Liminal

Le terme “liminal” vient du mot latin limens, qui signifie « seuil » ; liminal signifie donc « qui est sur le seuil », quelque part entre ici et là. La zone liminale (ou zone crépusculaire, la fameuse « twilight zone – rien à voir avec les vampires…) est un lieu ou un moment transitoire où l’on n’est plus tout à fait ceci, mais pas encore tout à fait cela.

L’humain, de manière générale, est obsédé par les limites : il divise l’espace en mètres et en hectares, en régions, en pays et en continents, et il découpe le temps en minutes, en heures et en siècles. Ce découpage lui donne le sentiment de maîtriser les choses et, lorsqu’il conçoit des limites, il a tendance à les voir comme des frontières nettes (entre blanc et noir, vrai et faux, passé, présent et futur, bien et mal, etc). Mais dans la réalité, les frontières ne sont pas toujours nettes : quand le jour finit-il et quand la nuit commence-t-elle, par exemple ? Quand cesse-t-on d’être un enfant et quand devient-on un adulte ? Où, précisément, se situe la limite entre la vie et la mort ? La zone liminale est cet « entre-deux » graduel, vague, informe, qui nous plonge dans l’incertitude, précisément parce qu’il n’y a pas les limites rassurantes que nous voudrions trouver partout et à tout moment. Et comme l’humain n’aime pas l’inconnu, il considère cette zone crépusculaire comme une transition dangereuse.

De fait, ces moments et ces lieux qui sont « entre-deux » sont véritablement magiques, précisément parce qu’ils sont hors limites, incontrôlés et incontrôlables : tout y est possible. Ce n’est pas une coïncidence si Samhain et Bealtaine sont les célébrations païennes les plus fortes : elles se situent au moment de la transition hiver/été. Et parce que ce sont des moments « entre-deux », les règles et les limites normales n’ont plus cours, et les Mondes s’entrecroisent et communiquent.

Le folklore regorge de zones liminales : le crépuscule et l’aube (ni jour ni nuit), le moment entre la marée haute et la marée basse (ni mer ni terre), les cavernes (ni sur terre ni sous terre), les carrefours où l’on enterrait les suicidés, les sorcières et autres hors-la-loi.

sources : in a liminal space, patheos , examiner
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A propos Caitlín Urksa

Païenne, Celte de coeur, créature de la nuit et Ourse des montagnes ; artiste par plaisir, prof par obligation ; Sagittaire/Verseau, à la fois perfectionniste et désordonnée, les pieds ancrés dans la terre et la tête dans les étoiles.
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3 commentaires pour Liminal

  1. Bon et partagé, bien évidemment. Merci beaucoup!

  2. Yavanna dit :

    Tout à fait dans la lignée de mes propres réflexions sur les passages ! Le « liminal » est l’espace-clef pour le passeur, lieu de tous les dangers et de toutes les transformations…

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