Tattoo

tatouages de Otzi

Le tatouage est pratiqué depuis des millénaires dans le monde entier. Il a longtemps été lié aux croyances et rituels de cell.ui qui le portait. Dès le Néolithique, l’humain a commencé à se tatouer, que ce soit pour se soigner, pour montrer son statut social, ou pour attirer les bonnes grâces des dieux.

Plus près de nous dans l’histoire, le judaïsme et l’ancien testament interdisent toute inscription entaillée et marquée à l’encre indélébile. Au 8e siècle, le pape Adrien bannit le tatouage, ainsi que toutes les marques corporelles d’inspiration païenne. Le tatouage devient alors, en Europe, un art de l’ombre.

Ailleurs dans le monde, loin de la frilosité judéo-chrétienne, les choses sont bien différentes. Dans le Pacifique Sud, l’art du tatau (ta-atua, de ta, dessin et atua, esprit, divinité) était souvent une forme d’initiation ou, comme chez les Maoris, possède une utilité sociale puisque le ta-moko (tatouage facial) contient de nombreuses informations sur l’identité d’une personne : son âge, son sexe, son rang social, sa généalogie, sa tribu ou sa personnalité.

En Asie du Sud-Est (Laos, Cambodge, Birmanie, Thaïlande), le tatouage magique ou yantra est pratiqué par les moines bouddhistes ou les prêtres brahmanes pour donner à cell.ui qui le porte des pouvoirs de protection et de bénédiction.

Ce n’est sans doute pas un hasard si l’engouement pour les tattoos et les piercings, avant même la mode actuelle,  s’est développé à la période où le paganisme a pris son essor. De nombreux.es païen.ne.s sont tatoué.e.s, peut-être pour marquer leur différence, leur marginalité. Peut-être parce qu’un tatouage peut être caché sous les vêtements quand on ne peut pas exprimer librement ses croyances. Peut-être parce que l’épreuve du tatouage est une forme d’offrande ou d’initiation.

En ce qui me concerne, ça faisait plusieurs années que l’idée d’un tatouage me titillait les neurones, et presque aussi longtemps que la petite voix de Madame-Politiquement-Correct me soufflait que ça allait faire mal, que c’était risqué-dangereux, que ça ne se faisait pas « chez les gens bien », que ça coûtait cher pour une « lubie », etc.

Sauf que Madame-Politiquement-Correct a de plus en plus de mal à capter mon attention et que je l’envoie de plus en plus souvent voir ailleurs si j’y suis. Sauf que 2017 marque le 10e anniversaire du décès de Maman, et de ma première rencontre avec la Grande Reine. Sauf que 2017, c’est aussi (enfin) l’arrivée « officielle » de la ménopause (libérééée, délivrééée!) et, avec elle, le cadeau d’un nom, soufflé par « mes » deux Dames. Et sauf que, n’en déplaise à Madame-Politiquement-Correct, c’est moi, c’est ma peau, et je fais bien ce que je veux avec (nan mais oh!).

Bref… Étant donné que ma Soeur me montre régulièrement ses nouveaux tattoos et que j’ai pu juger sur pièce du talent de sa tatoueuse, l’idée a donc fait son chemin de plus en plus bruyamment dans ma tête au fur et à mesure que la date de mon séjour en Rhône-Alpes approchait.

J’ai pris contact avec le salon de tatouage fin mai pour poser mes questions (prix et faisabilité) et envoyer un premier dessin (à gauche). Mais le message est resté sans réponse… peut-être parce que ce dessin n’était pas celui qui devait être inscrit sur ma peau ?

Les choses se sont mises en place très rapidement, dans la semaine qui a précédé mon départ, grâce à ma Soeur qui a fait activer les choses (merciii). Et j’ai donc finalisé le projet avec le dessin de droite, où n’apparaissent que le corbeau et la triple spirale de Newgrange. Est-il besoin d’expliquer pourquoi ? Pour cell.eux qui suivent ce blog, je pense que c’est inutile. Pour les autres, disons simplement que le corbeau est un animal associé à la Morrigan, et que la triple spirale de Newgrange est un symbole néolithique irlandais qui me parle très fort.

Maintenant, parlons de l’expérience de tatouage à proprement parler… Contrairement à ce que j’avais pu craindre ou entendre dire (notamment par Madame-Politiquement-Correct), je n’ai pas eu mal. Alors certes c’est une petite pièce, elle n’est pas à un endroit hyper douloureux et l’aiguille utilisée était très fine. Mais sincèrement, la sensation de l’aiguille est bien moins douloureuse que les aiguilles d’acupuncture ou qu’une griffure de chat, et (même aux endroits où ça a été le plus sensible) ce n’est carrément rien du tout si je compare ça aux douleurs que je connais (la migraine étant ma référence du +++ douloureux). Enfin et surtout, ce tattoo si longtemps attendu était une offrande, un geste spirituel important pour moi, et cet état d’esprit m’a fait trouver la séance agréable et finalement trop vite terminée…

Du coup, je commence déjà à réfléchir à son petit frère, sur l’autre avant-bras (et peut-être d’autres ailleurs – ayé, j’ai chopé la tattooïte^^)… Mais j’ai le temps d’y réfléchir et, dans l’immédiat, je m’occupe de faire cicatriser mon corbeau.

Qu’en est-il pour vous, cher.e.s lecteurs et lectrices, avez-vous des tattoos païens ?

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A propos Caitlín Urksa

Païenne, Celte de coeur, créature de la nuit et Ourse des montagnes ; artiste par plaisir, prof par obligation ; Sagittaire/Verseau, à la fois perfectionniste et désordonnée, les pieds ancrés dans la terre et la tête dans les étoiles.
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2 commentaires pour Tattoo

  1. Lyra Foxglove dit :

    Sublime ! C’est clair que le tatouage est une expérience mystique, même si aujourd’hui (hélas) beaucoup ne s’arrêtent qu’à l’aspect esthétique.
    Pour ma part, j’en ai cinq, tous liés à ma spiritualité. J’ai la rune Eolh sur le poignet droit, mon digil personnel dans le bas de la nuque, une hampe de digitale (ma plante « totem ») sur l’intérieur du bras gauche, le sigil de Tolkien sur l’avant-bras droit et enfin une pie (mon animal « totem ») sur l’omoplate gauche. Et d’autres sont en projet ^^ Comme tu dis, c’est une addiction au bout d’un moment !

    • J’avais vu Eolh sur certaines de tes photos, en effet. Le petit frère du corbeau sera ursidé. Je ne sais pas encore exactement sous quelle forme (ours entier, patte d’ours ou, plus symboliquement, constellation de la Grande Ourse… ou un mix), mais comme j’ai du temps devant moi, je laisse venir. Pour le reste, c’est un peu compliqué, d’une part parce que les endroits où ma peau est « praticable » sont assez limités (verrues, youpi), ensuite parce que je veux voir mes tattoos sans avoir à me contorsionner, et enfin parce que je veux pouvoir les soustraire aux yeux (à oeillères) d’une partie de mon entourage. Dans un sens, heureusement, parce que sinon, je pense que je pourrais assez facilement céder à l’addiction ^^

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