(Archive) Scáthcraft ? C’est quoi ?

18 Samhain (21 nov.) 2013 – Révision 6 Aodhrain (19 oct.) 2015

Au fil des quatre années passées, j’ai écrit pas mal d’articles pour tenter de définir « mon paganisme », mais je me rends compte que pour un lecteur qui arrive sur ce blog aujourd’hui, c’est assez compliqué d’avoir une image globale (il faut fouiller parmi tous les articles et les pages, et même aller voir le début sur la Caverne). Je vais donc tenter de regrouper les choses ici.

Le terme Scáthcraft est un néologisme que j’ai créé de toutes pièces et mars 2012 : c’est un mélange de gaélique et d’anglais qui se prononce [skawcraft]. La partie gaélique scáth– signifie plus ou moins « de l’ombre ». La partie anglaise –craft désigne l’art (au sens « art magique », comme dans witchcraft).

Ma « tradition » Scáthcraft est en premier lieu un polythéisme (plusieurs divinités distinctes, qui ne sont pas des archétypes, ni des personnifications des forces naturelles) partiellement reconstructionniste (basé sur l’histoire, l’archéologie, le folklore, la linguistique, etc.) sur lequel se greffent des éléments empiriques (ce que les anglophones appellent l’UPG) glanés au fil de mon cheminement, ma dévotion spécifique à la Morrigan (techniquement, cette dévotion s’appelle hénothéisme : croyance en une pluralité de dieux dans laquelle l’un d’entre eux joue un rôle prédominant par rapport aux autres et reçoit un culte préférentiel) et un animisme que j’appelle « proto-celte » car il inclut des éléments préhistoriques et des esprits locaux qui font partie du paysage.

SPIRITUALITÉ : DIEUX, ANCÊTRES ET ESPRITS DE LA NATURE/LOCAUX

Je me concentre principalement sur le panthéon celte (surtout irlandais) en travaillant avec des divinités que je nomme mes Guides (Bríd, Lugh, le Dagda et Epona), avec lesquels j’ai passé un contrat assez souple : il ne s’agit pas d’un culte régulier et ils interviennent à leur guise, parfois très présents, parfois complètement absents. Par ailleurs, je laisse la porte ouverte aux autres divinités, celtes ou pas, qui souhaiteraient se manifester. Bast, la première divinité spécifique qui ait eu sa place dans mes dévotions, en tant que protectrice de mes chats (à l’époque de mon tout premier autel). Actuellement, elle est intégrée dans ma pratique en tant que protectrice de la « meute » (chiens, chat et humains), et accompagnatrice des Ancêtres et des défunts.

Le contrat passé avec la Morrigan est plus formel : je lui fais des offrandes mensuelles à la Lune Noire et il arrive fréquemment que je fasse appel à ses conseils ou à son intervention en dehors de ce cadre établi. Ce contrat est constitué de plusieurs axes : un axe personnel avec l’apprivoisement de ma part d’ombre (colère, rébellion, bipolarité), un axe de travail sur la mort (travail de deuil personnel au début, intégration des Ancêtres dans ma pratique, travail moins personnel par la suite) et un axe plus « guerrier », qui s’articule sur certains « chevaux de bataille » (écologie et développement durable notamment, mais pas uniquement).

Les Ancêtres. Cette facette de la spiritualité celte m’a posé beaucoup de problèmes au départ. Malgré tout, la Morrigan ne m’a pas laissé le choix, faisant remonter un certain nombre de choses (le décès de mon grand-père, notamment, et mes quelques expériences de contacts avec des défunts) et me poussant à renouer avec mes Ancêtres via la généalogie. Petit à petit, malgré mes réticences de départ, je me rends compte que le travail avec les Ancêtres (il ne s’agit pas d’un culte à proprement parler) prend une place de plus en plus importante.

En ce qui concerne les Esprits de la Nature, si je n’ai jamais eu de mal à ressentir les vibrations de certains lieux et éléments du paysage (arbres, rochers, rivières, etc), j’admets avoir eu des difficultés à percevoir les Esprits qui émettent ces vibrations. Les choses se sont précipitées quand j’ai assoupli le cadre reconstructionniste que je m’étais imposé au départ. Les Esprits Locaux, en effet, n’ont pas grand-chose de celte, ils sont plus anciens et d’horizons divers (Proto-Indo-Européen pour le côté scientifico-historique de la chose). Mais leur présence est indéniable et j’ai donc ajouté le terme « proto-celte » à la définition de ma spiritualité (même si, en fait, certains Esprits remontent à la préhistoire).

MAGIE : LE RÈGNE DE L’OMBRE

Mon ombre a commencé à se manifester fortement pendant mes années lycée et fac, qui ont été une période trouble où je me suis intéressée à l’occulte et où j’ai fait mes premières expériences magiques (notamment sous l’impulsion de personnes qui évoluaient dans des milieux en marge). Et, parce qu’on m’avait dit « tu peux faire ci ou ça, mais il y a un prix à payer« , je considérais que les baffes que je recevais en retour étaient une conséquence normale de mes bidouillages magiques. Ensuite, je suis partie en Angleterre, où j’ai découvert la Wicca, et je me suis concentrée sur l’aspect spirituel, en pratiquant une forme de magie très fluffy et en agitant le drapeau *magie blanche* à chaque fois (il n’y a en magie ni blanc, ni noir, ni couleur, mais à l’époque, je ne l’avais pas encore compris). Malgré mes bonnes intentions, je continuais à prendre des mandales en retour de mes actes magiques. Du coup, j’ai peu à peu réduit la pratique magique, jusqu’à la dernière beigne magistrale de l’univers, le décès de Maman. C’est là que la Dame aux Corbeaux est intervenue, et qu’elle m’a obligée à réfléchir, vraiment, au pourquoi du comment des torgnoles cosmiques. D’après ce que j’ai pu tester, ces retours ne sont pas causés par l’intention (positive, négative ou autre), mais par l’intervention non contrôlée de notre part d’ombre.

Après de longs mois de tractations musclées avec mon ombre, j’ai réussi à l’amadouer un peu. Parallèlement, j’ai compris que ma tendance à demander systématiquement l’accord des instances supérieures était une intervention de mon ombre pour souligner le fait que je n’assumais pas vraiment la responsabilité de mes actes (en partie à cause des tribulations racontées plus haut, en partie aussi parce que le néo-paganisme « mainstream » reste très influencé par la pensée manichéenne – bien et mal, noir et blanc, positif et négatif). Or il est primordial d’assumer pleinement ses actes magiques si on veut éviter les baffes.

La magie fait intervenir notre ombre (tout simplement parce que nous vivons dans une société qui vénère le rationnel et le scientifiquement prouvé), et il me semble donc essentiel de reconnaître son existence, d’apprendre à la connaître et de contrôler ses débordements, avant de pratiquer la magie (selon moi, c’est beaucoup plus important que le tracé du cercle, les ingrédients ou les formes rituelles). Les quelques interventions magiques que j’ai faites depuis cette prise de conscience n’ont entraîné aucun retour, que ces interventions soient positives (guérir), neutres (protéger) ou négatives (bannir/lier).

Voilà pour ce « résumé » (déjà assez long), que je complèterai sans doute au fil du temps et de mon cheminement.

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A propos Caitlín Urksa

Païenne, Celte de coeur, créature de la nuit et Ourse des montagnes ; artiste par plaisir, prof par obligation ; Sagittaire/Verseau, à la fois perfectionniste et désordonnée, les pieds ancrés dans la terre et la tête dans les étoiles.
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