Esprits

Un esprit (Latin spiritus « souffle »)— au sens où ce mot est employé dans le folklore et en ethnographie, chez les théologiens ou chez les occultistes — serait un être immatériel, un agent surnaturel, une âme séparée ou une entité invisible. Un esprit existerait sans pour autant être couramment visible ; souvent, les traditions populaires ou savantes le dotent de pouvoirs merveilleux et d’influences plus ou moins occultes sur l’homme.

Le terme a plusieurs significations métaphysiques/ métapsychiques, notamment :
– Une substance ou énergie immatérielle présente dans chaque être vivant. Contrairement au concept d’âme (souvent considérée comme éternelle et pré-existante au corps), un esprit se développe comme une partie intégrante de l’être vivant. Ce concept de l’esprit individuel est fréquemment rencontré dans l’animisme.
– Un fantôme – on considère souvent les fantômes comme des êtres qui ne sont plus vivants, mais qui gardent, après la mort du corps, des vestiges de pensée et de conscience.

On peut classer les esprits en fonction de la science qui les étudie : anges et démons relèvent de la théologie, spectres et fantômes relèvent de la métapsychique, fées et gnomes relèvent du folklore, les âmes des morts relèvent du culte des morts, du spiritisme ou de la magie. (résumé de Wikipédia)

J’ai longtemps été réticente à utiliser le terme, parce qu’il a des significations multiples, désignant des concepts différents, et donc source de malentendu et d’incompréhension. Quand on parle des esprits, il est presque toujours nécessaire de donner sa définition du mot, même lorsqu’on s’adresse à des personnes qui ne se mettront pas à rire en vous considérant comme un/e allumé/e ou qui ne se précipiteront pas sur leur portable pour appeler le SAMU psychiatrique : parle-t-on des esprits de la nature, des fantômes, de l’être suprême (Saint-Esprit ou Grand Esprit), ou d’autre chose ? Est-ce qu’on les voit, est-ce qu’on les entend, est-ce qu’on les ressent, est-ce qu’on communique avec eux ?

Ma toute première expérience en matière d’esprits est venue très tôt, à l’âge de 5 ans et demi, lorsque mon Papy est décédé. Pendant que les pompiers essayaient d’empêcher l’inéluctable, ma grand-mère (qui me gardait à l’époque) m’avait envoyée dehors. J’étais donc assise sur les marches de la porte de derrière, à côté de la fenêtre du garage, quand j’ai vu le visage de mon Papy dans la vitre. Un visage souriant, rassurant, et j’ai « entendu » (dans ma tête) sa voix qui me disait « je ne serai jamais loin de toi ». Pendant toute mon enfance, et une bonne partie de mon adolescence, j’ai été incapable de regarder la photo de Papy qui était posée sur le buffet du salon chez ma grand-mère, car j’avais des frissons à chaque fois, comme si la photo concentrait en elle l’esprit de mon grand-père et l’éternité contenue dans son « je ne serai jamais loin de toi ». Étrangement (enfin, ça n’a rien d’étrange si on croit à la synchronicité), sans le savoir (je ne l’ai découvert que l’an dernier en entamant mes recherches généalogiques), je me suis installée à quelques kilomètres de la ville où il est né (comme si j’avais été attirée par ici au moment où j’ai demandé ma mutation dans la région).

treespiritEt c’est précisément dans cette région que j’ai enfin « ouvert la porte » aux esprits divers. Car malgré mon engagement sur la voie païenne, j’avais peur des esprits, d’une certaine manière (sans doute à cause de quelques rencontres assez musclées avec des esprits pas toujours sympathiques par le passé – notamment une certaine Oriane). Vivre six ans dans une maison où des colocataires d’un genre particulier ont été perçus par plusieurs personnes, ça oblige à « faire avec ». Vivre au coeur d’un parc naturel m’a permis de faire la connaissance de divers esprits de la nature (mes amis les frênes, la Dame de Pierre et le fleuve, pour ne citer qu’eux). Le décès de Maman, avec tout ce qui a suivi, m’a incitée à chercher à ressentir les énergies autour de moi (pas forcément simple au début, parce qu’il n’y avait qu’un esprit que je cherchais désespérément). Enfin, lorsque je me suis lancée à l’assaut des branches de mon arbre généalogique, j’ai reçu des visites de plus en plus fréquentes de certains ancêtres, qui m’ont guidée, en quelque sorte, au fur et à mesure des découvertes.

Actuellement, je fais la distinction entre trois sortes d’esprits : ceux de la nature (et ils sont nombreux), ceux de personnes qui sont liées à moi (ancêtres) et ceux de personnes liées à certains lieux (« fantômes »). Pour moi, selon mon ressenti, ce sont des formes d’énergie différentes, ou du moins la « communication » avec ces esprits ne se fait pas de la même manière. Les esprits de la nature sont à part, dans le sens où il ne s’agit pas d’une énergie animale (quitte à enfoncer des portes ouvertes : un arbre est un végétal, un rocher est un minéral, un fleuve est de l’eau, etc.) Les esprits animaux (dont l’humain) sont peut-être plus faciles à percevoir parce que leur essence est semblable à la nôtre : le flux du sang, le battement de coeur, la respiration (je n’ai pas encore rencontré d’esprit-poisson) et les influx nerveux sont autant de points communs qui facilitent la perception / communication. Mes ancêtres, et les quelques « fantômes » (esprits humains attachés à des lieux) que j’ai croisés se signalent par un picotement (un léger effet chair de poule), comme si on frôlait ma peau. Quant aux esprits de la nature, le ressenti que j’en ai se fait davantage par une vibration de l’air ou du sol, un son (aigu ou grave, selon les esprits) que l’on n’entendrait pas par les oreilles (pas sûre d’être claire).

attic_ghostAprès, soyons clairs, je ne crois pas qu’il y ait des « bons esprits » et des « mauvais esprits ». Parfois on ressent un certain malaise à l’approche d’un esprit, et ce malaise peut se traduire par de la peur. Mais je suis persuadée que cela vient simplement du fait que l’esprit ne veut pas être dérangé ou tout simplement qu’on n’est pas dans de bonnes dispositions pour interagir avec lui. Avec du temps et du respect, j’ai « apprivoisé » quelques esprits qui, au premier abord, m’avaient semblé fort désagréables. Pour d’autres, je préfère passer mon chemin. Quant aux épisodes « musclés » de mon passé, je mets ça sur le compte de mon inexpérience : rien de tel, pour fâcher un esprit, que de chercher à s’imposer à lui, ou pire, d’essayer de le chasser. Les « accrochages » que j’ai eus avec la fameuse Oriane venaient probablement du fait que, sorcière débutante, j’ai tenté de lui faire quitter les lieux auxquels elle était attachée (et finalement, après deux séances de ouija catastrophiques, plusieurs manifestations effrayantes et une invasion d’insectes, c’est moi qui ai déménagé !).

Publicités

A propos Caitlín Urksa

Païenne, Celte de coeur, créature de la nuit et Ourse des montagnes ; artiste par plaisir, prof par obligation ; Sagittaire/Verseau, à la fois perfectionniste et désordonnée, les pieds ancrés dans la terre et la tête dans les étoiles.
Cet article, publié dans Dieux, Ancêtres et Esprits, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s