Grande-Ourse


Ajouts du 10 juillet 2016
Ajouts des 15 et 16 Juin 2016
Ajouts du 6 novembre 2016

Le culte de l’ours se retrouve dans de nombreuses religions ethniques nord-eurasiennes et nord-américaines, et il fut peut-être pratiqué aussi loin que le Paléolithique dans les sociétés Néanderthal. Si les archéologues sont partagés sur ce point, il n’en reste pas moins que l’ours fut un des premiers animaux à être représenté par nos ancêtres de la préhistoire.

Chauvet_Hyene_panthere_1Ours tacheté, -25000, Grotte Chauvet, Ardèche
ourschauvetOurs, -25000, Grotte Chauvet, Ardèche
ca_state_prehistoric_artifact_chipped_stone_bear_csp_graphicPierre taillée en forme d’ours, -5000, Carlsbad, Californie

ursamajorDans Dawn Behind the Dawn, l’auteur et historien Geoffrey Ashe introduit le postulat selon lequel les tribus Indo-Européennes ont ramené des pays du Nord l’image d’une déesse-ourse, associée à la constellation de la Grande Ourse, qui est ensuite devenue Artémis en Grèce. Il semblerait que la constellation de la Grande Ourse soit liée au mythe d’une chasse cosmique depuis le Paléolithique supérieur au moins, ce qui expliquerait la présence de cette croyance à la fois en Eurasie et en Amérique du Nord (chez les Algonquins, les Micmacs, les Narragansetts et les Cherokees, qui considèrent aussi ce groupe d’étoiles comme une ourse poursuivie par 3 chasseurs).

Les Daces, Thraces et Gètes, dans la région carpato-danubiano-pontique, considéraient semble-t-il l’ours comme le messager de leurs ancêtres défunts, ou comme l’incarnation de leurs ancêtres. Les Nivkhes de Russie orientale, les Haida d’Alaska et d’autres peuplades d’Asie Centrale considéraient l’ours comme une manifestation terrestre sacrée des ancêtres et des dieux.

Un autel votif du 6e siècle dédié à la divinité-ours Artahe, ainsi que cinq inscriptions, ont été découverts sur la commune de Saint-Pé-d’Ardet, ce qui laisse supposer l’existence d’un culte local.

artaheConcernant la fonction de cette divinité, plusieurs hypothèses ont été transmises par la tradition orale : ce serait un dieu ou une déesse possédant un corps d’homme et une tête d’ours, et qui serait le protecteur/ la protectrice du lac, des eaux, des sources, et par là même de la fécondité et de l’agriculture. La seule donnée avérée à propos d’Artahe est sa signification étymologique : en effet, le nom se rapproche du basque Artz ou du gaulois Artus, qui tous deux signifient ours.

Chez les peuples celtiques.

Le théonyme Artio est attesté par quatre inscriptions, dont la plus célèbre sur une statuette en bronze, datée de la fin du IIème siècle, et mise à jour aux environs de Berne, en Suisse.

artio1La déesse, vêtue à la romaine à côté d’une petite colonne portant une corbeille de fruits, est représentée face à un ours représenté sur ses quatre pattes, tête relevée et gueule entrouverte laissant apparaître deux canines. La sculpture repose sur un large socle rectangulaire, en bronze également, portant l’inscription suivante : Deae Artiono/Licinia Sabinilla, soit “A la déesse Artio/de la part de Licinia Sabinilla”. Son nom, composé de artos (féminin arta), ne signifierait pas l’ourse, mais plutôt celle qui s’occupe des ours, qui dompte les ours. Artio serait donc une déesse patronne des ours, et non une déesse-ourse.

andartaAndarta était une déesse guerrière associée à l’ours, dont le culte était apparemment très populaire chez les Voconces (peuple gaulois qui occupait un territoire conquis sur les Ligures au 4e siècle, réparti sur 5 départements actuels : Drôme, Isère, Hautes-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence, Vaucluse), ainsi que l’attestent les inscriptions votives en son honneur : huit textes sont actuellement répertoriés, tous trouvés dans un périmètre limité à 20 km autour de la ville de Die. Étymologiquement, le nom Andarta semble être d’origine celtique : il se compose du préfixe augmentatif ande, et d’artos, ours (vieil islandais art, gallois arth, breton arz) et signifierait donc “la grande ourse”.

