Avant Samhain : Famille

Réflexions personnelles sur la journée d’hier (30 octobre). Je désactive les rétroliens et je vous prie de ne pas diffuser le lien de cet article (je voulais le protéger par mot de passe pour ne le montrer qu’à 2 ou 3 personnes, mais comme il est possible que j’y fasse référence plus tard, je le laisse malgré tout en « public »)

D’abord un petit résumé de la situation (pour des raisons évidentes, les prénoms que j’utilise sont factices).

Lorsque Maman est décédée, j’étais au boulot (un lundi). Mon père a téléphoné à mon zomme, qui a jugé plus raisonnable d’attendre que je rentre pour me l’annoncer (les 40km de route sinueuse étaient probablement sa motivation première, d’autant que je n’étais déjà pas en grande forme psychologiquement). Au milieu de mes pleurs et hurlements (j’assume), mon père a rappelé le soir pour indiquer au zomme que la « cérémonie » précédant la crémation aurait lieu le jeudi. Je n’étais pas en état de répondre, encore moins de réfléchir pour prendre les bonnes décisions, j’avais plutôt envie d’aller me jeter dans la rivière que d’envisager l’exposition de la dépouille mortuaire, la mise en bière et la crémation. Par ailleurs, j’étais incapable de conduire et il n’était pas envisageable de laisser les chiens seuls pendant trois jours pour aller dormir chez mon père (ni de les prendre avec nous vu que le labrador de mes parents n’était pas spécialement sociable envers ses congénères)…

Trois jours plus tard, donc, nous avons fait les 150km pour rejoindre mon père au funérarium. Sans entrer dans les détails, le « dernier adieu » à la dépouille froide et rigide, avant l’ouverture de la chambre funéraire aux autres personnes, a été un moment terrible, qui est revenu hanter mes cauchemars pendant plusieurs années (trois ans pour parvenir au bout du travail de deuil) et qui m’a projetée dans une dimension parallèle où le monde tournait autour de moi, où les choses et les gens n’avaient plus ni substance ni couleur, juste des visages plats prononçant des paroles creuses…

Jusqu’à l’arrivée de mon oncle « Ernest » (le mari de « Noémie », la petite soeur de Maman), celui qui, au décès de mon arrière-grand-mère, quelques 20 ans auparavant, avait déjà demandé « Et votre maison, Mamie (ma grand-mère), elle reviendra à qui quand vous décèderez ? ». Vous voyez le genre… Cet oncle par alliance, que je ne portais déjà pas dans mon coeur, s’était bien sûr proposé tout de suite pour « soutenir » mon père dès le lundi (en même temps, il habite à 50km, était en congé et pas directement touché par le décès, hein…). Lorsqu’il est arrivé au funérarium, donc, au milieu des banalités d’usage, il m’a dit ceci : « C’est vrai que toi, tu n’étais pas là quand elle est partie…« 

Si j’avais eu une arme à la main à ce moment-là, il ne serait plus de ce monde. Et heureusement pour lui, ma tante a dû sentir l’ouragan de la fureur du zomme se mettre à gronder (parce que sinon, il serait mort deux fois, surtout qu’il y avait des cercueils pas loin, il n’y aurait pas eu beaucoup de chemin à faire, mouahaha dem139 ). Elle est venue vers nous très vite et a détourné la « conversation », désamorçant ainsi la tempête qui était à 2 doigts de s’abattre sur Ernest. Mais le mal était fait, la phrase était dite, et j’ai le gros défaut de ne pas savoir pardonner. Au cours des 3 ans qui ont suivi, graduellement, j’ai coupé les ponts avec l’ensemble de la famille (à l’exception de mon père). Voilà pour la situation.

Entre temps, ma voie spirituelle m’a menée sur la piste de mes ancêtres. D’abord au travers de recherches généalogiques, parce que je ne savais pas trop par où commencer, comment entrer en contact avec ces ancêtres. Le travail généalogique a fait bouger le voile entre les mondes, a ranimé mes « antennes » (que j’avais repliées et rangées dans un coin en 2007, année qui a vu les décès de Maman en juin, de sa mère en septembre et de son frère en novembre) et m’a effectivement permis de tisser des liens avec des ancêtres dont j’ignorais tout jusque là.

