Pin

Le pin est la désignation générique des arbres appartenant au genre Pinus, de la famille des Pinacées (Cèdre, Épicéa, Mélèze, Pin, Sapin). Ce genre, de loin le plus important des conifères, comprend de nombreuses espèces (plus de 100), dont beaucoup sont des essences forestières importantes. Les espèces rencontrées en France sont le Pin maritime, P. pinaster (Ouest de la Méditerranée), le Pin sylvestre, P. sylvestris, le Pin parasol, P. pinea (pourtour méditerranéen), le Pin laricio (Corse), le Pin Cembro (Alpes), le Pin d’Alep, P. halepensis (pourtour méditerranéen) et le Pin à crochets, Pinus uncinata, (Alpes et Pyrénées).

Les pins sont généralement des arbres de grande taille, dont l’allure générale est variable, non seulement d’une espèce à l’autre, mais aussi entre individus d’une même espèce. Certaines espèces peuvent atteindre 1000 ans. Ce sont des résineux dont les feuilles sont des aiguilles persistantes, groupées en faisceaux par 2, 3 ou 5, et dont les fruits sont des cônes constitués d’écailles, à l’aisselle desquelles on trouve les graines. Le système racinaire des pins est de type pivotant. La longue racine principale permet à l’arbre de s’ancrer dans le sol et aux racines latérales d’aller chercher de l’eau en profondeur.

pins

Source image : MemoBotagora

pins2

Reproduction des conifères

Les pins sont des gymnospermes, qui n’ont au sens strict ni fleur, ni fruit. Les structures reproductrices se rassemblent pour former un strobile (que l’on appelle cône à maturité). Les strobiles mâles sont situés à la base des nouveaux rameaux. Ils sont constitués de petites écailles (microsporophylles) qui portent chacune deux sacs de pollen. Les strobiles femelles sont situées à l’extrémité de nouveaux rameaux, de part et d’autre du bourgeon terminal. On les trouve la plupart du temps sur les branches les plus hautes. Ils pointent tout d’abord vers le haut puis se courbent ou deviennent tombants. Les écailles des cônes fécondés s’écartent à maturité, libérant les graines munies d’une aile plus ou moins allongée.

Les pins sont des essences sociales de pleine lumière, qui supportent bien la sécheresse, et les sols pauvres et, pour plusieurs espèces, les embruns salés. Ils peuvent former des peuplements importants, mais craignent la concurrence des autres essences.

Le Pin maritime, P. pinaster, ou pin des Landes.

marit00Réparti dans le grand ouest de la France, l’Espagne atlantique et la Méditerranée, il peut atteindre 30m de haut à maturité (vers 40 ou 50 ans) et vivre jusqu’à 500 ans.
L’écorce épaisse, gris pâle chez les sujets jeunes, devient rougeâtre au fil de l’âge, se crevasse et les rhytidomes forment de grandes écailles.

marit01Les aiguilles, épaisses et rigides, sont groupées par deux. Leur section transversale a une forme semi-circulaire et leur base est entourée par une gaine. Elles mesurent de 10 à 20cm de long, sont persistantes, de couleur vert foncé et luisantes. Elle deviennent fauves en mourant, puis tombent. Elles se décomposent très lentement et forment une épaisse litière au pied de l’arbre.

Les arbres jeunes ont une forme assez régulière, conique. Les plus âgés, dégarnis à la base, ont un houppier plus dispersé, une cime irrégulière, plutôt plate et étalée.

Les cônes mâles de 20 à 22mm de long sont ovoïdes, écailleux, de couleur brun-orangé à maturité. Ils se forment à la base des pousses longues de l’année et produisent une grande quantité de pollen jaune, dispersé par le vent. Les cônes femelles se forment dans couronne supérieure des rameaux. Petits et discrets au départ, ils se transforment une fois fécondés (habituellement en début d’été de leur 2e année) en cônes presque sessiles de 10 à 18cm. Tant qu’il reste sur l’arbre, ce cône est oblong, luisant et de couleur rougeâtre puis brun-roux. Les écailles portent sur leur côté externe une sorte d’écusson un peu saillant, caréné et épais. Les graines noires sont ovales et légèrement aplaties, de 8mm de long et de 3 à 5mm de largeur. Elles sont dotées d’une ailette trois fois plus longue que la graine.

