La Morrigan


La Morrigan est une déesse de la mythologie irlandaise, dont le nom peut être interprété comme signifiant « Grande Reine », mais on trouve aussi la traduction « Reine des Fantômes ». Elle est souvent décrite comme résidant dans la grotte de Cruachain (comté de Roscommon).

La Morrigan a la capacité de changer de forme et apparaît le plus souvent sous la forme d’une corneille ou d’un corbeau, volant au-dessus des guerriers. Le livre de W. M. Hennessey, “The Ancient Irish Goddess of War”, en 1870, a eu une très grande importance dans l’attribution à la Morrigan du rôle de déesse de la guerre. Ce rôle consiste souvent à des prédictions sur la mort violente d’un guerrier particulier, ce qui suggère un lien avec la Bean Sidhe (Banshee, aussi appelée la Badb) du folklore plus tardif. Cependant, Máire Herbert a noté que “la guerre en soi n’est pas un aspect primaire du rôle de la déesse” : elle apparaît aussi sous la forme d’une anguille, d’une louve et d’une vache et son association avec le bétail suggère un rôle en connexion avec la terre, la fertilité et la souveraineté.

Le Cycle d’Ulster

Les premières mentions de la Morrigan se trouvent dans les histoires du Cycle d’Ulster, où elle a une relation ambiguë avec le héros CúChulainn . Elle joue un rôle significatif dans le développement de ce héros, lui apparaissant alors qu’il n’est qu’un jeune garçon : le jeune héros se réveille au milieu de la nuit et sort, pensant  retrouver son mentor, Conchobar. Mais à la place, le garçon trouve un fantôme qui essaie de l’attaquer. CúChulainn n’est encore qu’un piètre combattant et la Morrigan se moque de sa couardise.

La rencontre suivante se déroule lorsque le héros a atteint l’âge adulte. CúChulainn rencontre la Morrigan alors qu’elle conduit une génisse hors du territoire. Il l’arrête, lui demande pourquoi elle vole cette génisse, la défie et l’insulte, ne sachant pas qui elle est. Elle profère une série de menaces et prédit une prochaine bataille au cours de laquelle il sera tué. Elle lui dit “je garderai ta mort“, avant de disparaître, ne laissant derrière elle qu’une corneille. CúChulainn comprend alors qu’il n’aurait pas dû agir ainsi.

La reine Medb du Connacht entreprend une invasion de l’Ulster pour voler le taureau Donn Cuailnge, et CúChulainn est chargé de défendre l’Ulster par une série de combats singuliers contre les champions de Medb. Entre les combats, la Morrigan lui apparaît comme une jeune femme aux longs cheveux roux, portant une longue cape rouge. Elle lui offre son amour et son aide dans la bataille, mais il la rejette en disant qu’il n’a pas le temps. Elle lui dit qu’elle viendra à lui sous trois formes, une louve, une anguille et une vache, et qu’elle le blessera pendant qu’il combattra ses ennemis. CúChulainn répond qu’il la blessera à chaque fois, et que seule sa bénédiction, qu’il refusera, pourra la soigner. Elle intervient dans le combat suivant, sous la forme d’une anguille qui le fait trébucher, mais il lui brise les côtes. Elle apparaît ensuite sous la forme d’une louve grise qui court après un troupeau de bétail jusqu’au gué où CúChulainn se bat, et il lui crève un oeil. Enfin elle prend la forme d’une génisse rousse menant le troupeau, mais il lui casse une jambe. Après la bataille, elle apparaît comme une vieille femme portant les trois mêmes blessures que ses formes animales. Elle est en train de traire une vache. CúChulainn ayant soif, elle lui offre trois fois du lait, pour lequel il la bénit chaque fois, et ses blessures sont ainsi soignées.

La reine Medb est déterminée à se venger de Cúchulainn, qui a tué tant de ses guerriers. Elle et la Morrigan poussent le héros à transgresser une geis et à lui faire manger de la viande de chien. Il est coincé entre deux geasa : ne jamais refuser de la nourriture et ne jamais manger de viande de chien (Sétanta est renommé CúChulainn, c’est-à-dire le ”chien de Culann” par le druide Cathbad, quand, pour se défendre, il tue le chien de garde du forgeron, à l’âge de cinq ans et propose de prendre sa place). Puis, tandis qu’il chevauche à la rencontre de ses ennemis, il voit la Morrigan sous la forme d’une vieille femme, en train de laver son vêtement ensanglanté dans un gué, un présage de sa mort. CúChulainn est tué lors de cette bataille. Alors qu’il est mourant, la Morrigan vient à ses pieds sous la forme d’un corbeau, et après qu’il ait réussi à s’attacher à une pierre levée pour mourir debout, elle vient se poser sur son épaule sous la forme d’une corneille, «gardant sa mort».

