Esprits (2)

En panne d’inspiration, j’ai décidé de dépoussiérer certains articles publiés il y a « longtemps », pour les compléter avec les connaissances/expériences acquises depuis. Ma spiritualité étant constamment en mouvement, mon cheminement n’étant pas figé, il serait dommage que les articles de ce blog le soient…

Il y a presque 2 ans (le 07/03/2014) j’ai publié cet article :

quotes_open

J’ai longtemps été réticente à utiliser le terme, parce qu’il a des significations multiples, désignant des concepts différents (…). Quand on parle des esprits, il est presque toujours nécessaire de donner sa définition du mot (…) : parle-t-on des esprits de la nature, des fantômes, de l’être suprême (Saint-Esprit ou Grand Esprit), ou d’autre chose ? (…)

Ma toute première expérience en matière d’esprits est venue très tôt, à l’âge de 5 ans et demi, lorsque mon Papy est décédé. Pendant que les pompiers essayaient d’empêcher l’inéluctable, (…) j’étais donc assise sur les marches (…) à côté de la fenêtre du garage, quand j’ai vu le visage de mon Papy dans la vitre. Un visage souriant, rassurant, et j’ai « entendu » (dans ma tête) sa voix qui me disait « je ne serai jamais loin de toi ». (…) Malgré mon engagement sur la voie païenne, j’avais peur des esprits (… Mais) vivre six ans dans une maison où des colocataires d’un genre particulier ont été perçus par plusieurs personnes, ça oblige à « faire avec ». (…) Actuellement, je fais la distinction entre trois sortes d’esprits : ceux de la nature, ceux de personnes qui sont liées à moi (ancêtres) et ceux de personnes liées à certains lieux (« fantômes »). (…) Je ne crois pas qu’il y ait des « bons esprits » et des « mauvais esprits ». Parfois on ressent un certain malaise à l’approche d’un esprit, et ce malaise peut se traduire par de la peur. Mais je suis persuadée que cela vient simplement du fait que l’esprit ne veut pas être dérangé ou tout simplement qu’on n’est pas dans de bonnes dispositions pour interagir avec lui. Avec du temps et du respect, j’ai « apprivoisé » quelques esprits qui, au premier abord, m’avaient semblé fort désagréables. Pour d’autres, je préfère passer mon chemin. Quant aux épisodes « musclés » de mon passé, je mets ça sur le compte de mon inexpérience : rien de tel, pour fâcher un esprit, que de chercher à s’imposer à lui, ou pire, d’essayer de le chasser. (…)quotes_close

Je voudrais revenir sur ma tentative de classification des esprits, car je m’aperçois, au fil du temps et de mon interaction avec eux, que ça n’est pas aussi simple.

Esprits de la Nature, Esprits de la Terre, Esprits du Paysage, Esprits Locaux...

Plus j’avance, plus je me rends compte que tous ces termes sont imparfaits tout simplement parce qu’ils sont humains. Tenter de définir le non-humain, de le placer dans des catégories bien étiquetées, c’est comme essayer d’attraper de l’eau avec les mains : quoi qu’on fasse, une partie nous échappe. Les limites du monde des esprits sont fluides, subtiles, immatérielles (en même temps, on parle d’esprits… j’aime enfoncer les portes ouvertes ^^), autant de caractéristiques qui ont un peu de mal à tenir dans des cases. Mais, pour simplifier un peu le propos, je prends le parti de « classer » les Esprits en 2 catégories : les Esprits de la Nature et les Esprits des Défunts.

Au fil de mes rencontres avec les Esprits présents dans mon environnement, j’ai fait pas mal d’erreurs (j’en ferai probablement d’autres), mais j’ai aussi compris 2 ou 3 choses, la plus importante étant le fait qu’on interagit avec des entités qui ne sont pas humaines. Notre tendance à vouloir tout passer au crible de la raison et de la logique et celle qui consiste à appliquer un filtre binaire (bien/mal, positif/négatif, blanc/noir, mâle/femelle, facebook-like-buton) à tout ce qui se présente devant nous, sont souvent problématiques dans notre interaction avec les Esprits, qui ont leur propre mode de fonctionnement et leurs propres valeurs.

