Un Chemin Difficile

L’arrivée de Grande-Ourse dans mon univers spirituel bouscule un peu (beaucoup) mon cheminement. Elle s’est imposée, a pris les choses en main, et elle me pousse dans mes derniers retranchements. Heureusement pour moi, le travail fait avec la Morrigan m’a habituée à m’abandonner, à laisser de côté la réflexion et la raison (qui m’ont longtemps empêchée d’avancer), à faire confiance à mon intuition et aux « messages » reçus (pas facile non plus) et à prendre des torgnoles cosmiques quand mon humanité essaie de dire « oui mais ».

L’apprentissage avec la Grande Reine a été long et laborieux : il m’a fallu « désapprendre » beaucoup de choses, lutter contre certaines habitudes acquises au fil de mes années « Wicca éclectique » (notamment tout ce qui est hérité des traditions méditerranéennes, qu’elles soient païennes ou pas). Mais cela me permet aujourd’hui de tenir le choc face à une déesse beaucoup moins patiente (et ce n’est pas peu dire), beaucoup plus animale (normal, me direz-vous) et, malgré un côté maternel indéniable, beaucoup plus brutale (le coup de patte de Grande-Ourse, ça pique… juste un peu).

Le fait qu’elle se présente sous deux apparences différentes (l’animal le plus souvent, mais aussi une sorte d’hybride humain-animal) a été assez déstabilisant au début, mais la difficulté majeure, c’est que, contrairement à la Morrigan (pour laquelle il existe tout de même des écrits, vers lesquels je pouvais me tourner pour trouver des explications), là, je navigue à vue ou presque. Grande-Ourse n’est pas une divinité « classique », son univers est totalement différent de ce que j’ai pu croiser en (bientôt) 30 ans de paganisme. Aucun écrit (juste quelques extraits d’une source unique) dans lequel chercher des pistes, rien pour analyser logiquement, raisonnablement, intellectuellement les choses. Depuis trois semaines, je fais au mieux pour trier les pièces du puzzle qu’elle me donne petit à petit. Je sais le nom par lequel je peux l’appeler (une semaine de nuits agitées), je sais à quels moments de l’année la célébrer, et je sais quelles offrandes lui faire (merci à Anne pour son livre et son blog, et merci à Single Vision, page à laquelle je suis abonnée depuis quelque temps déjà)… Et c’est à peu près tout ce que je sais. Par contre, quand elle formule une demande, c’est débrouille-toi, ma fille, t’as intérêt à piger et à agir (si tu veux dormir sans faire des cauchemars où tu finis en pâtée pour ours et si tu veux éviter les images, sons, odeurs « fantômes » qui te tombent dessus au moment le plus inopportun et te harcèlent à en devenir dingue). En clair, elle a autant de délicatesse qu’un 38 tonnes quand elle a décidé quelque chose (et encore, le 38 tonnes a des freins, lui).

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J’ai donc répondu aux exigences de Grande-Ourse (parfois -souvent- sans savoir le pourquoi du comment) : j’ai teinté la sculpture bougeoir en brun, customisé l’ourson qu’elle s’est approprié, mis tout ce qui a un lien avec son univers dans un bol en cuivre, fait une statuette en argile terracotta et des colliers en perles de bois… J’ai commencé à faire une peau d’ours (en fausse fourrure) pour les célébrations que je vais intégrer à mon calendrier, exploré l’alphabet celtibère, « l’écriture » Vinča, le proto-indo-européen et mis au point un certain nombre de glyphes/pictogrammes, dont certains sont venus décorer une plaque d’autel et d’autres ont atterri sur la boîte de Crâne de Piaf (elle est très « nonos », la Dame).

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Bref, j’ai tout à apprendre (ce qui n’est pas pour me déplaire), et aucun garde-fou académique (ce qui complique les choses), mais il ne m’est plus possible d’ignorer la présence de la Dame de la Caverne, celle qui est longtemps restée dans l’ombre de la Morrigan (et que j’ai souvent confondue avec la Grande Reine, tant leurs modes de fonctionnement sont proches), attendant son heure pour se manifester au grand jour. Je n’ai aucune idée de ce qui m’attend le long de ce chemin-là, mais  les premiers pas que j’y ai faits sont déjà très inspirants.

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A propos Caitlín Urksa

Païenne, Celte de coeur, créature de la nuit et Ourse des montagnes ; artiste par plaisir, prof par obligation ; Sagittaire/Verseau, à la fois perfectionniste et désordonnée, les pieds ancrés dans la terre et la tête dans les étoiles.
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2 commentaires pour Un Chemin Difficile

  1. Aranna dit :

    Tes partages et retours sont toujours instructifs : que l’on adhère ou pas, tu fais toujours preuve d’honnêteté quant aux sources / UPG / lore / ressentis. Et ta vision change clairement des voies plus, disons, « normées » que l’on trouve à la pelle.

    • Merci, Aranna. L’honnêteté en matière de sources a toujours été quelque chose d’important à mes yeux, donc ça me semble normal de dire clairement quand je sors des sentiers battus (ce qui est fréquent, je le reconnais ^^).

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