En quête de proto-histoire

Les recherches que j’ai pu faire sur la région où j’habite actuellement me mènent vers quelques points intéressants. D’abord, il semble bien que l’endroit ait été occupé par les Volques Tectosages. Ensuite, il existe, dans un rayon d’une trentaine de km autour de chez moi (imaginez-moi en mode marsupilami mégalithomaniaque), des vestiges mégalithiques : oppida, bien sûr, mais aussi dolmens (dont 1 à 5km) et menhirs ! Pas étonnant que ces « terres rouges » me parlent si fortement.

Je viens de passer un grand moment à noter tout ça sur une carte Google, et bien entendu, je prévois d’ores et déjà quelques visites… Petite capture d’écran de ce qui est au programme : en rouge, les dolmens, en bleu, les menhirs, en rose, les oppida/forts proto-historiques/tumuli.

Carte1

Mais revenons aux Tectosages. Les infos sont assez rares mais j’ai quand même pu trouver quelques petites choses sur la toile (finalement, c’est utile de se réveiller à 2h du matin).

Les Volques au 2e siècle avant JC était une grande et puissante nation celte. Ils vivaient principalement dans la province de Gallia Narbonensis, et occupaient le territoire qui s’étend entre la Garonne (Garumna), les Cévennes (Cebenna mons), et le Rhône, c’est-à-dire, grossièrement, l’actuel Languedoc. Ils étaient divisés en deux tribus, les Arecomici à l’est et les Tectosages à l’ouest, séparés par le fleuve Hérault (Arauris) ou une ligne entre l’Hérault et l’Orb (Orbis).

tecto1

Les Arécomiques capitulèrent devant les Romains en 121 BC. Ils tenaient leurs assemblées dans le bois sacré de  Nemausus, le site de l’actuelle ville de Nîmes. Le territoire des Tectosages était en dehors de la République Romaine. A partir du 3e siècle BC, leur capitale fut Tolosa (Toulouse), qui fut incorporée à l’Empire Romain par Jules César en 52 BC. source : ici.

Quelques pièces de monnaie Tectosages : , et un schéma de pièce ci-dessous.

tectosages1Le village où je vis étant donc situé à la limite est du territoire des Tectosages, et dans une zone reculée, il est probable qu’il y ait  d’autres pistes à explorer plus sérieusement (je pense notamment aux celtibères qui ont fondé l’oppidum d’Ensérune, ce qui me ramène à « ma » piste celtibère -et agace mes neurones car les infos sont difficiles à trouver-). Affaire à suivre, de toutes façons.

(Quelques heures plus tard)

J’ai continué mes recherches après avoir publié l’article et j’ai trouvé davantage d’infos. Après un petit épisode de récupération, je reviens donc le compléter.

-2500 -2000 : Généralisation des sépultures collectives, les dolmens. Ils sont l’oeuvre des populations sédentarisées dont l’habitat était à proximité. Il faut les imaginer couverts du tumulus initial de plan circulaire entouré de dalles fichées verticalement sur leur pourtour. Ils seraient postérieurs de environ 1500 ans aux grands dolmens atlantiques, mais l’évolution des connaissances bat en brèche cette perception initiale (le mégalithisme aurait débuté au sud ouest de l’Europe avant de se propager progressivement chez les Bretons).

-1900 a -1000 : Phase dite campaniforme correspondant au chalcolithique (âge du cuivre). Les vases sont ornés de gravures en fermeture éclair.

-900 : Période proto-celtique ou Mailhacien, de Mailhac en Minervois, civilisation des champs d’urnes. Les urnes contenant les cendres des défunts étaient déposées à faible profondeur protégées par une lauze en office de couvercle. Parfois accompagnées de vases d’offrandes. Le tout, surmonté de quelques pierres entassées, dissimulé sous la surface du sol et souvent arasé par les labours.

-750 : Fondation de l’oppidum Elisyique de Montlaurès, précurseur de Narbonne.

-560 : Le Languedoc et le Roussillon sont peuplés d’indigènes d’origine ibérique, les Elysiques. Leur royaume se compose de nombreux oppida (places fortes situées sur une hauteur) comme Ensérune, Mailhac, Pech-Maho (près de Sigean), Peyriac-de-Mer.  Son territoire, compris entre le cap de Leucate et l’Hérault, était doté de deux grandes villes (Naro ou Narbo, près de Narbonne et Besara, près de Béziers ). Petit à petit ils établissent des courants commerciaux et culturels avec la Méditerranée et ses peuples principaux : Phéniciens, Grecs, Étrusques et plus tard les Romains, comme en témoignent la richesse des trouvailles dans les oppida tels Ensérune.

