L’Aubrac, les Rutènes, etc…

Généralités

orguesverlacL’Aubrac est un haut plateau volcanique et granitique situé au centre-sud du Massif central. Il est bordé au nord-ouest par les monts du Cantal, à l’est par la Margeride et au sud par les plateaux calcaires des Grands Causses. 4bcj1-aubrac_carte_relief_copieLe massif culmine au sud à 1 469 m au signal de Mailhebiau. C’est un massif volcanique relativement ancien (6 à 9 millions d’années) qui prend la forme d’une échine basaltique allongée (30 km de long), de direction nord-ouest/sud-est, surmontant un haut plateau granitique qui a été recouvert d’une grande calotte glaciaire (500 km2 et 200 m d’épaisseur) à l’ère quaternaire, à 3 reprises (glaciations de Mindel, de Riss et de Würm). Les glaciers ont laissé des marques visibles un peu partout.

aubracvacheL’essentiel de l’agriculture en Aubrac se concentre sur l’élevage bovin. La race locale Aubrac est prédominante a été sauvée de l’extinction à la fin des années 1970, où on s’aperçut qu’elle disposait de qualités irremplaçables (rusticité, fécondité, longévité) et que sa viande était d’une très grande qualité.

LesrajasDans la documentation historique, Aubrac est mentionné sous les formes Altobraco, Albracum, Albrac et même Auborac en occitan. Le second élément -brac est peut-être issu du gallo-roman BRACO, attesté dans une glose, et qui procèderait lui-même du gaulois *bracu. Il signifie « endroit humide, boueux ».

aubrac1L’Aubrac était à la lisière du territoire des Rutènes et de celui des Gabales, dont la capitale était Anderitum (de ande « sous » ou « devant » et rito- « gué »). Au Bas Empire, la cité prend le nom du peuple civitas Gabalorum, d’où Javols par évolution phonétique. Plus tard, le pagus Gabalorum donnera également son nom au Gévaudan.

lac-saint-andeolUn des sommets de l’Aubrac, connu sous le nom de Mont Hélanus, est bordé par un lac, aujourd’hui appelé lac de Saint-Andéol, où, selon Grégoire de Tours, les habitants se réunissaient chaque année pendant quelques jours, y faisant ripaille et jetant des offrandes au dieu du lac. Sous Charlemagne, les prêtres substituèrent un saint au dieu païen et la pratique dura jusqu’à la fin du 19e siècle où elle fut interdite.

Marc-Antoine_Charrier1789À l’instar d’une partie de l’ouest de la France, l’Aubrac s’est opposée à la Révolution française en la personne de Marc Antoine Charrier, notaire à Nasbinals, qui leva à l’époque une petite armée de paysans très attachés à la religion catholique pour lutter contre les révolutionnaires. Cette insurrection populaire ne dura que quelques mois. Marc-Antoine Charrier finit guillotiné à Rodez en août 1793.

Avec l’arrivée du chemin de fer dans le Massif central vers 1880, l’exode rural va s’intensifier. Les habitants de l’Aubrac et du nord-Aveyron sont nombreux à émigrer à Paris, où ils se spécialisent dans le commerce du charbon puis dans celui du vin et de la limonade (les Parisiens les surnomment les bougnats). Certains connaîtront une réussite exceptionnelle à l’image de Marcellin Cazes (Brasserie Lipp) ou Paul Boubal (Café de Flore).

Côté personnel (et même très personnel)

La totalité de la branche généalogique que j’ai réussi à développer (grand-mère maternelle) est originaire de l’Aubrac, et ce sont ces ancêtres-là qui m’ont permis de comprendre en quoi consiste le « culte des ancêtres » de la pratique celte. Je l’ai déjà évoqué brièvement, mais je suis désormais convaincue que cette branche généalogique remonte aux Rutènes et aux Gabales (je ne suis remontée que jusqu’au 16e siècle, mais puisqu’il n’y a eu aucun déplacement des familles de 1530 à 1945, il est logique de penser que la souche Aubrac était très fermement enracinée dans ce territoire bien précis). Les « contacts » que j’ai pu établir avec certains de ces ancêtres, globalement, montrent par ailleurs une ouverture vis à vis de mes demandes (me faire ressentir le lien du sang et me transmettre une partie de leur « caractère » – je n’entre pas dans les détails, car on touche là une sphère très personnelle). Parmi les ancêtres « lointains » (ceux que je n’ai jamais connus en chair et en os) qui ont répondu à mes appels, tous ont clairement mis en avant « l’esprit de clan », l’importance de savoir de quelle famille/tribu on descend.

