Recherches Préhisto

Ce qui suit est un résumé des recherches effectuées, accompagné de réflexions personnelles. Il y aura sans doute d’autres articles sur le sujet, pour tenter d’éclairer des ressentis personnels assez violents.  Pour ceux que ça pourrait agacer, j’aime autant prévenir : je ne suis ni archéologue, ni forcément d’accord avec certaines théories archéologiques : les faits sont une chose que j’accepte, l’interprétation « mainstream » des faits en est une autre wink

Infos de base, source principale : ici

Le Paléolithique supérieur (de -40000 jusque -12500) est caractérisé par l’expansion de l’Homme moderne à travers le monde. Son développement accompagne la dernière phase glaciaire dans le nord de l’Eurasie et une période de dégradation climatique plus au sud. Il se subdivise en plusieurs cultures marquées par des changements techniques et des innovations. En Europe, on trouve successivement le Châtelperronien, l’Aurignacien, le Gravettien, le Solutréen et le Magdalénien.

parietalLe traitement réservé aux morts, certaines figurines féminines hypertrophiées (Vénus) ou encore les représentations rupestres et pariétales (art des cavernes) apparaissent comme les témoignages de préoccupations métaphysiques que certains auteurs rapprochent de celles des religions chamaniques.

venusÉpipaléolithique / Mésolithique
La période comprise entre -12500 et -9600 voit la fin des derniers groupes de chasseurs-cueilleurs. Le Mésolithique, caractérisé par l’expansion de groupes de chasseurs à l’arc, débute par un brusque réchauffement qui introduit l’interglaciaire de l’Holocène.

GALETS PEINTSUn univers symbolique complexe, très différent de celui du Paléolithique supérieur, apparaît : à l’art animalier figuratif paléolithique succède un art le plus souvent abstrait. Il s’exprime sur des supports variés : galets, ossements ou coquillages finement gravés ou peints. Ainsi les galets à décor gravés et peints de l’Azilien (environ -9000) traduiraient la schématisation ultime des figurations animales et humaines.

Néolithique

Les changements fondamentaux qui caractérisent le Néolithique (-6000 à -2100)  sont l’invention de l’agriculture et la domestication des animaux. L’origine de ces transformations se situe au Proche-Orient. L’expansion démographique qui s’en est suivie a amené ces nouveaux agriculteurs-éleveurs à coloniser le Moyen-Orient puis l’Europe. Deux courants de colonisation indépendants affectent l’Europe : le courant danubien qui concerne l’Europe centrale et arrive en Alsace vers -5500, et le courant méditerranéen qui arrive dans le sud de la France entre -5900 et -5600. D’autres innovations sont à remarquer durant le Néolithique, comme l’invention de la poterie ou l’apparition du polissage. La sédentarisation progressive des populations est une des conséquences majeures de ce nouveau mode de vie. La fin du Néolithique (vers -2100) est marquée par l’apparition de la métallurgie du cuivre dans le sud de la France.

neolithiqueLes représentations anthropomorphes (statuette féminine en céramique ou stèle gravée) et zoomorphes (céramiques, cornes gravées dans la pierre) constituent les quelques témoins d’une spiritualité sans doute proche de celle connue au Proche-Orient au travers des divinités féminines symbolisant la fécondité, et du culte du taureau substitut du principe mâle.

megaLe mégalithisme apparaît vers -5000 au Portugal (Evora). Les deux millénaires qui suivent voient son expansion (animation maison ci-contre, pour visualiser l’évolution).

Si les statues-menhirs du Midi ont des fonctions incertaines (elles appartenaient probablement à des ensembles cultuels, les pierres dressées et les tombes mégalithiques restent le témoignage le plus évident de préoccupations d’ordre métaphysique.

Résumé et réflexions perso

Paléolithique. Mon postulat personnel est que les populations de l’époque étaient bien trop occupées par leur survie pour avoir des loisirs. Par conséquent, l’idée que les statuettes féminines aient été confectionnées pour servir de poupées pour amuser les enfants, et que les peintures pariétales aient été faites pour passer le temps ou pour le plaisir des yeux, me semble tirée par les cheveux (et même, je l’avoue, ridicule blurp).

Je ne peux m’empêcher de supposer l’existence, chez les chasseurs-cueilleurs, d’une dissociation des rôles (et par extension des fonctionnements spirituels) : d’un côté les hommes à la chasse, davantage tournés vers une pratique chamanique pour « amadouer » les esprits animaux ; de l’autre côté, les femmes à la cueillette et au nourrissage des enfants, et donc probablement plus concernées par la fécondité/fertilité (l’opulence des Vénus paléolithiques est nourricière – peut-être, effectivement, une déesse Terre-Mère). La présence des « Vénus » dans les habitats tendrait à indiquer un « culte domestique » plutôt que quelque chose d’organisé. Par ailleurs, il semble qu’il n’y ait pas de figure divine mâle humanoïde, les représentations de scènes de chasse montrent des petits humains qui chassent de grands animaux. Ni les uns ni les autres ne sont chapeautés par un « grand esprit » représenté graphiquement (or il me semble logique de penser que si une telle croyance avait existé, elle aurait été dessinée).