A l’extrême fin de l’âge du bronze (5e siècle avant notre ère), deux populations se distinguent dans la région au travers de leurs pratiques funéraires.

Dans les basses terres, l’incinération des défunts est associée à la mise en place de vastes sépultures collectives. Ce sont de grandes nécropoles dans lesquelles sont enfouies des urnes de céramique qui contiennent les restes prélevés sur le bûcher de chaque disparu. Des offrandes, qui sont souvent des parures de bronze, quelquefois de tissu, ou des objets de céramique, sont associées aux cendres et aux débris d’os. Les nécropoles de Caramany et de Millas dans les Pyrénées-Orientales, celles de Mailhac dans l’Aude et du Peyrou à Agde appartiennent à cette « civilisation des champs d’urnes », finalement héritière des agriculteurs de la fin du néolithique et dont on trouve surtout les traces à l’ouest de l’Hérault, depuis Pézenas jusqu’aux vallées roussillonnaises et audoises. Ces traces semblent liées à des sociétés d’agriculteurs complètement sédentaires.

Dans les plus hautes terres des garrigues et des piémonts du massif central, l’incinération s’est aussi étendue, quoique sans faire disparaître la pratique de l’inhumation. Mais les restes des défunts ne sont pas rassemblés en champs d’urnes. Ils restent placés sous des tumuli collectifs (Cazevieille). Les populations qui les édifient étaient peut-être semi-nomades, autant sinon plus pastorales qu’agricoles, héritières de la culture des mégalithes et plus précocement celtisées que celles des plaines et vallées côtières.

Si l’on en croit les auteurs de l’Antiquité, le domaine des Ibères se serait étendu dans l’actuelle région Languedoc-Roussillon jusqu’à la rive droite de l’Hérault, avec une densité particulière de leur implantation en Roussillon, dans les vallées de l’Aude et de l’Orb. Au-delà de cette ligne, vers l’est, se trouvait le territoire des Ligures. L’historiographie actuelle a tendance à considérer cette séparation comme éminemment artificielle. Quels que soient les vocables par lesquels on les désignait, la vitalité de ces peuples autochtones fut manifeste jusqu’à la fin du 5e siècle, avec la création ou le réaménagement de nombreux oppida, tels Montfo ou Ensérune.

300 BC : Celtisation, incursions de bandes Celtes Tectosages qui dominent les Elisyques vers 250 BC. Les Tectosages sont divisés en Tolosates (Tolosa = Toulouse), Baeterrenses (Baeterrae = Béziers), Carcassenses (Carcasso = Carcassonne), Sordons (Ruscino = Châtel-Roussillon ; Illiberis = Elne), Ceretani (Puigcerda ; LLivia), Narbonenses (Narbo Martius = Narbonne) et Lutevani (Luteva = Lodève).

L’écriture ibère est adoptée. Le fleuve Hérault reste la frontière épigraphique entre deux régions de l’époque pré-romaine: à l’Est, les Volques Arécomiques utilisent la langue gauloise en alphabet grec,  à l’Ouest, les Volques Tectosages utilisent la langue ibérique en écriture ibérique.

sources diverses explorées : ici ; ; ici ; ; ici

J’ai par ailleurs découvert un article en italien () consacré à un dieu autochtone celtibère, Craro ou Caro, qui serait un dieu des eaux vénéré dans le bassin de l’Orb. Il faut que je relise cet article à tête reposée (mon italien est un peu loin)

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A propos Caitlín Urksa

Païenne, Celte de coeur, créature de la nuit et Ourse des montagnes ; artiste par plaisir, prof par obligation ; Sagittaire/Verseau, à la fois perfectionniste et désordonnée, les pieds ancrés dans la terre et la tête dans les étoiles.
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2 commentaires pour En quête de proto-histoire

  1. Eirina dit :

    Génial d’avoir tous ces sites intéressants autour de chez soi ! J’espère que tu nous feras un petit compte-rendu de tes découvertes 😉

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