Cette importance de la famille, j’ai grandi avec, car ma mère et ma grand-mère l’ont toujours mise au premier plan, mais je ne la comprenais pas, au point de la rejeter catégoriquement. Ça a été l’occasion de longues discussions avec Maman quand j’étais ado (ces discussions qui duraient jusque tard dans la nuit ou tôt le matin) mais malgré ça, je ne comprenais pas les efforts que Maman faisait pour que la famille (au sens large, oncles, tantes, cousins etc) reste unie malgré les tempêtes, je ne comprenais pas les compromis que je jugeais hypocrites (genre « oui, Machin est un **nard, mais c’est ton oncle alors tais-toi et supporte-le« ). Pendant toute mon enfance et mon adolescence, j’ai « subi » (car c’était, pour moi, une vraie corvée) les repas de famille deux fois par mois. Puis j’ai fui en Angleterre, en partie pour tenter d’échapper (la distance était une bonne excuse) à ces obligations étouffantes. Malgré tout, chaque fois que je revenais « à la maison », à chaque période de vacances (Noël, février, Pâques, été, Toussaint), il m’était impossible d’échapper aux réunions de famille, car même si elle respectait mes choix, Maman me faisait sentir sa désapprobation (pas par des reproches, mais par un regard triste auquel je n’ai jamais su dire non… comme si elle avait le sentiment d’avoir échoué, de n’avoir pas su me transmettre cet amour de la famille).

Lorsqu’elle est partie, suivie de près par ma grand-mère et par mon oncle (comme si, effectivement, elle était la pierre de voûte du clan, ce dont je ne doute plus aujourd’hui), les restes de liens familiaux se sont très vite désintégrés. J’ai pris la décision de rompre tout contact avec le reste de la famille, en dehors de mon père (en même temps, c’est déjà bien suffisant blurp). Je ne le regrette pas. Mais le travail avec les ancêtres (dont Maman qui, encore aujourd’hui, me fait sentir que « c’est dommage » d’avoir rompu le lien) et la découverte de ma « souche Aubrac » m’ont donné des clés pour comprendre.

La famille et les liens du sang sont la base du clan, ce qui m’avait toujours gênée, car pour moi, il y avait là-dessous des relents de xénophobie (ces mêmes relents pestilentiels que l’on retrouve, parfois -trop souvent à mon goût- dans certains groupes qui se disent celtisants). Seulement voilà, c’est un peu plus compliqué, car le sang seul ne fait pas l’appartenance au clan. L’honneur a autant d’importance que le sang : on peut être du même sang mais ne pas appartenir au clan (le déshonneur entraîne l’exclusion du clan, et l’exil, par la même occasion), et on peut appartenir au clan sans être du même sang (et sans même s’unir à une personne du clan, simplement en faisant preuve d’un honneur irréprochable).

En termes clairs : l’esprit de clan n’a absolument rien à voir avec la « race » (mieux encore, mes Ancêtres humains ont accepté sans hésiter mes « Ancêtres animaux », qui ne sont pas de la même espèce!). Le lien qui unit les membres du clan est physiologique (le sang), spirituel (l’honneur) ou les deux. A partir de là, les considérations raciales avancées par certains sont à côté de la plaque. Il n’y a pas besoin d’avoir des ancêtres nés dans le clan Z depuis x générations pour faire partie du clan Z. Et même si on naît dans le clan Z par le sang, on peut très bien en être exclu si on ne respecte pas le code d’honneur du clan Z (code d’honneur qui, soit dit en passant, inclut l’hospitalité, vous savez, le fait d’accueillir sans arrière-pensée un « étranger »…whistle).

Rutènes et Dolmens de l’Aveyron

Avarius est le nom antique de l’Aveyron, rivière affluente du Tarnis (Tarn). Son nom apparaît pour la première fois sous la forme Auarionis (de avarona, qui signifie « petite rivière » ; le proto-celtique donne awarā pour « rivière »).

La colonisation celte commence avec les migrations de l’âge du fer, entre les 8e et 6e siècles avant notre ère. Les Rutheni (Rutènes ou Ruthènes) prennent alors possession de la contrée qui s’étend des montagnes de l’Aubrac aux causses du Larzac, de la Montagne Noire et des basses plaines du Tarn et de l’Agout aux Cévennes et au Gévaudan. Sous l’occupation romaine, leur zone d’influence se scinde en Rouergue et Albigeois. Nation puissante, les Rutènes avaient trois cités principales : Segodunum (Rodez) ; Condatemago, ville du confluent (près de Millau), et Carentomago (Caranton). Depuis, les frontières du Pagus Rutenicus des Gaulois sont demeurées quasiment inchangées.