Cet arbre apprécie une exposition en plein soleil, dans un sol non calcaire. Il présente par contre une bonne adaptation aux sols acides et pauvres et préfère les sols profonds, bien drainés. Le pin maritime exige des précipitations annuelles de 800-1000 mm. Il tolère des températures supérieures à 40°C pendant une longue période mais ne supporte pas les froids très rigoureux et durables

Le Pin d’Alep, P. halepensis, ou pin blanc de Provence, pin de Jérusalem.

alep00Réparti sur le pourtour méditerranéen, et plus particulièrement en Afrique du Nord et en Espagne, c’est un arbre d’environ 20-30m, souvent penché et peu droit. Sa cime est assez écrasée, irrégulière et claire, et les branches sont assez étalées. Il a une longévité de 500 ans environ.

alep01Les rameaux sont vert clair puis gris clair, assez fins, faisant souvent une 2e pousse la même année. Les bourgeons non résineux sont ovoïdes, aigus, bruns, à écailles libres frangées de blanc. L’écorce est d’abord lisse et gris argenté, puis crevassée, écailleuse, gris brunâtre.

Les feuilles sont des aiguilles par 2, fines, aiguës souples, de 6 à 10cm, vert grisâtre et groupées en pinceaux à l’extrémité des rameaux.

Les cônes mâles sont jaunes teintés de rouge, oblongs, peu serrés. Les cônes femelles sont gros de 6 à 12cm, à pédoncules épais de 1 à 2cm, souvent isolés, brun clair luisant, avec des écussons aplatis. Ils demeurent plusieurs années avant de tomber. Les graines sont gris-noir.

Cet arbre est spontané sur les bords de la Méditerranée, on le trouve jusqu’à 600- 800 m sur les versants sud, dans les régions de garrigue. Jugé envahissant, très sensible aux incendies, le pin d’Alep est pourtant le seul grand arbre à pousser facilement et naturellement dans la roche calcaire au sol pauvre et sec. Il résiste très bien sur le littoral, en plein soleil et face aux embruns. Il apparaît même en région semi-désertique, comme en Libye, et sa tolérance à la sécheresse est remarquable (il supporte des moyennes annuelles de précipitations de seulement 250mm). Il craint en revanche les périodes prolongées de gel et se trouve très vulnérable face aux chutes de neige importantes : ses branches cassent facilement, l’arbre peut même être déraciné.

Le Pin parasol, P. pinea, ou pin pignon

parasol00Réparti sur le pourtour méditerranéen, en particulier en Espagne, l’arbre, quand il est mature, est reconnaissable à son port caractéristique évoquant un parasol déployé (son port est sphérique quand il est jeune).

Le tronc est parfois divisé à la base. L’arbre pousse en s’adaptant au terrain et en recherchant le soleil, ce qui donne fréquemment des troncs assez peu verticaux. Il dépasse rarement 30m. L’écorce, très craquelée, est brun rougeâtre avec des nuances grises, puis se transforme en plaques de rhytidomes grisâtres caractéristiques quand le pin vieillit. Sa longévité est estimée à 250 ans.

parasol01Les feuilles sont des aiguilles persistantes assez peu piquantes réunies par lots de deux avec leurs bases enserrées dans une même gaine. Leur couleur est souvent légèrement glauque.

Les cônes mâles, brun orangé, ovoïdes, sont groupées à la base des jeunes pousses. Les cônes femelles, vert jaunâtre, sont solitaires et de petite taille avant fécondation.
Le pseudo-fruit, appelé pigne en français méridional, est globuleux, de grande taille et pratiquement aussi large que long (environ 10cm, parfois plus). Les écailles présentent côté extérieur un écusson doté d’une petite protubérance arrondie. Les écailles s’écartent pour libérer les pignons, d’assez grosses graines à amande comestible, souvent utilisée en pâtisserie.

Cet arbre pousse abondamment sur le pourtour méditerranéen, dans les bois ou les maquis, où il est souvent associé au chêne vert et au pin d’Alep. Il préfère les terrains secs, mais s’accommode très bien de sols profonds et frais.

Propriétés Médicinales

pin01Hippocrate et Dioscoride avaient recours au pin pour soigner les affections de l’appareil respiratoire. Depuis, l’action basalmique et anticatarrhale des préparations à base de pin est toujours appréciée des médecins et pharmaciens.

Toutefois, les recherches et études ont montré que les substances médicinales viennent d’espèces bien précises (pin sylvestre, pin maritime, pin parasol, pin d’Alep et pin mugho), tous les pins ne possédant pas les mêmes principes actifs dans toutes leurs parties.