Le Lebor Gabála Érenn

La Morrigan apparaît aussi dans les textes du cycle mythologique, le Lebor Gabála Érenn, compilation pseudo-historique du 12e siècle. Elle y est listée parmi les Tuatha Dé Danann (littéralement “le peuple de la déesse Danu”), comme une des filles de Ernmas, petite-fille de Nuada. Les trois premières filles de Ernmas (Ériu, Banba et Fódla) sont associées à la terre d’Irlande et à la souveraineté. Puis viennent les trois autres filles de Ernmas : Badb, Macha et la Morrigan .

Dans les histoires des Tuatha Dé Danann, la Morrigan recouvre l’Irlande d’un brouillard protecteur, afin qu’ils ne soient pas envahis. Elle apparaît aussi dans Cath Maige Tuireadh (La Bataille de Mag Tuired) : à Samhain, le Dagda la trouve en train de se laver dans le gué (elle est alors sous la forme d’une jeune femme rousse), debout avec un pied sur chaque rive de la rivière Uinnius. Ils font l’amour et elle lui promet ensuite de sommer les mages d’Irlande de jeter des sorts pour les Tuatha Dé Danann, et pour détruire Indech, le roi Fomoire.

Le Dagdae avait une demeure à Glenn Etin dans le nord. Or le Dagdae devait rencontrer une femme à Glenn Etin ce jour proche de la marée de Toussaint l’année de la bataille. La rivière Unius du Connaught rugit au sud de là. Il vit une femme dans l’Unius à Corann, qui se lavait, avec un de ses deux pieds à Allod Echae c’est-à-dire Echumech, au sud de l’eau, et l’autre à Loscuinn, au nord de l’eau. Neuf tresses lâches étaient sur sa tête. Le Dagdae conversa avec elle, et ils s’unirent. ‘Le Lit du Couple’ est le nom de la place depuis lors. La femme qui est mentionnée ici est la Morrigan Lamia. Alors elle dit au Dagdae que les Fomoire aborderaient à Magh Scetne, et qu’il devrait sommer les hommes d’art d’Erin de la retrouver au gué de l’Uinius, et qu’elle irait à Scetne détruire Indech fils de Dé Donann, le roi des Fomoire, et qu’elle le priverait du sang de son coeur et des reins de sa valeur. Or elle donna ensuite deux poignées de ce sang aux troupes qui attendaient au gué de l’Uinius. ‘Gué de la Destruction’ devint son nom, à cause de cette destruction du roi. (Cath Magh Tuireadh)

Alors que la bataille va commencer et que le chef des Tuatha Dé Danann demande à chacun ce qu’il va apporter dans la bataille, la Morrigan répond : “ce que je poursuivrai sera chassé; ce que je frapperai sera détruit; ce que je détruirai sera soumis’. La bataille éclate et les Fomoire sont rejetés à la mer. Après la bataille, elle chante un poème célébrant la victoire et prédisant la fin du monde.

Je ne saurai voir un monde qui me sera cher.
L’été sans floraison,
Le bétail sera sans lait,
Les femmes sans conscience,
Les hommes sans valeur,
Des conquêtes sans roi. […]
Des bois sans mât,
La mer sans frai, […]
Faux jugements des vieillards,
Faux précédents des juges,
Chaque homme un traître,
Chaque garçon un voleur.
Le fils ira dans le lit de son père,
Le père ira dans le lit de son fils,
Chacun sera le beau-frère de son frère. […]
Des temps mauvais!
Le fils trahira son père,
La fille trahira sa mère.

