La Part d’Ombre

Précédemment publié le 29/06/2010, puis sur La Caverne (blog désactivé)

Le terme d’Ombre a été inventé par Carl G. Jung pour décrire la partie réprimée ou reniée de l’Ego. On ne peut pas approcher l’Ombre avec l’idée de la détruire, car il s’agit d’une partie importante de nous-mêmes. Le travail avec l’Ombre demande de la persévérance, du discernement et de la compassion : notre Ombre ne veut pas être exposée, il nous faut apprendre à nous connecter à elle, à travailler avec elle et à réduire le pouvoir qu’elle a de nous saboter.

L’Ombre commence à se construire le jour où nous naissons, et elle existe jusqu’au jour où nous mourons. En grandissant, nous apprenons que certains traits de notre personnalité ne sont pas acceptables pour les personnes qui nous entourent. Nous avons tous été punis pour nos colères, raillés pour avoir pleuré en public, ridiculisés pour avoir exprimé notre fierté, etc. Alors nous avons appris à réprimer ces traits, pour nous présenter au mieux, pour nous sentir en sécurité, aimés et acceptés.

L’Ombre est composée de tous les aspects de soi que l’on cache à la société et qui nous mettent mal à l’aise : la colère, la haine, la jalousie, l’envie, la honte, le désir, la paresse, l’agressivité, la dépendance, etc. La plupart de ces aspects sont négatifs, mais certains sont positifs, comme certaines croyances que l’on garde cachées pour éviter d’être critiqué. Dans certaines familles, le fait de montrer de la compassion ou des émotions est considéré comme un signe de faiblesse, alors compassion et émotions vont être intégrés à l’Ombre.

En plus de l’Ombre individuelle, nous sommes confrontés à l’Ombre collective, familiale, politique, professionnelle et religieuse : la soif incontrôlée de pouvoir et d’argent, le besoin compulsif d’aider et de guérir les autres, l’hédonisme matérialiste, la peur de la vieillesse et de la mort, tout cela va être refoulé et intégré à l’Ombre.

Cachée loin de notre conscience, l’Ombre gagne en puissance lorsqu’on nie son existence, et elle essaie de dominer et contrôler notre vie. Elle se nourrit du découragement, de la dépression, de la peur et du doute. Qu’elle prenne la forme de comportements autodestructeurs comme l’addiction, la dépression, l’anxiété, la culpabilité ou la honte, ou qu’elle prenne la forme de comportements destructeurs envers autrui, comme la violence verbale ou physique, le mensonge, la jalousie, le vol ou la trahison, lorsqu’elle se manifeste, l’Ombre entraîne le désordre et la douleur, et nous laisse honteux, angoissés et dégoûtés.

On peut identifier son Ombre en regardant ce qu’on projette sur les autres. Lorsqu’on renie un trait de sa personnalité, on devient très conscient de ce trait chez les autres personnes. On y réagit de façon irrationnelle, hors de proportion. Une autre façon d’identifier son Ombre est de chercher les choses qu’on fait par accident. Quoi que l’on fasse, notre Ombre s’exprime de façon incontrôlable. Lorsqu’on répète un comportement involontairement, c’est un signe que la part d’Ombre mène la danse.

Il est clair que dans le travail avec son Ombre, une grande partie est psychologique/psychanalytique (après tout le concept est jungien). Là dessus se greffe le côté spirituel, mais je pense qu’il est bon, quand on entreprend de travailler avec son Ombre, de bien garder en tête que cela va remuer des choses qui font mal (ce n’est pas sans raison qu’elles sont refoulées ). Je crois que la chose la plus importante à faire est avant tout de se dire que ce travail, si pénible soit-il, va nous aider à mieux comprendre nos propres réactions, à mieux vivre avec nos qualités et nos défauts, au lieu de vouloir à tout prix montrer toujours uniquement les qualités. Derrière chacun des « défauts » que nous nous trouvons, il y a une qualité qu’on ne voit pas forcément.

Quand on entreprend un travail avec l’Ombre, il faut garder à l’esprit que tout est équilibre, et que, même dans nos personnalités, tout point négatif a sa contrepartie positive. Il n’y a pas d’être totalement positif ni d’être totalement négatif (je suis persuadée que même les pires criminels tortionnaires ont leurs bons côtés, et que les « saints » ont leurs gros défauts). Pour résumer sous forme de métaphore poétique : le plus pur des diamants est toujours caché dans un caillou d’aspect vulgaire.

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A propos Caitlín Urksa

Païenne, Celte de coeur, créature de la nuit et Ourse des montagnes ; artiste par plaisir, prof par obligation ; Sagittaire/Verseau, à la fois perfectionniste et désordonnée, les pieds ancrés dans la terre et la tête dans les étoiles.
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