Mésolithique. L’apparition de l’abstraction et d’une certaine forme de géométrie semble indiquer une évolution spirituelle. Le symbolisme des traits et des points est indéchiffrable car les références sont perdues. Là, je suis obligée de passer par une interprétation totalement personnelle (qui vaut ce qu’elle vaut, donc). GALETS PEINTSQuand je regarde les galets Aziliens, je ne peux m’empêcher de voir quelque chose de complexe, avec des points, des traits, des croix, des zigzags… qui ressemble davantage à un jeu de runes ou qu’à un symbolisme animalier. Et comme tout système divinatoire suppose une réflexion sur le sens de la vie, le pourquoi du comment du destin, etc., cela semble indiquer une forme de spiritualité. Il est toutefois impossible d’affirmer quoi que ce soit à partir de ces seuls artefacts.

Néolithique : l’agriculture et la sédentarisation des populations ont contribué à de meilleures conditions de vie, mais le mode de vie agricole ne laisse pas plus de temps pour les loisirs que la chasse et la cueillette. La statuaire humanoïde et animale est donc, à mon avis, une manifestation de la spiritualité de l’époque – spiritualité qui reste semblable à celle du paléolithique : des divinités humanoïdes (sans doute plus nombreuses, sans doute liées à l’agriculture, les événements climatiques, etc) et des esprits animaux (sauvages et domestiqués).

Le mégalithisme débute avec des sépultures (dolmens) qui ne sont pas uniquement cela. Les gravures complexes qui ornent l’intérieur de nombreux dolmens étaient probablement destinées, en partie du moins, à tenir éloignés les indésirables (protection des dépouilles placées à l’intérieur, ainsi que des biens funéraires éventuels), mais elles avaient aussi certainement une fonction religieuse/spirituelle.

Je suis depuis longtemps (depuis ma visite de Gavrinis, pour être exacte) convaincue que l’étiquette « sépulture » ne s’applique pas à l’ensemble des dolmens/cairns. Il existe de nombreux dolmens/cairns qui ne contiennent aucune dépouille. Quelle motivation aurait pu pousser les communautés néolithiques à les ériger, si ce n’est un élan spirituel ? Selon moi, il y a un parallèle entre le dolmen et la caverne, et les gravures des dolmens, abstraites le plus souvent, sont à rapprocher des représentations pariétales. Le dolmen lui-même est une forme de caverne, d’autant plus qu’à l’origine, il est recouvert par un tertre : des milliers de m² de terre et de pierres.

Entre parenthèses, ma claustrophobie naturelle ne m’a jamais posé problème sous les dolmens que j’ai visités. Est-ce à cause de mon intérêt, parce que mon esprit se focalise sur le pourquoi du comment des gravures, sur leurs tracés et leurs possibles significations ? Quoi qu’il en soit, force est de constater que la chaîne de pensées phobiques (ça manque d’air là-dedans… ça manque de lumière aussi… p***, ça peut s’effondrer à tout moment ! sors de làààà!!!!) est inexistante quand mes yeux se posent sur des choses comme ceci :
pierresplatesmanekerionedgavrinisAu fond de mes tripes, je « sais » que ces gravures sont des représentations des Esprits (animaux ou ancestraux, selon le cas) et des Divinités. J’ai encore en mémoire les paroles du guide qui nous a fait visiter Gavrinis et qui parlait de « la Déesse des Commencements ». Ce terme a fait mouche dans ma tête et dans mes tripes, parce que j’ai ressenti tant de fois cette présence forte sous les dolmens : la Déesse des Commencements, celle qui donne la vie et qui la reprend, qui nourrit ou qui dévore. Elle n’a pas de nom, elle n’est pas une entité définie, délimitée, clairement étiquetée comme les déesses ultérieures, elle est une force brute, primale, instinctive… la Terre, mais aussi l’Eau, et l’origine de la Vie.

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A propos Caitlín Urksa

Païenne, Celte de coeur, créature de la nuit et Ourse des montagnes ; artiste par plaisir, prof par obligation ; Sagittaire/Verseau, à la fois perfectionniste et désordonnée, les pieds ancrés dans la terre et la tête dans les étoiles.
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5 commentaires pour Recherches Préhisto

  1. Vincent dit :

    Ton post m’a assez surpris ce matin. Hier soir, j’ai eu une réflexion, un petit dialogue intérieur sur les anciens, les peintures dans les cavernes, la relation entre les chasseurs et les peintres justement. Aussi, afficher ton post ce matin et découvrir en première image cet art des cavernes… C’est assez inattendu et ça me fait bizarre en fait.

    Ce petit hasard a donc attiré mon attention, j’ai lu tout l’article, il m’a plus et je le relirai mieux ce soir.

  2. Brume Follet dit :

    Très intéressant ! Merci beaucoup de partager tes réflexions :D. Et puis, la Déesse sans nom, ça me parle tellement ! 😀

  3. Avec plaisir ^^
    Elle avait sans doute un nom (des noms?) à l’époque préhistorique, pour ceux qui l’ont représentée, mais il n’est pas parvenu jusqu’à nous

  4. Baloo dit :

    Concernant les sites mégalithiques/ Mégalithe il y as de grosse erreurs logiques car nous sommes tout de même soumis a la désinformation, la carte = FAKE INRAP … Navrée si je casse le coté littéraire mais je pense que tu as omis les Poudingues de l’air glacière et le grès conglomérat qui sont les roches du temps !! Zone franco- Allemande vallée du Donon/ Taennchel Haute Vosges/ Haut Rhin… Je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien LOL

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