Guerre et Destin

La Morrigan est parfois dépeinte comme faisant partie d’une triade de déesses guerrières : Badb, Nemain et la Morrigan (d’autres noms sont également cités). Les trois ont la capacité de se transformer en corneilles ou en corbeaux. Badb ([baïv], graphie moderne Badhbh) signifie “corneille” ou “vautour”. Elle est parfois appelée Badb Catha, ce qui veut dire “corneille de la bataille” et est souvent mise en parallèle avec la Cathubodua (ou Cathubodva, Catubodua) dont le nom est mentionné sur une stèle gauloise trouvée en Haute Savoie. Apparaissant soit en présage de massacre, soit pour y participer, Badb sème la confusion sur les champs de bataille, assurant la victoire au camp qu’elle a choisi. Le nom de Nemain ([nevan], graphie moderne Nemhain) signifie plus ou moins “poison/venin” ou bien “panique/frénésie” et elle est associée à la furie meurtrière qui caractérise la guerre. Elle possède, tout comme Badb, la capacité de semer la confusion dans les rangs des soldats, faisant s’entretuer les membres d’une même armée.

Il y a au-dessus de sa tête, hurlant,
Une vieille femme maigre et agile, qui vole
Au-dessus des pointes de leurs armes et de leurs boucliers,
Elle est la Morrigu aux cheveux gris.

Voilà la description qui est faite de la Morrigan dans La Bataille de Magh Rath. Elle y apparaît comme une vieille furie qui déverse des malédictions, des grêlons et des averses de feu sur les ennemis de son peuple. La littérature irlandaise dépeint en grand détail les nombreuses batailles qui parsèment les aventures des Tuatha Dé Danann et des Milésiens. La guerre était en effet une activité importante chez les Celtes : les guerriers constituaient l’aristocratie et dominaient une structure tribale où les territoires et le pouvoir étaient liés à la vaillance au combat. Les combats permettaient de délier les petits et les gros conflits. Les guerriers combattaient nus, parés d’or, se peignant parfois le corps avec de la teinture bleue, brandissant des enseignes de guerre constituées de statuettes d’animaux portées sur une longue hampe et faisant le plus de bruit possible pour impressionner l’ennemi.

Le rôle de la Morrigan comme déesse de la guerre n’est pas négatif. Elle agit en tant que protectrice du territoire de la tribu qu’elle défend, assumant aussi le rôle de déesse du destin, car c’est elle qui décide qui doit vivre et qui doit mourir, qui doit perdre et qui doit être vainqueur. Ces deux rôles sont intimement liés à sa véritable nature : elle est la détentrice de la Souveraineté. La royauté irlandaise primitive était de caractère sacré : il est roi parce qu’il s’unit à la déesse Souveraineté, parce qu’il n’a pas de blessure et parce qu’il évite les geasa (tabous) symboliques.

Souveraineté

Divers travaux, dont ceux de Mircea Eliade, ont montré que dans les sociétés primitives, la Fécondité est détenue par le monde des morts, par les ancêtres. Mort et Fécondité sont donc étroitement liés et s’incarnent dans une figure féminine. Ces déesses de fécondité cthoniennes nous renvoient à des périodes nettement antérieures à celles des récits irlandais médiévaux, dans lesquels le motif est largement christianisé (ces figures de femmes y apparaissent comme des tentatrices plus ou moins démoniaques). Du côté positif, la Souveraineté a souvent trois aspects : elle apparaît au héros alors qu’il est seul (souvent près de l’eau), a une nature ou apparence double (se transformant souvent de hideuse à belle), et elle offre au héros une boisson pour lui montrer sa faveur (et parfois pour symboliser l’acte sexuel).
Il y a de nombreuses histoires où un candidat au trône est mis à l’épreuve par une femme qui se transforme de vieille en jeune, de hideuse en belle. Ces rencontres se produisent souvent près de l’eau (élément fertilisant), comme lorsque le Dagda s’unit à la Morrigan.

L’eau : fertilité et prophétie

La Morrigan est associée à l’eau dans de nombreux récits (par exemple : elle s’unit au Dagda près de la rivière Uinnius, elle transforme Odras en mare, elle apparaît à Diarmuid O’Duibne comme une vieille femme essayant de traverser un ruisseau, et elle apparaît à CúChulain sous la forme de la lavandière du gué). L’eau est liée à la fertilité, mais dans la symbolique celte, c’est aussi une frontière magique. L’embouchure des fleuves, les lacs et les gués sont des endroits liminaux où le monde naturel rejoint le monde surnaturel. L’eau est aussi liée à la sagesse et à la prophétie : la Morrigan  est une puissante devineresse dont les prophéties se rapportent généralement à la guerre. Enfin, selon l’eschatologie celte, à la fin du monde, la Morrigan /Babd renversera le chaudron primordial, détruisant tout et faisant disparaître à tout jamais les eaux de la vie.

