Principes de Base (2018)

Les précédents « Principes de Base » dataient de 2012. 6 ans plus tard, il est temps de faire une petite mise à jour.

Scáthcraft : Définition

J’ai bâti ma tradition spirituelle personnelle au fil de mes explorations de divers courants néo-païens : druidisme, puis Wicca, puis reconstruction et enfin paganisme gaélique, sans m’interdire d’intégrer de nouveaux éléments (je crois à la nécessité d’évoluer) + pratique sorcière. Avant d’aller plus loin, je tiens à préciser que, techniquement, la pratique sorcière/magique n’est pas liée à la spiritualité : on peut être païen sans pratiquer la magie, tout comme on peut être sorcier/e sans être païen. En ce qui me concerne, les deux se complètent.

Pour simplifier, j’ai inventé le terme Scáthcraft (gaélique scáth– “ombre”, prononcé [skââ] + anglais craft, “art”, comme dans witchcraft, prononcé [krâft]). Les traductions possibles en français (art sombre, savoir-faire sombre, travail de l’ombre, pratique de l’ombre) ne me satisfont pas (trop longues, trop connotées, pas assez liées aux deux cultures qui m’influencent).

Scáth- Pourquoi « ombre » ? Tout simplement parce que la Dame à laquelle je voue un culte préférentiel est cataloguée comme « déesse sombre ». La Grande Reine est une déesse guerrière et donc liée à la mort, possédant le pouvoir de détruire et de terminer, mais aussi de protéger.

Le côté sombre, les ténèbres, souvent interprétés à travers la peur et le rejet inspirés par nos cultures judéo-chrétiennes, sont plutôt à rapprocher du Yin : la Terre, l’hiver, la nuit, le féminin, le silence, le froid, la mort. C’est aussi le domaine de l’instinct, de la magie, de la prophétie, de la guérison et de la sagesse.

-Craft : Ce que j’appelle magie est l’art de manipuler les fils qui constituent la toile de l’univers et du destin. Ce qui fait fonctionner un sort, c’est l’intention, la concentration et l’énergie personnelle qu’on y met. C’est donc un exercice de volonté, qui ne nécessite ni objet (les ingrédients, talismans et autres outils ne sont que des supports qui peuvent faciliter la mise en oeuvre) ni cérémonie. C’est la raison pour laquelle je me suis éloignée des “obligations” héritées de l’occultisme (cercle, correspondances magiques, heures planétaires, etc). La magie consomme pas mal d’énergie, c’est pour ça que je me cantonne généralement à des sorts de guérison, de protection ou de bannissement des énergies négatives.
NB : Il n’y a pas de « bonne » ou de « mauvaise » magie, « blanche », « noire » ou « rose fluo à paillettes ». Ce qui importe, c’est que ma pratique soit en adéquation avec mon éthique (voir plus bas).

Côté spiritualité, maintenant.
La Scáthcraft est un syncrétisme (=mélange de différentes croyances) en partie reconstruit (basé sur l’histoire, l’archéologie, le folklore, la linguistique, etc.) et en partie empirique (UPG=info. obtenue par l’intuition, les visions et autres expériences spirituelles). C’est un hénothéisme (=plusieurs divinités distinctes –polythéisme– parmi lesquelles une divinité reçoit un culte préférentiel) animiste (=croyance en une force vitale qui anime les êtres, objets et lieux) que j’appelle proto-celte car, en plus du corpus mythologique et du folklore irlandais, écossais et celtibère, il inclut des éléments préhistoriques (Déesse Ourse, UPG). Tu comprends maintenant pourquoi c’est plus facile d’inventer un mot ?

Ethique
Je base mon code d’éthique sur 5 points fondamentaux : la sacralité de toute vie, la responsabilité personnelle, l’intégrité, l’hospitalité et la connaissance.

1) Toute vie est sacrée. Dans l’optique animiste, les végétaux, les animaux, les cours d’eau, les montagnes ont un esprit qui mérite reconnaissance et respect. Sans entrer dans de grands débats sur le végétarisme-végétalisme-véganisme, je respecte et remercie à parts égales les animaux, les végétaux et l’eau que je consomme. Je m’efforce avant tout de ne pas surconsommer ni gaspiller ni polluer les ressources de la Terre-Mère. Il va sans dire (mais c’est mieux en le disant) que la sacralité de toute vie exclut le sacrifice rituel d’animaux ou de jeunes enfants (mention spéciale à une certaine Nadine, pour qui « les sorcières te volent ta lumière, t’empêchent de tomber enceinte et sacrifient des bébés » ).

2) Responsabilité personnelle. Tout acte a ses conséquences, et il incombe à chacun d’en assumer la responsabilité et les conséquences. La pleine conscience de faire partie d’un réseau complexe de liens entre les êtres et les choses est, à mon sens, indispensable à toute spiritualité. Cela implique la nécessité de réfléchir avant d’agir, de peser le pour et le contre de tout choix et l’acceptation des risques et obligations imputables à ce choix.

