Sculpture Addict

Ma Soeur m’avait prévenue : la sculpture sur béton cellulaire (BC pour faire court), c’est vachement addictif ! Et je confirme : difficile de résister à l’appel de la “pierre” (même si ce n’est pas vraiment de la pierre, mais un mélange de sable de quartz siliceux, ciment, chaux, pâte ou poudre d’aluminium et gypse), au point que je surveille la météo capricieuse pour mettre à profit tous les moments où je peux sortir sur la terrasse (vu la poussière que ça produit, mieux vaut éviter de travailler à l’intérieur, autant pour le ménage que pour les possibles allergies) et faire tap-tap-tap et gratt-gratt-gratt avec mes gouges.

2016sculpt1

mes mimines au boulot

Depuis début mai, où ma Soeur m’a montré comment m’y prendre, c’est sculpture à haute dose. Le matériau n’est pas cher, il est tendre, facile à travailler et relativement léger. Le bloc de 62,5 x 25 x 20cm que j’avais acheté m’a permis de faire 5 pièces pour moins de 9€. C’est franchement beaucoup plus abordable que les toiles et la peinture, d’autant que j’avais déjà les gouges (achetées sur un coup de tête chez L**l il y a plusieurs années… elles attendaient leur heure) et que le zomme a un certain nombre d’outils pour compléter la panoplie.

Petit à petit, d’erreur en catastrophe, j’ai appris à doser mes gestes (l’inconvénient d’un matériau tendre, c’est qu’il faut parfois peu de chose pour que le petit détail sur lequel vous travaillez depuis 10 minutes saute à cause d’un coup de gouge mal dosé) : du dégrossissement au marteau en mode barbare au fignolage au millimètre avec le papier de verre. J’ai aussi, par la même occasion, fait connaissance avec certains muscles habituellement discrets (adducteurs et extenseurs du pouce, petit rond et grand rond de l’épaule). Cerise sur le gâteau : la gauchère contrariée que je suis réapprivoise sa main gauche (pied de nez à la canne de mon arrière-grand-mère). J’avais commencé avec la peinture, une ou deux fois, mais c’est flagrant avec la sculpture : les barrières psychologiques (bah voui, les coups de canne accompagnés de “c’est la main du diable”, ça laisse quelques traces, quand même) sautent une par une, et Main Gauche prend la gouge quand c’est nécessaire / plus pratique. Elle se fatigue plus vite que MD (les fameux muscles ne sont pas aussi performants), mais elle a nettement gagné en précision au fil des sculptures.

ma Sheela assise (version grand public ^^)

Le travail de la “pierre” (je ne vais pas mettre les guillemets à chaque fois) est quelque chose qui me parle, sans doute parce que je fais le lien, dans ma tête, avec tous les mégalithes dont je parle sur ce blog, avec tous ceux que j’ai vus, ceux dont j’ai ressenti la vibration à travers les paumes de mes mains. 2016sculpt2Et même si le BC est une pierre artificielle, il vibre aussi à sa façon une fois qu’on commence à lui donner une forme et une intention. Rien d’étonnant, dans un sens, puisque chaque coup de gouge crée une vibration dans la matière, vibration qu’il faut doser soigneusement pour que le morceau qu’on veut enlever casse sans emporter avec lui un volume plus important que prévu. Il faut rester concentré/e, rester conscient/e de chaque geste, et rester à l’écoute du matériau. C’est un échange, quelque chose d’assez magique finalement, quand on commence à faire émerger la forme de sa gangue minérale.

Forcément, les premières pièces réalisées sont fortement liées à ma spiritualité. Et tant pis si le matériau n’est pas “noble”, il présente l’avantage incontestable de pouvoir être façonné par mes mains, selon mes envies et besoins, avec ma symbolique personnelle… et ça, ça n’a pas de prix. En toute logique, mon espace sacré est donc en train de changer. Il porte désormais trois de mes sculptures (en plus de l’oiseau fait par ma Soeur) : la réplique du “bassin” de Knowth et les deux totems-bougeoirs Corbeau et Ours, et je pense qu’il y aura encore des modifications et/ou des ajouts. Il faut juste que je garde en mémoire que je n’ai pas énormément de place rit

20160604autelIl a déjà fallu faire des choix, enlever certains éléments, en déplacer d’autres, ajouter les nouveaux. Ceci dit, cela faisait quelque temps que j’envisageais des modifications, vu que ma pratique n’est pas figée et que mon espace sacré évolue avec elle.

Je vais faire des essais sur des chutes de BC pour voir si je peux teinter les pièces (j’aime l’aspect rugueux du matériau, mais ça fait beaucoup de blanc  verts_gratte). Affaire à suivre…

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A propos Caitlín Urksa

Païenne, Celte de coeur, créature de la nuit et Ourse des montagnes ; artiste par plaisir, prof par obligation ; Sagittaire/Verseau, à la fois perfectionniste et désordonnée, les pieds ancrés dans la terre et la tête dans les étoiles.
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