Et puis, s’il faut vraiment appliquer le filtre binaire, gardons en tête que, bien souvent, le plus malfaisant, c’est l’humain (qui ne respecte rien, qui se croit supérieur, qui s’approprie, qui pollue, qui détruit…).

frene_avantapres

Je suis tellement désolée, mon ami =(

Si on veut interagir avec les Esprits (quels qu’ils soient), il est indispensable de les approcher avec respect. Presque toujours, c’est nous qui sommes à l’origine de l’interaction, et c’est donc à nous d’adopter une attitude de demandeurs. Je suppose que vous n’entreriez pas chez des inconnus sans frapper à la porte, sans vous présenter, sans vous excuser de les déranger ? Eh bien, c’est exactement la même chose pour les Esprits. Lorsque nous les approchons, il convient de nous présenter, de leur demander si nous ne les dérangeons pas et, ensuite seulement, de leur exposer les raisons de notre souhait d’interaction.

Parfois (souvent), ils ne répondent pas à notre première approche, ou ils nous envoient balader plus ou moins délicatement. Il faut alors s’armer de patience pour, graduellement, les apprivoiser, comme on le ferait pour un animal timide, avec douceur, sincérité et respect. Il faut leur rendre visite régulièrement, les saluer, leur demander s’ils ont besoin de quelque chose, leur offrir des petits cadeaux, et gagner peu à peu leur confiance.

Concernant les offrandes, un petit rappel extrait de la page Esprits de la Nature :

quotes_openFaire des offrandes aux esprits locaux est généralement bien vu, à condition de vous assurer que ce que vous offrez est quelque chose qu’ils veulent recevoir. En général, les bonnes offrandes sont biodégradables et n’introduisent aucune toxine ou agent biologique invasif. (…) les offrandes les plus appréciées semblent être celles qui comportent une part de travail humain (du pain plutôt que des graines, du beurre plutôt que du lait, etc). Évidemment, il est important d’offrir quelque chose qui vous appartient de droit (et pas arraché à la nature environnante). quotes_close

Esprits des Défunts (humains ou animaux) : Fantômes, Ancêtres, Colocataires Invisibles…

C’est là que les choses se compliquent car l’existence des Esprits des Défunts pose le problème de l’après-vie. Plus encore que d’habitude, je tiens à préciser que ce qui suit est ma croyance personnelle, fruit de mes réflexions et expériences, que j’expose sans chercher à convaincre ou à convertir. En contrepartie, je ne veux être ni convaincue ni convertie (libre à vous de penser que je me dirige tout droit vers l’Enfer, mais merci de me laisser choisir ma destination^^).

Je crois en la réincarnation, je pense que nous faisons plusieurs passages sur Terre. Mais je ne crois pas au karma, ni que nos passages sur Terre soient des « recommence tant que tu n’as pas appris tes leçons », ni qu’il y ait un examen de passage, une pesée des âmes ou autre jugement divin bloquant l’accès à un Paradis/Nirvana/Tir na Nog ou autre Pays d’Été. Je pense qu’il y a des « essences » anciennes (des « vieilles âmes », même si le mot âme est un peu trop connoté à mon goût) qui ont traversé de nombreuses incarnations et des « essences » nouvelles qui n’en sont qu’à leur premier passage.

