Epona

Article pour le Pagan Blog Project du 01/03 (liste complète ici)

Bien que les peuples celtiques aient connu l’écriture à la fin de l’age du fer, ils n’ont pas produit de corpus littéraire dans leur langue natale, ni utilisé des inscriptions votives avant de faire partie de l’Empire romain. Par conséquent, bien que le nom d’Epona soit clairement gaulois, il n’y a aucune inscription en langue gauloise.

epona1Le mot epos signifie cheval en gaulois (dérivé de la racine proto-Indo-Européenne *ék̂u̯os, qui a donné equus en latin, ech en irlandais ancien, ešva en lithuanien ancien, ekvon en vénétien et Ηιππος (híppos) en grec. En gaulois, -os est la terminaison du masculin singulier et –a la terminaison du féminin. Ainsi epa signifie jument.
La partie -on- se retrouve fréquemment dans les noms des divinités gauloises ou gallo-romaines, comme Divona, Maponos, Rigatona, Sirona. C’est probablement un moyen de transformer le nom d’un objet en nom de personne ou de divinité. Le nom Epona signifie donc ‘jument divine’ ou ‘celle qui est comme une jument’.

epona2Répartition géographique
Epona est une déesse d’Europe Occidentale. Il n’existe qu’une représentation en Afrique du Nord, et aucune au Proche Orient. Par ailleurs, il n’y a aucune représentation ou inscription en dehors des frontières de l’Empire romain. Le territoire où les représentations et inscriptions sont les plus nombreuses est le nord-est des Gaules et la Germanie Supérieure.

Représentations d’Epona
Les sources archéologiques principales prouvant l’existence d’Epona sont des centaines de statues, statuettes, bas-reliefs et peintures. Les représentations d’Epona se classent en deux types principaux : amazone et impériale. Il y a peut-être un troisième types, avec un chariot.

epona3Type Amazone (plus commun en Gaule) : une femme assise de côté sur un cheval. La cavalière est assise comme sur une chaise, elle est perpendiculaire au cheval. Elle porte un long vêtement qui atteint ses pieds et qui est regroupé sous sa poitrine; elle peut avoir une capuche sur la tête. Le cheval est généralement représenté en train de marcher (généralement vers la droite) ou parfois, immobile. La déesse touche la crinière, le cou ou la tête du cheval de sa main gauche ; elle tient parfois une corne d’abondance à la place. L’autre main tient une patère (plat d’offrande) ou un panier de fruits. Parfois, la jument est accompagnée d’un poulain debout, couché, tétant ou mangeant dans la patère.
Type Impérial (plus commun hors de la Gaule) : une femme assise (parfois debout) entre deux chevaux (ou quatre). Les chevaux tournent souvent la tête vers Epona ou mangent du blé ou des pommes posés sur ses genoux.
Type chariot (moins courant) : représentation d’un chariot tiré par des mules ou des chevaux.

Symbolisme et Pistes de réflexion
epona4Epona est représentée avec des symboles de fertilité, comme la patère, du pain, des fruits ou la corne d’abondance. Elle est aussi fréquemment représentée avec une jument et un poulain. La présence du poulain peut être reliée à la renaissance.

Il est dit fréquemment qu’Epona était une déesse celte antérieure à la conquête romaine de la Gaule en 52BC. C’est peut-être vrai mais malheureusement, il n’y a pas de preuve archéologique. De nombreux artefacts ont été découverts il y a un siècle ou davantage, hors d’un contexte archéologique sûr. Il est donc difficile de les dater vraiment.

epona5Chez les Celtes, les chevaux étaient des symboles de statut et n’étaient pas utilisés comme bêtes de somme. Manger leur chair était tabou. Les Celtes étaient des cavaliers émérites, et le cheval les a grandement aidés dans leur conquête de l’Europe. En Irlande, une jument blanche était l’instrument qui conférait la royauté (un récit du 12e siècle décrit comment le roi doit symboliquement renaître d’une jument blanche : il devait marcher à 4 pattes, nu, jusqu’à la jument, comme un poulain. La jument était ensuite sacrifiée et sa viande consommée par le roi). Une représentation de cheval se retrouve sur de nombreuses pièces celtes. Sur certaines, le cheval est stylisé comme le cheval d’Uffington. Au dos des pièces, il y a souvent du blé. Les cornes que portent les chevaux de certaines pièces confirment un rapport avec le pouvoir divin.

sources : epona.net, ancient.eu, mercian gathering

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A propos Caitlín Urksa

Païenne, Celte de coeur, créature de la nuit et Ourse des montagnes ; artiste par plaisir, prof par obligation ; Sagittaire/Verseau, à la fois perfectionniste et désordonnée, les pieds ancrés dans la terre et la tête dans les étoiles.
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Un commentaire pour Epona

  1. Eirina dit :

    Merci pour ce super article, encore 😉 !

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