation « temps rituel/ancien » – « temps profane/moderne » n’empêche-t-elle pas notre spiritualité de faire partie de nous à tous les instants de notre vie (même quand on est au volant de sa voiture, ou dans les rayons d’un supermarché, ou devant son clavier ?)

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A propos Caitlín Urksa

Païenne, Celte de coeur, créature de la nuit et Ourse des montagnes ; artiste par plaisir, prof par obligation ; Sagittaire/Verseau, à la fois perfectionniste et désordonnée, les pieds ancrés dans la terre et la tête dans les étoiles.
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2 commentaires pour Notes personnelles sur l’article précédent

  1. Salvaquaria dit :

    Que dire face à cette réflexion profonde et intéressante ? Je rejoins ton avis sur de nombreux aspects de ta réflexion. Notamment la dernière qui défend notre temps. Comme toi je pense que vivre dans le passé est un frein à l’épanouissement d’une spiritualité. Justement parce que nous vivons dans ce temps présent et non pas dans un temps passé… Lier les divinités au monde qui nous entoure, et non pas dans une abstraction, me parle tout à fait (exemple tout bête : quand je suis dans les parties souterraines du métro, je suis dans le sein de la Terre, il y a des forces en présence en ces lieux qui sont plus fortes qu’ailleurs, y pénétrer peut donc avoir son côté spirituel ! Je devrais peut être parler des mes expériences spirituelles avec ‘la technologie’ quelque part, si ça peut intéresser quelqu’un…).
    Par contre, même si je vis aussi le bien être d’une prière dénuée de cérémoniel, (prière quasiment quotidienne pour rester en contact avec mon Panthéon ou une divinité en particulier ! Même si c’est pour cinq petites minutes qui sont cinq minutes de bonheur 😉 ), j’admets user du cérémoniel – la plupart des expériences que je retransmets sur mon blog sont d’ailleurs empreintes de plus ou moins de cérémoniel car c’est plus consistant à raconter – mais je lui donne un autre sens qu’une simple répétition. Le cérémoniel tel que je le ressens c’est un désir de ‘marquer le coup’, de montrer à la divinité et/ou aux forces de la nature (telles que les éléments) avec lesquelles on travaille qu’on les respecte et qu’on prend le temps de bien faire les choses, de faire des offrandes, de prendre du temps. Bien entendu, je ne condamne pas du tout ta façon de faire, ne prend pas ma réponse comme tel ! Au contraire je te respecte pour ton expérience et ton cheminement et j’apprécie le partage que nous livre ici. Merci Morrigan !

  2. Aucun souci, ne t’inquiète pas ^^ En fait, je pense que, au lieu de « cérémoniel », j’aurais dû dire « systématique et obligatoire », comme des prières qui sont apprises par coeur et en deviennent vides de sens. J’ai toujours eu du mal avec ça, ça ne date pas d’hier.
    En ce qui me concerne, je ne fais plus de cercle depuis longtemps, et j’ai peu à peu supprimé de ma pratique tout ce qui n’avait pas de sens profond pour moi. Mais bon, c’est personnel, un choix qui revient à chacun selon son ressenti, et il ne me viendrait pas à l’idée de dire que ce qui fonctionne pour quelqu’un d’autre n’est pas valable… si ça te convient de mettre du cérémoniel, si ça fonctionne pour toi, alors c’est comme ça que ça doit être fait pour toi !

    J’ai une forme de cérémoniel personnel (que je ne mets pas par écrit ici, par contre) : des choses que j’ai ajoutées parce qu’elles ont une énergie qui me parle (notamment, le rythme avec le tambourin, et certains gestes qui sont venus instinctivement au cours de certaines célébrations). Et en effet, il y a aussi les offrandes. Elles sont plus fréquentes dans ma pratique actuelle, mais pas systématiques, ça dépend des circonstances en fait : quand ce sont des rites prévus à l’avance, je prévois aussi les offrandes ; quand c’est une prière spontanée, il y en a rarement ; mais il m’arrive aussi de faire une offrande juste parce que je suis tombée sur quelque chose (une pierre, une plume, une plante ou autre) en me disant « tiens, ça, je vais l’offrir à X ou Y ».

    En tous cas, merci pour ton commentaire, qui me permet de faire avancer ma réflexion malgré l’état désespérément liquéfié de mes neurones (oh, vivement demain que je puisse enfin me reposer un peu et avoir le temps de me consacrer à tout ce qui mijote depuis de longues semaines, lol).
    Des bisous à toi

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