Tour d’horizon récapitulatif

J’ai passé pas mal de temps, après Samhain, à faire le point sur mes pratiques et croyances, et leur évolution au cours de l’année écoulée. L’avantage d’être « sans étiquette », c’est la possibilité d’ôter ou d’ajouter au fur et à mesure qu’on avance sur le chemin. Mais ça nécessite aussi de prendre du recul pour voir ce qui est valide et ce qui ne l’est pas ou plus…

1) un éloignement progressif par rapport aux divinités que j’appelle les « Guides » : à l’exception de la Morrigan et de Lugh, le « contrat dévotionnel » passé avec le Dagda, Bríd et Epona semble être arrivé à son terme. Ces Dieux m’ont beaucoup apporté spirituellement. Ils ont réellement été des Guides dans la construction de ma « tradition personnelle », dans la mise en place de pratiques régulières (les offrandes, en particulier), et dans mon évolution vers une forme de polythéisme qui ne soit pas purement théorique (cela m’a pris du temps, même si j’avais affaire à des entités bien distinctes, de ne plus penser en termes d’aspects ou d’archétypes, de type Vierge, Mère et Vieille, notamment), mais il semble évident que mon cheminement s’éloigne peu à peu de l’Irlande pour se faire plus local (voir ci-dessous).

2) un lien de plus en plus fort avec les Locaux : les Terres Rouges sont comme un trait d’union entre mes convictions/croyances anciennes (mégalithes et Celtes) et mes racines méditerranéennes (Espagne, Aveyron, Aude et Hérault) et le contact avec les Esprits qui les peuplent (que j’appelle les Locaux pour faire plus court) est devenu intense, à tel point qu’il en devient dérangeant parfois… Certains lieux m’appellent au point qu’il m’arrive de me perdre en chemin quand je rentre du boulot ou des courses : tout à coup, il faut que je m’arrête, que j’aille explorer tel ou tel endroit, que je touche les pierres, la terre, les arbres qui se trouvent là, et si je ne le fais pas, je ressens très nettement la colère des esprits qui m’ont appelée (deux ou trois fois, j’ai failli me retrouver dans le fossé tellement la réponse à mon refus était violente…). J’ai attaqué l’apprentissage du proto-indo-européen (PIE) suite à un appel exigeant de ce type (apprentissage qui m’enthousiasme, d’ailleurs), et mis au point, dans la foulée, un jeu de runes « proto » (dont je ne parlerai pas ici, mais qui apparaît/apparaîtra sans doute sur certaines photos de mon autel)… Enfin, j’ai pris la décision (100% UPG) de « diviniser » le fleuve et la Dame de Pierre, à qui j’ai attribué des noms à consonance PIE : Orbiomorus et Karuksera. Il est probable que ces noms apparaissent ici et là sur ce blog, n’en soyez pas surpris.

3) la réapparition, depuis peu, d’un « référent » préhistorique et mégalithique : la Déesse des Commencements semble être de retour, peut-être sous les traits d’une Ana/Dana primordiale et liminale (vie/mort, terre/eau), mais peut-être pas sous ce nom (pour moi, elle est « sans nom », en fait…).  Je n’ai pas encore assez de recul pour ce dernier point, je pense que c’est lié à la fois à mon « délire PIE », à l’exploration des mégalithes locaux et au fait que c’est une figure divine qui me poursuit, de loin en loin, depuis Gavrinis.

Autre point marquant : j’ai réussi à jeter un certain nombre d’outils et d’objets liés à ma pratique wiccane. Il m’aura fallu tout ce temps pour être totalement sûre du changement de cap de ma spiritualité et de mes pratiques… Parce que bon, partir à l’aventure sur un chemin inexploré (et qu’il faut même fabriquer de toutes pièces par moments, à grands coups de machette à travers des ronciers monumentaux), c’est bien joli, mais c’est rassurant d’avoir avec soi quelques objets symboliques, des fois qu’on soit obligé de rebrousser chemin en catastrophe. En clair, j’avais gardé des objets au cas où, après quelque temps, des regrets se fassent sentir (après plus de 20 ans de Wicca, ça aurait pu être le cas, après tout). Mais non, en regardant en arrière sur ces deux ans de spiritualité « électron libre », je n’ai ni regret ni rejet, simplement le constat que cette étape nécessaire est révolue pour moi, et que, si une partie des « connaissances » est toujours valide, une autre partie est tout simplement hors de propos.

Les objets qui nous accompagnent dans nos pratiques n’ont que la dimension spirituelle qu’on leur accorde. Lorsqu’on cesse de les manipuler, de les utiliser, de leur transmettre notre énergie, ils redeviennent de simples objets… Parfois on peut les réutiliser autrement. C’est le cas de l’athamé que j’utilise à présent comme dague, de mon encensoir qui est plus souvent un brasier qu’un encensoir, et de ce si beau calice que j’ai longtemps admiré avant de me l’offrir et qui, à présent, me sert de réceptacle à plumes. Mais parfois, les objets finissent relégués au fond d’un tiroir, jusqu’au jour où on se demande « Mais pourquoi je garde ce truc? ».

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A propos Caitlín Urksa

Païenne, Celte de coeur, créature de la nuit et Ourse des montagnes ; artiste par plaisir, prof par obligation ; Sagittaire/Verseau, à la fois perfectionniste et désordonnée, les pieds ancrés dans la terre et la tête dans les étoiles.
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3 commentaires pour Tour d’horizon récapitulatif

  1. Vincent dit :

    J’ai trouvé la lecture de ton article intéressante 😉

  2. Brume Follet dit :

    Ça fait du bien ce genre de récap’ ^^. En tout cas, c’est génial à lire 😀 .

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