La Magie, les attentes et l’état d’esprit (reblog)

Précédemment publié le 29/06/2011 sur La Caverne (blog désactivé)

Beaucoup de gens se tournent vers la Magie quand aucune autre solution ne leur semble possible. C’est logique, dans un sens, puisque la société dans laquelle nous vivons relègue la Magie au rang de superstition. Du coup, lorsqu’on est désespéré, lorsqu’on a essayé mille solutions logiques qui n’ont pas fonctionné, on se tourne, en dernier recours, vers l’occulte. Seulement voilà, l’idée que beaucoup de gens se font de la Magie est fausse (et ceux qui tentent de vous faire croire le contraire sont des charlatans ou pire) : on ne peut pas résoudre tous les problèmes d’un coup de baguette magique, ou avec un rituel (que, personnellement, je préfère appeler sort, car le mot rituel, pour moi, est plus spirituel).

Donc parlons clairement : qu’est-ce que la Magie ? C’est l’effet de la volonté du mage (celui/celle qui pratique la Magie) sur les énergies qui l’entourent.

Pour prendre un exemple plus concret, les énergies sont comme un balancier de Newton. Un certain équilibre fait que les billes du balancier sont en apparence immobiles jusqu’à ce que j’imprime un mouvement à une des billes. Ce mouvement se transmet d’une bille à l’autre : mon action entraîne une réaction, parce qu’elle modifie l’équilibre de départ. En Magie, c’est pareil : ma volonté (le seul outil qui soit absolument indispensable) modifie l’équilibre des énergies qui m’entourent, elle imprime un mouvement à ces énergies et ce mouvement va se transmettre et se transformer en effet.

La différence, c’est que, contrairement aux billes du balancier de Newton, les énergies ne sont pas tenues par des fils. Pour garder mes billes comme exemple, l’effet d’un sort magique serait plutôt comparable à ce qui se passe sur un billard… Mon action va entraîner toute une série de mouvements aux énergies. A force d’entraînement et de pratique, on peut prévoir ces mouvements, comme un joueur de billard expérimenté sait comment les billes vont réagir à son coup. Ceux d’entre vous qui ont déjà joué au billard (ou observé des joueurs) savent que selon l’endroit où le joueur frappe la bille (en haut, en bas, à droite, à gauche), le mouvement imprimé ne sera pas le même, et le résultat des réactions en chaîne sera complètement différent. C’est exactement la même chose en Magie, et c’est là que les problèmes arrivent…

Car l’état d’esprit du mage, au moment de pratiquer son travail magique, est extrêmement important et va influencer grandement le résultat. Prenons deux mages d’expérience égale pratiquant le même sort. L’un est dans un état d’esprit positif (serein, concentré, sûr de lui), l’autre dans un état d’esprit négatif (perturbé, angoissé, hésitant). Que croyez-vous qu’il va se produire ? Pensez-vous que les deux sorts auront le même résultat ? Il est évident que celui qui est dans un état d’esprit négatif a moins de chances que son sort fonctionne dans le sens souhaité que son compère. A partir de là, il est facile de comprendre pourquoi les sorts faits lorsqu’on est stressé, perturbé par un problème, fatigué ou autre ont une fâcheuse tendance à ne pas avoir les effets escomptés (ou pire, à tourner au vinaigre). Il est capital, dès l’instant où on décide de faire un travail magique, d’utiliser en premier lieu sa volonté pour se mettre dans un état d’esprit propice au bon déroulement de la tâche qu’on a choisi d’accomplir. Un mage perturbé, stressé, fatigué et hésitant n’est pas en état d’accomplir son travail magique. Et je vais plus loin : s’il n’est pas capable d’agir sur son propre état d’esprit, comment peut-il espérer agir sur les énergies ?

Je considère depuis toujours que la Magie ne doit pas être utilisée à la légère, car il ne faut pas se leurrer, tout acte magique a des conséquences multiples et complexes (c’est pour ça que la comparaison avec le billard me semble plus qu’appropriée). Il me paraît donc plus que nécessaire, avant d’entreprendre un travail magique, d’utiliser sa volonté pour s’auto-contrôler. La plupart du temps, ce travail va apporter les effets les plus bénéfiques : le désamorçage de ses propres énergies négatives, la focalisation sur ce qui est véritablement prioritaire, l’acceptation des désagréments secondaires, qui vont permettre (ou du moins aider) une reprise de contrôle de la situation. Et, souvent, lorsque cette reprise de contrôle a lieu, on s’aperçoit que le recours à la Magie n’est pas forcément nécessaire, qu’il y a d’autres moyens d’agir sur la situation.

