Puits sacré

holywellLes termes « puits sacré » ou « source sacrée » sont communément employés pour désigner une étendue d’eau de taille limitée (source naturelle, mare ou puits par exemple), qui a une importance dans le folklore local : un nom particulier, une légende associée, l’attribution de qualités curatives, présence d’un esprit gardien ou d’un saint chrétien, cérémonie ou rituel centré sur le puits. Les puits sacrés remontent invariablement à l’époque pré-chrétienne, ce sont des sites sacrés païens qui ont par la suite été christianisés.

Les puits sacrés en Irlande

Il y a des centaines de puits sacrés, nombre d’entre eux étant encore utilisés. De nombreux mythes y sont associés, qui incluent des thèmes comme la sagesse et l’Autre Monde. En effet, l’Autre Monde (la terre des défunts mais aussi la terre de l’éternelle jeunesse) est perçu comme une source de pouvoir et de sagesse, et considéré comme étant situé sous terre, caché sous un tertre, sous la mer, à l’ouest, au milieu d’une plaine cachée dans les brumes. Ces éléments se retrouvent dans le Cycle des Fianna, Le Taureau Brun de Cooley, Niall et la Vieille du Puits, entre autres récits.

kerrywell02Dans les mythes irlandais, les habitants de l’Autre Monde ont le pouvoir de contrôler les forces naturelles de ce monde. Au centre de l’Autre Monde celtique, le Puits de Sagesse, l’origine de toutes les sources et rivières de notre monde, jaillit dans la cour du palais de Manannan mac Lir. Au-dessus du puits, neuf noisetiers magiques laissent tomber leurs noisettes dans l’eau. Le Saumon – symbole celte, porteur de « iomas« , la « lumière qui illumine », c’est-à-dire la sagesse qui provient d’une rencontre surnaturelle, plutôt que la connaissance acquise par l’étude – mange les noisettes dont les coquilles s’en vont ensuite à la dérive le long des cinq ruisseaux qui s’écoulent du puits. Dans Les Aventures de Cormac, Manannan Mac Lir explique que les ruisseaux sont les cinq sens par lesquels la connaissance est acquise, ‘et personne n’aura la connaissance s’il ne boit pas à la fontaine elle-même et aux ruisseaux. Les gens aux nombreux arts sont ceux qui boivent aux deux.’

st-kierans-holy-wellBoire l’eau de ces puits sacrés, ou s’y baigner, conférerait donc le pouvoir de l’Autre Monde sous la forme d’inspiration poétique, de sagesse ou de contrôle sur les événements climatiques. L’eau des puits sacrés aurait en outre des vertus curatives. De nombreuses coutumes folkloriques et religieuses sont associées à la plupart des puits. Des éléments pré-chrétiens persistent tant dans la configuration des sites que dans les pratiques folkloriques qui ont traversé les générations.

De nombreux sites sont constitués de trois éléments : le puits ou la source, un arbre sacré, généralement très vieux et imposant, et une colline ou une pierre levée. Ces éléments jouent un rôle dans les rituels pratiqués par les pèlerins venus demander des faveurs. La plupart de ces rituels incluent une circumambulation*, toujours faite « deiseal » (dans le sens du soleil ou sens horaire). Par endroits, d’autres actions rituelles impliquaient les caractéristiques du site. fore_abbey_west_meath_ireland_holy_wellPar exemple, de nombreux sites incluent une grosse pierre présentant une dépression assez grande pour qu’une personne s’y allonge : les femmes venaient s’allonger sur la pierre pour être sûres de concevoir un enfant. Les pierres levées étaient frottées pour obtenir une bénédiction. La pratique la plus courante était d’accrocher une bande d’étoffe, un « clootie« , à l’arbre sacré, afin que la maladie reste dans l’étoffe et disparaisse au fur et à mesure que le tissu se désagrégeait. A certains endroits, une broche ou une pièce était jetée dans le puits comme offrande.

St-Brigids-WellCes rituels étaient pratiqués à certaines dates clés, les dates les plus courantes étant les quatre fêtes traditionnelles (bien que Samhain et Imbolc, à cause du climat, soient moins populaires). En outre, le moment de la journée avait aussi son importance, l’aube et le crépuscule étant les plus populaires, de même que le nombre de circumambulations*. Par ailleurs, il était stipulé que la visite au puits devait se faire en silence, au moins pour la partie rituelle. Ainsi, pour obtenir la guérison, le patient devait, par exemple, visiter le puits à l’aube le matin de Beltane, arriver par l’est et faire trois fois le tour du puits en silence avant de dire la prière requise, boire l’eau sans un contenant spécifique, enfin faire les offrandes nécessaires et être reparti avant le lever du soleil.

sources : www.holywell.seomraranga.com, www.irelandforvisitors.com, www.irishcultureandcustoms.com, www.whitedragon.org.uk, www.druidry.org

* circumambulation : pratique magico-religieuse qui consiste à faire le tour d’un emplacement, d’un objet, d’une personne. (pas facile à placer dans la conversation, ceci dit rit)

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A propos Caitlín Urksa

Païenne, Celte de coeur, créature de la nuit et Ourse des montagnes ; artiste par plaisir, prof par obligation ; Sagittaire/Verseau, à la fois perfectionniste et désordonnée, les pieds ancrés dans la terre et la tête dans les étoiles.
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