En extrapolant le poète Lucain, on interprète souvent leur nom comme venant d’un préfixe *roth/*rud qui signifie rouge (ou blond) en gaulois (ruath, en gaélique irlandais). Cette appellation viendrait de l’habitude qu’avaient les Gaulois de se teindre la chevelure. Mais il pourrait, selon certains, se rapporter à la présence chez eux de nombreuses rivières.

sources : wikipedia Portail Aveyron, arbre celtique.com rutenes, arbre celtique avarius, wikipedia Rutènes, wikipedia Segodunum, maison12.canalblog, c.barret aveyronnais, aveyron histoire.
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en rouge/rose le territoire des Rutènes ; en bleu celui des Volques Tectosages de l’Hérault

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carte actuelle de l’Aveyron et de l’Hérault

petite carte pour situer les lieux de naissance de mes ancêtres aveyronnais

petite carte pour situer les lieux de naissance des 93 ancêtres aveyronnais que j’ai pu trouver (le plus ancien est né vers 1599 à St Geniez d’Olt)

Et les mégalithes, alors ?

crassous2Le département de l’Aveyron compte environ mille dolmens et une soixantaine de menhirs, ce qui en fait la plus grande concentration d’Europe. 90% de ces mégalithes sont en calcaire et sont implantés sur les hauts plateaux (les Causses).

galitorte_buzeinsLes sites sont souvent moins grandioses que ceux de l’ouest de la France, le calcaire utilisé étant souvent de qualité médiocre. Au fil des millénaires, beaucoup de ces monuments préhistoriques sont donc tombés en ruine, mais il reste quelques dolmens imposants, qui supportent de tables de couverture de près de 20 tonnes.

rodelle2Les dolmens se trouvent pour au moins 98% sur les plateaux calcaires du Larzac, le causse de Saint-Affrique, le causse Noir, le causse de Séverac, le causse Comtal. Le plan des dolmens aveyronnais est le plus souvent simple, constitué d’une chambre encadrée de dalles et couverte par une table.

navas2Des dolmens à couloir droit (souvent en pierres sèches comme en Languedoc) ou en forme de coude sont présents en nombre restreint. Les dolmens construits avec des dalles de granit ou de grès sont très rares, quelques dizaines d’exemplaires tout au plus dans le sud du département. Avec 91 dolmens recensés, Salles-la-Source demeure probablement le point névralgique des dolmens en Aveyron et en France.

mh_vessacEn ce qui concerne les menhirs, il y en a une cinquantaine dans cette région. Pour la grande majorité, ils sont extraits du calcaire local et se rencontrent surtout sur le causse du Larzac et le causse Noir. Les plus grands sont le menhir planté de Vessac avec 4m de haut et celui de la Plaine des Baldits avec 5m de long (il est couché sur le sol).

Les statues-menhirs

Abîmées depuis leur érection (entre -3500 et -2000), les statues-menhirs représentent symboliquement des hommes et femmes. L’Aveyron en compte 130, parmi lesquelles la « Dame de St-Sernin-sur-Rance », découverte en 1888. Les statues d’Aveyron, souvent très belles et bien sculptées (en moyenne 1m à 1.70m de haut), auraient été l’oeuvre de la culture des Treilles.

sm_stserninElles sont taillées pour la plupart dans le grès du sud du département. Elles sont très souvent complètes, présentant la tête (yeux, nez et éventuellement tatouages ou scarifications au niveau des joues) mais sans la bouche (sauf sur 3) ni les oreilles. La chevelure et parfois un catogan sont représentés dans le dos. Le corps est représenté avec les bras et mains détaillés, les jambes et les pieds.

On distingue 2 types de statues-menhirs : les statues masculines portent sur le devant un objet, peut-être un poignard en silex ou en cuivre avec son étui, porté en bandoulière par dessus l’épaule. Les statues féminines ont un objet en Y au niveau du dessous du cou, certainement d’un collier de perles ou d’amulettes comme ceux trouvés dans des grottes sépulcrales ou des dolmens.

statuesmenhirs

sources : dolmen3, ladepeche, aveyron, statuemenhir 1, statuemenhir 2, statuemenhir 3, statuemenhir 4

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