Je crois que certains défunts restent attachés à des personnes ou à des lieux, soit par choix, soit parce qu’ils ont été surpris par leur mort. Je pense qu’au moment de la mort, notre âme/essence choisit de rester encore un peu dans l’environnement qu’elle aime ou de passer dans le Chaudron pour y être « refondue », ce qui supprime la quasi-totalité de ses souvenirs, puis réinjectée dans un autre corps, dans une nouvelle incarnation. Je crois que cette « refonte » prend plus ou moins de temps et est plus ou moins complète, et que, par conséquent, il y a des pauses plus ou moins longues entre nos diverses incarnations. De toutes façons, le temps n’est pas le même dans le monde des vivants et dans celui des Esprits. Je ne suis pas assez calée pour comprendre tout ce qu’implique la théorie de la relativité (einstein), mais parmi le folklore lié au Sidh, on rencontre cette distorsion du temps suffisamment souvent pour que la puce légendaire s’installe sur mon oreille de manière permanente^^.

Les Esprits que nous pouvons contacter sont donc ceux qui ne sont pas (ou pas encore) réincarnés et qui gardent un lien avec le monde des vivants. Ce lien peut les attacher à une ou des personnes vivantes, comme c’est le cas pour les Ancêtres (peut-être codé dans l’ADN, ce qui expliquerait comment ils peuvent nous reconnaître à des générations d’écart ?). Il arrive aussi que les Esprits restent attachés à un lieu : c’est ce qui se passe pour les maisons hantées ou les endroits où des accidents se sont produits. Nos colocataires, à Olargues, se sont manifestés quand nous avons commencé à utiliser la cheminée, et j’en ai déduit (peut-être à tort) qu’ils étaient probablement morts à cause d’elle et qu’ils se manifestaient pour nous « avertir ».

Pour finir (parce que cet article commence à devenir un pavé), je crois fermement que tous les êtres vivants suivent exactement le même processus au moment de leur mort (l’ethnocentrisme ne tient plus la route une fois qu’on a rencontré des esprits-arbres, un Shadow-cat caladois et que le chien fantôme de la maison s’amuse à vider la poubelle et à poursuivre Mister Sherkan wink ).

Publicités

A propos Caitlín Urksa

Païenne, Celte de coeur, créature de la nuit et Ourse des montagnes ; artiste par plaisir, prof par obligation ; Sagittaire/Verseau, à la fois perfectionniste et désordonnée, les pieds ancrés dans la terre et la tête dans les étoiles.
Cet article, publié dans Dieux, Ancêtres et Esprits, est tagué , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Esprits (2)

  1. chatporon dit :

    Merci pour cet article. J’ai longtemps été assez réfractaire au terme d’Esprits… d’une certaine manière je le suis encore, mais je l’utilise faute de mieux. Étymologiquement, il renvoie au souffle, à l’âme (humaine, en général). Les autres langues européennes les appellent tout bêtement des « Êtres » : boudiged en breton (« bezañ » = être, 2ème forme qui n’est pas utilisée au présent), wights en anglais (« was » = 2ème forme) et Wicht ou Wesen en allemand (2ème forme du verbe être, comme en anglais) et vaesener en suédois, genii en latin (encore la 2ème forme du verbe être, comme dans génétique), etc..

    Mais les nommer « Êtres », sans utiliser la 2ème forme, c’est les confondre avec les autres êtres. Les Sont ? Les Étants ? Pas très satisfaisant. S’en remettre au latin ou au grec pour les nommer Génies ou Démons, c’est aussi la porte ouverte à toutes les confusions (encore que, Génies, pourquoi pas, malgré l’aspect Einstein arabisant). Il y a aussi la solution irlandaise, que tu dois bien connaître, des « Non-Dieux ». Bref, difficile de se mettre d’accord.

    Pour ce qui est de différencier esprits des morts et esprits de la nature, je crois, comme les Mongols (et il me semble discerner cela aussi bien chez les Germains que chez les Celtes) qu’une part de l’essence d’un mort (surtout s’il est inhumé plutôt qu’incinéré) reste sur les lieux où il repose. Cette essence se déshumanise progressivement et se fond avec les Esprits de la nature (où les Génies des lieux, pour respecter le caractère roman de la langue française). Ce qui a le mérite d’expliquer pourquoi les Korriganed et autres Boudiged vivent dans le daoloù maen et ou le karn le plus proche du village, là où reposent les habitants de l’époque Néolithique.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s