3) Intégrité. Le mot pour honneur, oineach (en irlandais ancien ‘enech’), signifie littéralement “face, visage”. Il s’agit donc de ne pas “perdre la face”, de ne pas avoir à rougir, d’éviter tout acte pouvant entacher son honneur : pas d’injustice, de calomnie, de serment non respecté. Mais dans le même temps, il faut aussi se défendre quand on est insulté ou accusé à tort.

4) Hospitalité. Gart est un mot lié aux concepts de générosité, d’hospitalité et de comportement approprié. Dans l’Irlande du début du Moyen Age, l’hospitalité était une obligation légale, avec toutefois certaines limites : elle dépendait à la fois du statut de l’hôte et de celui de son invité, et ne s’appliquait pas si l’invité était un criminel. D’autre part, l’acte d’hospitalité sous-entendait une réciprocité.
L’hospitalité implique le respect des lois et coutumes de la communauté : que l’on reçoive ou que l’on soit reçu, il faut rechercher l’harmonie avec l’autre, s’adapter à ses usages et les respecter. Le même principe s’applique lorsqu’on s’adresse à une divinité : on va agir en harmonie avec les coutumes de cette divinité, et lui faire des offrandes susceptibles de lui plaire.

5) Connaissance. Eólas (irlandais ancien eulas), c’est la connaissance, plus précisément l’information acquise par l’expérience ou la pratique, la compréhension, le discernement. C’est par l’accumulation de connaissances et d’expériences que l’on peut améliorer nos compétences, appréhender les vérités fondamentales du monde qui nous entoure et, au fil de l’expérience et de l’âge, arriver à la sagesse.

Célébrations et Calendrier
Mon calendrier est lunaire, proche du calendrier de Coligny (qui est soli-lunaire). Je fais démarrer mes lunaisons à la Nouvelle Lune et les noms des mois sont « celtisés » (mois de Coligny entre parenthèses) : Samhain (Samonios), Dumhain (Dumannios), Riúr (Riuros), Naghaid (Anagantios), Uarain (Ogronios), Cuithe (Cutios), Geamhain (Giamonios), Siúfain (Simi-visonnios), Eacha (Equos), Eilmí (Elembivios), Aodhrain (Aedrinnos) et Cadal (Cantlos), plus Eadrán (Ciallos/Qvimon) pour le mois intercalaire.

Je célèbre les 4 fêtes saisonnières dites « celtiques » :
Samhain (en Gaeilge, Lá Samhna), début de l’hiver, autour du 1er novembre, mi-point* le 6 ou le 7.
Imbolc (en Gaeilge, Lá Fhéile Bríde), début du printemps, autour du 1er février, mi-point* le 3 ou le 4.
Bealtaine (en Gaeilge, Lá Bealtaine), début de l’été, autour du 1er mai, mi-point* le 4 ou le 5
Lúnasa (en Gaeilge, Lá Lúnasa), début de l’automne, autour du 1er août, mi-point* le 6 ou le 7.
*NB : mon intérêt pour l’astrologie me pousse à prendre en compte les mi-points, c’est-à-dire à mi-chemin entre les solstices et les équinoxes (par exemple cette année, 94 jours séparent le solstice d’été de l’équinoxe d’automne, donc le mi-point de Lúnasa est le 7 août, soit 21/06 + 47 jours). La date de la célébration peut, en outre, varier selon mes disponibilités, les phases lunaires et l’observation de la nature qui m’entoure.

Autres Rites
– à la fin de chaque lunaison, pour en faire le bilan, remercier et demander conseil pour les projets à venir.
– certains solstices et équinoxes, notamment le solstice d’hiver et l’équinoxe de printemps, en lien avec la Déesse-Ourse.

Offrandes
L’offrande fait partie intégrante de ma pratique spirituelle. De manière générale, les offrandes doivent « me coûter », c’est-à-dire que je me prive de quelque chose pour l’offrir aux Dieux et aux Non-Dieux. Elles doivent en outre être agréables à la divinité qui les reçoit, ce qui a nécessité quelques recherches et beaucoup d’essais empiriques. Parmi les offrandes que j’utilise fréquemment : whisky irlandais (les dieux irlandais en sont friands), laitages (Dieux et Non-Dieux apprécient le lait, la crème et le fromage), nourriture préparée par mes soins, sang (mon ADN), cheveux (pareil), plantes que je cultive et récolte, pièces de monnaie, mais aussi mon temps ou mes créations.

A propos Caitlín Urksa

Païenne, Celte de coeur, créature de la nuit et Ourse des montagnes ; artiste par plaisir, prof par obligation ; Sagittaire/Verseau, à la fois perfectionniste et désordonnée, les pieds ancrés dans la terre et la tête dans les étoiles.
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2 commentaires pour Principes de Base (2018)

  1. Brume Follet dit :

    J’adore comment tu as construit ta pratique :D. C’est vraiment inspirant !

    • Merci Brume =)
      Presque trois décennies de paganisme, ça passe forcément par un certain nombre d’essais, d’erreurs, d’ajustements et de petites révolutions ^^
      D’où la nécessité de faire le tri et le point de temps en temps, quand ça devient trop le bordel dans mon p’tit cerveau vieillissant XD
      Et si en prime, ça peut inspirer, c’est gagnant-gagnant ❤

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