Comme le loup, l’ours, par sa force et son courage, est le symbole de la caste guerrière. Si le monde celtique accorde une importance particulière à l’ours, dont les symboles comme les canines et les griffes sont les attributs des guerriers, l’animal roi est souvent associé au pouvoir et à la souveraineté royale. Chez les indo-européens, l’ours, qui symbolise la classe guerrière, s’oppose au sanglier qui est le symbole de la classe sacerdotale. Maintes traditions indo-européennes (celtes, germaniques, indiennes, grecques), ont traduit sous formes de mythes la révolte des représentants du pouvoir temporel, des guerriers ayant l’ours pour emblème, contre les représentants de l’autorité spirituelle, les prêtres symbolisés par le sanglier.

cannelitoLe symbolisme de l’ours s’articule sur une dualité, qui est à rapprocher du thème de la résurrection : c’est un animal qui hiberne et qui a donc deux facettes. Après une longue période d’inaction semblable à la mort, l’ours émerge victorieux et vivant à 200%, puisque les ourses mettent bas pendant l’hibernation. Par ailleurs, les ours sont liés aux grottes et cavernes, ce qui suggère une association très intime avec la terre. L’ours qui sort de son sommeil souterrain représente la renaissance du soleil au solstice d’hiver. D’un côté, l’ours est un animal tranquille, mais c’est aussi un puissant guerrier. Les traits qui le caractérisent peuvent sembler assez contradictoires. C’est un omnivore qui a une préférence pour les baies. Quand les conditions sont favorables, l’ours est ravi de paresser au soleil, où il peut s’étirer et somnoler à loisir. Toutefois, une grande puissance sommeille sous cette apparence indolente. Malheur à qui provoque sa colère en empiétant sur son territoire. L’ours devient alors un combattant féroce, dont se sont inspirés les scandinaves : en portant des peaux d’ours, les Berserkers cherchaient à s’approprier cette férocité et à s’assurer la victoire.25062011-337

Sources : arctolatry, whats your sign, sacred texts, amayo druid, druidry, tpprovence, mcmahonofmonaghan, wikipedia, celticbearcabinetry, wikipédia,

Au fil de mes recherches et de mes réflexions personnelles, j’ai peu à peu intégré l’image de l’Ours(e) à ma pratique. J’en ai fait un signe de reconnaissance et je l’ai inclus à mon « nom » sous la forme Urksa. urksaPeut-être parce que j’ai grandi non loin des Pyrénées, peut-être parce que j’ai depuis très longtemps les yeux qui observent les étoiles, peut-être parce que la préhistoire me fascine et que le cycle arthurien m’inspire… Ou peut-être parce que tout ça, au lieu d’être la cause, est une conséquence de quelque chose qui est inscrit dans mes gènes. Qu’importent les raisons, finalement, il me suffit de constater la présence grandissante de « l’esprit de l’ours ». Je prends donc le parti de diviniser cet esprit (déjà présent sur mon autel depuis un an sous la forme d’une petite toile), et comme j’ai plus d’affinités avec les déesses qu’avec les dieux, ce sera une déesse-ourse, une Grande-Ourse.

000latenedivsmall10 Siúfain 2016 (15/06) : Quelques ajouts, tirés de l’article sur l’Ours posté aujourd’hui.