P. pinaster possède, dans son écorce, une substance anti-hémorragique, utile dans les  insuffisances veineuses. La résine soigne bien les blessures: de plus, sa propriété collante maintient en place les bords de la plaie, ce qui est pratique pour les parties du corps souvent sollicitées. Son huile essentielle, qui ne doit pas être employée en interne (sauf aérosols), soulage les névralgies et douleurs rhumatismales, sciatiques, arthrites, ainsi que les infections catarrhales respiratoires (bronchite, BPCO), urinaires et rénales (cystites, urétrites). A faible dose, la térébenthine est stimulante, antiseptique, expectorante, vermifuge, mais elle est néfaste aux reins.

pin03P. halepensis a une résine qui fut longtemps fort prisée pour la confection des encens et pour la fabrication du restina, un vin résiné. Les propriétés balsamiques calment les muqueuses enflammées, en particulier les muqueuses des voies respiratoires.

Les propriétés médicinales de P. pinea sont voisines de celles des autres pins (bourgeons pour la toux, « térébenthine » pour lutter contre les maladies respiratoires).

Chez les Romains, l’écorce fraîche des jeunes arbres (broyée au pilon et mélangée à du vin) servait de remède contre les coliques.

Les pignons doux sont utilisés pour combattre l’arthrite et la goutte, et ont aussi des vertus antiseptiques et diurétiques. La consommation de pignons de pin encourage la régularité intestinale et aide le corps à se débarrasser des toxines accumulées. Ils sont utiles en cas de constipation. Leur teneur en magnésium contribue en outre à soulager les crampes musculaires, la fatigue et la tension.

Usages Traditionnels et Mythologie

pin06Dans la mythologie grecque, la nymphe Pithys, convoitée par Pan, lui échappa en se métamorphosant en Pin. Aux Jeux Isthmiques, de Corinthe, ce sont des couronnes de pin qui récompensent les vainqueurs. Au Moyen Âge, le roman de chevalerie associe l’arbre à la connaissance et à l’immortalité.

De la résine de pin maritime, les Grecs et les Romains extrayaient la poix, des baumes et des aromates, dont la « crapula », pour parfumer le vin, qui désigna ensuite les ivrognes. On extrait toujours l’essence de térébenthine, ainsi que la poix, le calfat (qui servait à étancher les coques de bateaux) et une essence comparable à l’encens.

Le bois, bien que résineux, sert également en menuiserie, charpente, pâte à papier, panneaux de fibres. Les aiguilles du pin sylvestre ont servi à faire une ouate que l’on parvint à filer pour produire une étoffe ressemblant aux flanelles.

Propriétés Magiques

Air, Jupiter, Mercurepin02

Dans le folklore, les pins sont souvent considérés comme une seule espèce et, dans la plupart des cas, ils sont en effet interchangeables. Ils symbolisent l’humilité, la chance, la prospérité, la fertilité et la protection. On pensait qu’ils éloignaient les sorcières et protégeaient la maison et le bétail de la malchance, de la maladie, et même de la foudre.

Les aiguilles, les cônes, la sève, l’écorce et même les copeaux sont utilisés en magie. Le pin a des propriétés nettoyantes, protectrices et curatives. On peut aussi l’utiliser pour bannir les énergies négatives et pour attirer l’argent.

pin09Les pins ont souvent été utilisés pour la « magie de transfert », une pratique traditionnelle qui consiste à enlever une partie de l’écorce et à placer dans le trou cheveux ou ongles, en demandant à l’esprit de l’arbre d’accepter les douleurs et les maux (dans le cas du pin, ce sont souvent les verrues et les douleurs articulaires) à la place de la personne.

D’après le folklore, manger un pignon par jour garantirait l’immortalité… ou au moins la longévité. Le parfum du pin (en utilisant sa résine comme encens, par exemple) attirerait l’argent.

pin07Les branches de pin étaient utilisées pour nettoyer la maison et le seuil, à la fois physiquement et spirituellement. On façonnait parfois des croix avec les rameaux, afin de les accrocher dans la maison pour la protection, et au-dessus ou au-dessous du lit des malades pour accélérer la guérison et empêcher l’épidémie.

Sources : pinsdefrance, lesarbres, web-docteur, espritsante, nature.jardin, jardin-et-ecotourisme, jardin-et-ecotourisme, mr-plantes, sacredearth, shadowsmagickplace
Publicités

A propos Caitlín Urksa

Païenne, Celte de coeur, créature de la nuit et Ourse des montagnes ; artiste par plaisir, prof par obligation ; Sagittaire/Verseau, à la fois perfectionniste et désordonnée, les pieds ancrés dans la terre et la tête dans les étoiles.
Cet article, publié dans Plantes, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s