Sheela’s Day – Là na Caillich

Le Jour de Sheela (Sheela’s Day) est le lendemain de la St Patrick (18 mars, donc), c’est plus ou moins équivalent au Là na Caillich (Latha na Caillich) écossais, qui correspond à l’équinoxe de printemps, avec une date officielle le 25 mars. Je n’ai pas trouvé beaucoup de sources solides pour cet article (mais en même temps, assez peu de gens semblent s’intéresser à la Cailleach et à Sheela, et encore moins aux jours qui portent leurs noms).

Du côté irlandais : on ne sait pas vraiment quel est le rapport entre St Patrick et Sheela. Certains disent qu’elle était sa femme, d’autres sa mère, d’autres l’identifient comme Sheela-na-gig. La seule chose sur laquelle il y a un consensus, c’est que c’est une occasion de boire du whiskey. Il est en effet de tradition de “noyer le trèfle” (drowning the shamrock) à la fin de Sheela’s Day. Bon, de nos jours, l’expression signifie purement et simplement prendre une cuite, mais la tradition voulait que, après la messe de la St Patrick, les hommes aillent lever les restrictions du carême à la taverne la plus proche. La noyade du trèfle s’accompagnait d’un petit rituel : A la fin de la journée, le trèfle qui a été porté sur le manteau ou le chapeau est ôté et mis dans le dernier verre; lorsque les toasts ont été portés et les verres bus, le trèfle est récupéré au fond du verre et jeté par-dessus l’épaule gauche. – Kevin Danaher, The Year in Ireland: Irish Calendar Customs. Sources : today in irish historyweb-holidaysen.wikipedia.

Pas grand chose de païen là-dedans, au final, en dehors de l’allusion à Sheela (déjà évoquée ici).

quotes_opensheela-blueSíla est une manifestation de la Cailleach en tant que Créatrice, pourtant elle incarne un paradoxe : d’une certaine manière, Síla est un 3e visage de cette dualité : la porte habituellement cachée qui émerge lorsque ces forces sont en équilibre. Elle tient ouverte la porte qui ouvre sur les temps liminaux.
Son image combine des aspects de fertilité et d’infertilité : sa vulve, qui suggère la jeunesse et la sexualité, est largement ouverte comme pour un accouchement, et pourtant elle n’a pas de seins et est souvent décharnée. Elle représente les extrêmes : la naissance et la mort, les moments-frontières, des moments dangereux. quotes_closeSource :  Bandia

quotes_openDans le calendrier écossais, Là na Caillich, le jour de la Cailleach, est le moment où elle abandonne la lutte contre l’arrivée du printemps, et où elle jette son bâton avec lequel, tout l’hiver, elle apportait la stérilité à tout ce qu’il touchait. veygry1_cIl n’y a pas vraiment de cérémonie associée à Là na Caillich, mais c’est le moment de l’année à partir duquel la météo s’améliore suffisamment pour qu’on puisse semer en toute sécurité. On ne dispose d’aucune preuve historique ou archéologique qui démontre que les Celtes célébraient les solstices et les équinoxes, bien que les humains qui les ont précédés aient été, de toute évidence, conscients de ces événements astronomiques, si l’on en juge par l’orientation de nombreux monuments préhistoriques (Loughcrew,  Newgrange, Maes Howe, et consorts). Là na Caillich est associé à l’équinoxe non pas à cause de célébrations préhistoriques mais pour des raisons météorologiques. L’absence de coutumes folkloriques, contrairement à celles qui ont survécu pour les Quarter Days (Samhain, Imbolc, Bealtaine et Lá Lúnasa), suggère que Là na Caillich n’était pas une  période significative rituellement parlant, du moins pas autant.quotes_close – Source : Tairis

Quoi qu’il en soit, Sheela’s Day et Là na Caillich restent des jours associés à la Vieille (pas l’aspect/archétype, hein, il s’agit là d’une traduction de hag – vieille sorcière, harpie – qui est aussi l’Ancêtre primordiale, la géante, la Terre-Mère, souvent associée à l’hiver). Et puisqu’on parle de la Vieille, une petite parenthèse… Le paternel m’a appris que les derniers jours de mars et les premiers d’avril seraient appelés « Jours de la Vieille » et seraient presque toujours synonymes de mauvais temps. Recherches faites, ces jours se situent soit entre février et mars, soit entre mars et avril, selon les endroits (méridionaux pour la plupart). L’histoire est celle d’une vieille sorcière qui court la campagne en gelant la jeune végétation et en répandant la ruine dans les potagers (Ça semble familier, non ?) ou celle d’une vieille qui sort son troupeau trop tôt et s’en mord les doigts.

Plus d’infos ici : Base de données de la Vieillenotreprovence

 

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A propos Caitlín Urksa

Païenne, Celte de coeur, créature de la nuit et Ourse des montagnes ; artiste par plaisir, prof par obligation ; Sagittaire/Verseau, à la fois perfectionniste et désordonnée, les pieds ancrés dans la terre et la tête dans les étoiles.
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