(Compilation, traduction et adaptation libre de textes anglophones. Article publié le 04/10/10 sur La Caverne de Morrigan, et complété ce jour pour le blog Scáthcraft)

Prophéties de la Morrigan

originellement publié ici le 10/10/2010

Extraits de ‘La Seconde Bataille de Mag Tuired’,
traduction personnelle

section 166

Alors après que la bataille fût gagnée et que le massacre fût nettoyé, la Morrigan, la fille d’Ernmas, entreprit d’annoncer la bataille et la grande victoire qui s’était déroulée là aux hauteurs royales d’Irlande et aux résidents du sid, à ses eaux principales et aux embouchures de ses rivières. Et telle est la raison pour laquelle Badb raconte toujours les hauts faits. « Avez-vous des nouvelles? » lui demanda alors chacun.

« La paix jusqu’au ciel, le ciel descend vers la terre,
La terre est sous le ciel, la force dans chacun;
Une coupe bien pleine, pleine de miel,
La bière en abondance, l’été en hiver;
La paix jusqu’au ciel »

section 167

Elle prophétisa aussi la fin du monde, prévoyant chaque mal qui se produirait alors, et chaque maladie et chaque vengeance; et elle chanta le poème suivant :

« Je ne saurai voir un monde qui me sera cher :
L’été sans floraison,
Le bétail sera sans lait,
Les femmes sans conscience,
Les hommes sans valeur,
L’honneur sera bien court
Des conquêtes sans roi…
Des bois sans mât.
La mer sans frai…
Faux jugements des vieillards.
Faux précédents des juges,
Chaque homme un traître.
Chaque fils un voleur.
Le fils ira dans le lit de son père,
Le père ira dans le lit de son fils.
Chacun le beau-frère de son frère.
Il ne cherchera pas de partenaire hors de son toit…
Des temps mauvais, le fils trahira son père,
La fille trahira sa mère. »

Le texte en irlandais (source)

section 166
Íar mbrisiud íerum an catha & íar nglanad ind áir, fochard an Morrígan ingen Ernmais do táscc an catha-sin & an coscair móair forcóemnochair ann do rídingnaib Érenn & dia sídhcairib, & dia arduscib & dia inberaiph. Conid do sin inneses Badb airdgníomha beus. ‘Nach scél laut?’ ar cách friai-se ann suide.
‘Sith co nem.
Nem co doman.
Doman fo ním, nert hi cach, án forlann,
lan do mil, mid co saith.
Sam hi ngam, gai for sciath, sciath for durnd.
Dunad lonngarg;
longait-tromfoíd fod di uí ross forbiur benna abu airbe imetha.
Mess for crannaib, craob do scis
scis do áss saith do mac mac for muin,
muinel tairb tarb di arccoin odhb do crann,
crann do ten.
Tene a nn-ail.
Ail a n-uír uích a mbuaib boinn a mbru.
Brú lafefaid ossglas iaer errach,
foghamar forasit etha.
Iall do tir, tir co trachd lafeabrae.
Bidruad rossaib síraib rithmár, ‘Nach scel laut?’
Sith co nemh, bidsirnae .s.’
section 167
Boí-si íarum oc taircetul deridh an betha ann beus, & oc tairngire cech uilc nobíad ann, & cech teadma & gach díglau; coníd ann rocachain an laíd-se sís:
‘Ni accus bith nombeo baid:
sam cin blatha, beti bai cin blichda,
mna can feli, fir gan gail.
Gabala can righ rinna ulcha ilmoigi beola bron,
feda cin mes.
Muir can toradh.
Tuir bainbthine immat moel rátha,
fás a forgnam locha diersit
– dinn atrifit-
linn lines sechilar flaithie faoilti fria holc,
ilach imgnath gnuse ul-.
Incrada docredb-
gluind ili, imairecc catha,
toebh fri ech delceta imda dala braith m-c flaithi forbuid bron sen saobretha.
Brecfásach mbrithiom- braithiomh cech fer.
Foglaid cech mac.
Ragaid mac i lligie a athar.
Ragaid athair a lligi a meic.
Cliamain cach a brathar.
Ni sia nech mnai assa tigh.
Gignit- cenmair olc aimser immera mac a athair,
imera ingen …’