L’aspect anthropomorphe de l’ours (des cavernes ou brun), qui s’assoit comme l’humain, et sait marcher sur deux pattes a probablement inspiré de la curiosité chez les premiers humains. On peut comprendre qu’ils l’aient considéré comme un presque-humain, un ancêtre. En même temps, l’ours était un rival avec lequel l’humain devait partager le même biotope : l’ours est omnivore et mange les mêmes choses que l’humain et, comme lui, il niche dans les cavernes et abris rocheux. Les affrontements avec l’ours ont très tôt, sans nul doute, donné naissance au symbolisme de puissance et de souveraineté.
Tout comme on peut raisonnablement conclure qu’en observant l’hivernation de l’ours qui, à l’approche des grands froids, disparaît dans les entrailles de la terre pour n’en ressortir qu’au retour des beaux jours, les humains l’aient considéré comme symbole de renouveau. Peut-être est-ce pour cela qu’ils mêlaient des os d’ours aux dépouilles de leurs morts, en espérant que les défunts renaissent au printemps ?

Les mythologies européennes (auxquelles je me cantonnerai dans cet article) font de l’ours un animal à part : double de l’homme, ancêtre tutélaire, symbole de puissance, de fertilité, de renouveau, du passage des saisons et même roi des animaux. L’ours est à rapprocher de l’homme sauvage, conducteur des âmes, couvert de verdure ou de paille. Capable de prédire le temps, il représente aussi la force vitale et la fécondité, comme le bouc ou le taureau. Il est présent dans un grand nombre d’histoires mythologiques ou folkloriques, souvent mis en scène aux côtés de jeunes femmes qu’il enlève, parfois pour leur faire des enfants dotés d’une force surhumaine.

En Europe du Nord, les anciens Celtes, Germains et Slaves associaient l’ours à des notions de pouvoir et de souveraineté. Non content d’être le roi de la forêt, l’ours était aussi une créature intermédiaire entre le monde des bêtes, celui des hommes et des dieux.

000latenedivsmallTrouvaille supplémentaire, un livre qui, hélas, n’est plus publié : The Cavern’s Wise-Woman : The Bear Goddess, de Annie Welch, dont j’ai malgré tout réussi à trouver quelques extraits (ici). Pas mal d’éléments, dans ce que j’ai lu, correspondent plutôt bien à mon ressenti de Grande-Ourse, avec qui je fais peu à peu connaissance.

Extraits traduits :