En faisant ces recherches sur internet, je suis tombée sur le travail déjà effectué par ma tante Noémie (travail dont je connaissais déjà l’existence, puisqu’elle avait parlé de ses découvertes avec Maman, mais auquel je ne m’étais pas intéressée jusque là). Les bases déjà posées m’ont permis de démarrer et j’avoue que j’avais déjà envisagé de reprendre contact avec elle pour tenter d’obtenir des informations plus détaillées.

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mon offrande florale devant le jasmin-fille du jasmin de Maman – oui, je fais dans le symbole, et alors ?

J’en arrive donc à vendredi dernier : coup de téléphone de mon père qui me demande quand je compte venir pour déposer mon offrande florale au colombarium (il ne me l’a pas dit comme ça, c’est ma formulation personnelle). Je lui dis alors « Mercredi ou jeudi, selon la météo (pas envie de faire de la route sous la pluie), je te confirme ça en début de semaine ». Ce à quoi il me répond que Noémie et Ernest ont aussi prévu de passer, mais qu’il ne sait pas précisément le jour. Comme il sait qu’il y a une certaine « tension » à ce sujet (je ne lui ai pas expliqué le pourquoi du comment, mais il s’est bien aperçu que j’évite les rencontres), lorsque je lui ai annoncé, lundi, que je viendrais mercredi (hier donc), il m’a prévenue qu’Ernest et Noémie seraient là aussi.

J’ai donc pris sur moi, je me suis blindée psychologiquement et spirituellement, j’ai fait le plein de zénitude et j’ai demandé à mes amis païens (merci, merci) de m’envoyer les pensées positives pour le mercredi midi. Et tout s’est bien passé, il n’y a pas eu de mot plus haut que l’autre (je ne me fais pas d’illusion, Ernest n’a pas compris les raisons de mon éloignement et de ma froideur – sibérienne, comme les colères de ma Soeur d’Ame wink – il n’est pas du genre à se remettre en question, de toutes façons. Par contre il est possible que Noémie, ma « tata » de 6 ans de plus que moi, Sagittaire en prime, ait « senti » certaines des raisons de cette coupure), il n’y a donc pas eu de meurtre (dommage, j’avais pris mon appareil photo, ça aurait fait une chouette déco d’Halloween et une offrande sympatoche pour ma Dame aux corbeaux – re mouahaha vil2_vampire). Par contre, il y a eu de grands échanges généalogiques entre Noémie et moi, un échange d’adresses mail pour pouvoir comparer nos recherches, et l’espoir secret, pour moi, d’avoir des copies scannées de photos pour mon autel des ancêtres.

J’en viens maintenant aux questions (rhétoriques, car je pense que les réponses coulent de source… quel jeu de mot quand on parle de généalogie ^^) :

Est-ce un hasard si un lien (même genealogy-addict, même uniquement par mail) se tisse à nouveau entre ma tante et moi …

– le 30 octobre, à quelques heures du Samhain classique (31/10), à quelques jours du Samhain astronomique (lune noire le 3/11, mi-point le 7/11) ?

– à l’occasion d’une visite à Maman (où j’ai pu profiter du cimetière désert pour faire ma petite cérémonie personnelle ^^) ?

– après 2 cycles de 3 ans (un cycle d’éloignement graduel pendant la dépression qui a accompagné le deuil, un cycle de reconstruction spirituelle loin de ma famille de sang) ?

– au moment où mes ancêtres s’agitent et me demandent de reprendre le travail généalogique que j’avais mis en pause depuis cet été ?

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A propos Caitlín Urksa

Païenne, Celte de coeur, créature de la nuit et Ourse des montagnes ; artiste par plaisir, prof par obligation ; Sagittaire/Verseau, à la fois perfectionniste et désordonnée, les pieds ancrés dans la terre et la tête dans les étoiles.
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