le texte en anglais : traduit par Elizabeth A. Gray

section 166
Then after the battle was won and the slaughter had been cleaned away, the Morrigan, the daughter of Ernmas, proceeded to announce the battle and the great victory which had occurred there to the royal heights of Ireland and to its sid-hosts, to its chief waters and to its rivermouths. And that is the reason Badb still relates great deeds. « Have you any news? » everyone asked her then.
« Peace up to heaven.
Heaven down to earth.
Earth beneath heaven,
Strength in each,
A cup very full,
Full of honey;
Mead in abundance.
Summer in winter. . . .
Peace up to heaven . . . »
section 167
She also prophesied the end of the world, foretelling every evil that would occur then, and every disease and every vengeance; and she chanted the following poem:
« I shall not see a world
Which will be dear to me:
Summer without blossoms,
Cattle will be without milk,
Women without modesty,
Men without valor.
Conquests without a king . . .
Woods without mast.
Sea without produce. . . .
False judgements of old men.
False precedents of lawyers,
Every man a betrayer.
Every son a reaver.
The son will go to the bed of his father,
The father will go to the bed of his son.
Each his brother’s brother-in-law.
He will not seek any woman outside his house. . . .
An evil time,
Son will deceive his father,
Daughter will deceive . . . »

separ

UPGSix ans déjà que la Dame a fait irruption dans ma vie, bousculant pas mal de choses dans ma pratique et mes croyances. Au fil de ces six années, un culte assez spécifique s’est développé et je pense qu’il est temps de faire un petit bilan pour résumer tout ça. Comme l’indique l’image ci-contre, ce culte fait partie de mon UPG : il est constitué de mes expériences et découvertes personnelles, pour la simple et bonne raison que les sources archéologiques et mythologiques ne font pas (ou très rarement) mention de la façon dont la Grande Reine était vénérée.

Bases archéologico-historiques

roquepertuse

portique de Roquepertuse (13) et sa reconstitution

Comme indiqué dans cet article, les offrandes aux divinités guerrières incluaient souvent les têtes, les armes et les corps des ennemis tués, ainsi que des chevaux et des offrandes plus communes. Un portail de pierre ou de bois avec des crânes gravés et/ou des niches contenant des têtes (comme à Roquepertuse) signalait ces sanctuaires. En outre, la pratique celte de l’excarnation (les corps étaient offerts aux rapaces et aux charognards) est documentée par des historiens romains et grecs passablement choqués. Il est évidemment inimaginable de transposer ces pratiques dans un culte personnel.

Culte personnel

Prière matinale

Grande Reine, sois dans chaque image que mes yeux voient,
Dans chaque son que mes oreilles entendent,
Dans chaque odeur qui entre dans mes narines,
Dans chaque goût qui passe mes lèvres.

Prière du soir

Grande Reine, le jour s’achève, son travail est fait.
Protège la maison et ceux qui s’y reposent
Cette nuit et toutes les nuits.

Prière mensuelle (Lune Noire)

An Morrígan, je te glorifie, t’honore et t’offre mon hospitalité.
C’est le moment où la Lune est dans l’ombre,
Où j’évalue ce qui a été accompli,
Où je décide quel travail doit être fait.
Grande Reine, guide-moi vers ton choix,
Et soutiens-moi dans mes efforts.

Offrandes (liste non exhaustive)

selon le travail effectué (et la saison) :

– goutte de mon sang, viande crue (porc, sanglier, boeuf, mouton, pas de volaille), proies de Mister S (lézards et insectes), ossements trouvés …

– eau (de pluie, de ruisseau ou de mer, pas du robinet), terre, humus, pierres noires ou rouges (schiste le plus souvent) …

– baie de genévrier, prunelle, baie de lierre, baie de sureau, noisette, cyprès, buis, prunellier, bruyère, fleurs rouges : grenadier, coquelicot, laurier rose (avec des gants car très toxique), fleurs pourpres, fleurs de chrysanthème …

– plumes de corbeau, plumes trouvées (pigeon, pie, moineau, etc), métal rouillé, cuir, tissu rouge, cheveux, …

– préparations culinaires à base de pomme, pomme de terre, cannelle, miel, viande (boudin noir), café, vin rouge, bière brune, whisky …

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