Elle porte des peaux d’ours et possède un bâton tordu, avec ses autres symboles, le marteau et la hache, la flèche, ainsi que le bol toujours plein sur ses genoux. (…) Arta connaît la nature de toutes les choses, et comment elles sont liées les unes aux autres. Elle parle à toutes les pierres, arbres, minéraux, animaux et métaux. En premier lieu, c’est une Mère, qui donne et prend la vie, pour équilibrer toute chose. (…) C’est une déesse des lieux sauvages, ces sentiers oubliés et sombres dont on ne parle plus. On ne la trouve pas près des villes, ou des routes connues. (…) Son bâton, tordu, abimé et un peu brûlé est auprès d’elle. Il anime les saisons, attise les feux, c’est un sceptre de la mémoire, et un symbole d’autorité. (…) Elle est la puissante chasseresse, la rusée, et la Dame des Bêtes. La flèche n’est pas seulement une représentation de la chasse, mais la concentration acérée de son attention et de sa magie. (…) C’est une déesse de la ferronnerie, bien qu’elle ne soit pas à strictement parler un forgeron. Le cuivre de ses bijoux et ornements, l’un des premiers métaux à être forgés dans l’histoire humaine, est appelé dans de nombreuses cultures Or de l’Ours. Le lien historique entre la magie et le travail du métal est ancien. Les premiers forgerons sont souvent considérés comme des shamans ou des mages. (…) Son marteau à tête courte est utilisé pour former les cavernes, les montagnes, et en brisant les roches pour les mettre en forme, pour révéler les métaux précieux à l’intérieur. (…) Parler aux esprits et supprimer les maladies spirituelles fait aussi partie de son grand répertoire; de même qu’elle est déesse de la magie et des rituels. (…) Les forgerons et les guérisseurs ne sont pas les seuls à plonger dans sa caverne. Les guerriers aussi portaient la peau d’ours (bar sark ou chemise d’ours), et jetaient leurs haches dans la bataille, relevaient le défi des ténèbres de sa caverne pour apprendre les secrets du combat et de la survie. (…) Dans sa caverne il y a un feu. Elle peut faire de nombreuses choses avec son feu, réchauffer les os et la chair refroidis, cuisiner des recettes de guérison, fondre les roches pour révéler les métaux, révéler les ennemis menaçants qu’un guerrier doit affronter, ou illuminer les vieilles peintures qui dansent sur les murs de sa caverne. Elle fait partie des rares qui savent comment collecter les os, et ramener la créature à la vie par un chant sacré. (…) Et pareillement, elle est aussi de ceux qui connaissent les étoiles. Elle comprend leurs mouvements, leurs présages et leurs influences sur le monde, et elle peint leur rôle sur ses murs couverts de suie. Elle est profondément enracinée dans les constellations Ursa Major et Ursa Minor. (…) C’est elle qui aide l’ordre naturel des choses, de l’hiver au printemps, de la mort à la vie, et de la glace au vert luxuriant. (…) Elle n’est pas une déesse du destin, mais elle connaît intimement la toile de la création, et y navigue délibérément lorsqu’elle fait sa magie. En outre, elle est aussi guide des rêves, dans ce que beaucoup appellent le Temps du Rêve. (…) N’oublions pas son aspect d’abondance. Elle donne et bénit les siens avec la fertilité (pas seulement du corps, mais aussi de l’esprit et de l’âme). Un autre des symboles qu’elle porte est le bol qui n’est jamais vide, et jamais hors d’atteinte, mais sur ses genoux, ouvert. (…) L’ours n’est pas seulement un animal lunaire, mais aussi solaire avec le soleil qui perd sa force quand l’ours quitte ce monde pour entrer dans sa torpeur hivernale. Et lorsque l’ours se relève au printemps, la lumière est répandue sur le monde, et tout revient à la vie. (…) Arta a de nombreux mots qui la définissent : guérison, savoir, mémoire, force, pleine de ressources, courage, dévotion, douceur, compréhension, maternelle, protectrice, et bien d’autres. (…) Elle est l’intermédiaire entre la croissance, la mort, la renaissance, la destruction, et la re-création. Elle est l’équilibre des contraires. (…) Elle peut être sauvage d’un point de vue occidental, effrayante et dévastatrice dans son pouvoir et l’entièreté de son étreinte. (…) Les couleurs d’Arta sont très simples : le gris et le rouge est ce que j’utilise personnellement. Le gris pour ses enseignements de sagesse, d’humilité, d’intemporalité, d’esprit pratique, de fiabilité de maturité et de solidité. Le rouge est pour la stimulation de l’esprit, du corps et de l’âme, son feu, sa concentration, sa force, la vie, comme les symboles du sang et du feu symbolisent aussi la vie et la vitalité.

000latenedivsmall6 Eacha (10 juillet)

Offrandes de nourriture : racines, herbe (jeunes pousses), fruits charnus (pommes, pêches, cerises, raisins, melons, pastèques), fruits secs (noisettes, amandes, noix, glands), insectes (fourmis, larves diverses, guêpes), viande (poulet) & poisson (saumon et poissons de rivière), miel, champignons, baies (mûres, framboises, sureau noir, salsepareille, cassis, groseilles) + nourriture humaine
Offrandes diverses : cuivre, silex, malachite…

000latenedivsmall7 Samhain (6 novembre)

Dates et célébrations

Chrensós (chaleur estivale) : accouplement – Bealtaine année 1
Kesdōsen (retraite d’automne) : tanière et dormance – Samhain année 1
Sūtus (naissance) : Imbolc année 2
Knōwesrn (apparition de printemps) : sortie tanière  – Uarain année 2
Kesdōsen : tanière et dormance – Samhain année 2
Knōwesrn : sortie tanière – Uarain année 3.
Dertis (séparation) : émancipation oursons – Uarain année 3.

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