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Les Corbeaux de la Tour de Londres

Précédemment publié le 29/10/2010 sur La Caverne (blog désactivé) (mis à jour 02/06/2017)

La Tour de Londres a toujours été un des mes endroits préférés dans la capitale britannique (malgré les longues files d’attente pour y entrer), non pas pour les Joyaux de la Couronne qui y sont exposés (faut aimer le bling-bling extrême, ce n’est pas mon cas), mais parce que, d’une part, la Tour Blanche date de l’époque de Guillaume le Conquérant (1066) et ses pierres portent toute l’histoire du lieu, et d’autre part, parce que la légende des corbeaux de la Tour de Londres est si importante pour les Anglais que le gouvernement britannique pourvoie à l’entretien d’une demi-douzaine de corbeaux. Cette légende, je l’avoue, m’a toujours fascinée (bien avant que je fasse la rencontre de la Dame), et chaque fois que j’ai visité (et fait visiter) la Tour, je n’ai pas manqué de chercher les corbeaux et de raconter leur légende.

Le corbeau est mentionné dans les légendes celtiques, où il est associé à la Morrigan, mais aussi au fils du dieu la mer, Bran Fendigaid (‘Bran’ signifie Corbeau).

La légende des corbeaux de la Tour fut mise en place, principalement, par le chroniqueur médiéval Geoffrey de Monmouth, qui relata de nombreux mythes et légendes gallois. En 1136 Geoffrey de Monmouth écrivit Historia Regum Britanniae (Histoire des Rois de Bretagne).

Dans ce livre, il mentionne un ancien roi britannique, Bran Hen de Bryneich (né vers 485), tué à la bataille, et qui aurait demandé à ce que sa tête soit enterrée, comme talisman contre les invasions, à Gwynfryn (la Butte Blanche), lieu où la Tour de Londres se tient aujourd’hui.

En référence à ce Bran, le roi Charles II décréta qu’au moins 6 corbeaux devaient être gardés à la Tour à tout moment, pour empêcher les désastres : l’Observatoire Royal était situé dans la tour nord-est de la Tour Blanche, et John Flamsteed, l’astronome, se plaignit au roi du fait que les corbeaux gênaient ses observations.

Le roi ordonna leur destruction, mais on lui répondit que si les corbeaux quittaient la Tour de Londres, la Tour Blanche s’effondrerait et qu’un désastre frapperait l’Angleterre. Ne voulant pas tenter le sort en s’opposant à une ancienne légende, Charles II changea d’avis et décréta que les corbeaux devaient être protégés.

Gripp et Jubilee, mangés par un renard en 2013, ont été remplacés par des homonymes.

Par respect pour la légende et pour le décret de Charles II, il y a toujours au moins six corbeaux logés à la Tour de Londres. Chacun peut être identifié par une bague de couleur.

Un Yeoman Warder (nom des gardes de la Tour) tient le rôle particulier de Ravenmaster et s’occupe de les nourrir et de les soigner. Pour les empêcher de s’enfuir, les plumes d’une de leurs ailes sont coupées, ce qui déséquilibre leur vol, de sorte qu’ils ne vont pas bien loin de la Tour.

Le Ravenmaster (sa page FB) actuel, Chris Skaife, a réduit d’un tiers la coupe des plumes rémiges primaires, ce qui fait que les corbeaux peuvent désormais voler jusqu’au sommet de la White Tower (alors que jusqu’à présent, ils ne pouvaient que voleter – ce qui a coûté la vie à Gripp et Jubilee, en 2013 puisqu’ils n’ont pas pu échapper au renard qui les a attaqués). (article du Telegraph)

Les corbeaux Odin et Thor, deux frères, avaient l’habitude d’imiter la voix du Ravenmaster, en vocalisant des ‘Bonjour’, ‘Allez, viens’, ‘Où est le mien?’. Ces deux oiseaux sont morts en 2003. On a pu observer, à la Tour de Londres, que lorsqu’un des membres du groupe meurt, les autres corbeaux lui font des ‘funérailles de corbeau’ : 24 heures de croassements.

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Glastonbury (reblog)

Précédemment publié le 27/09/2010 sur La Caverne (blog désactivé)

Je sais que j’en ai déjà parlé ailleurs auparavant, mais je ne peux pas m’en empêcher. Les lieux que je vais décrire ici m’ont tellement marquée que j’ai besoin d’y retourner périodiquement, au moins en images et en mots, faute de pouvoir m’y rendre physiquement. Comme j’aime à le dire, la moitié de mon âme est restée à Avebury, et mon cœur est toujours à Avalon…

Glastonbury, l’ancienne Avalon, est une petite ville du Somerset, en Angleterre, à 50km au sud de Bristol. Avec ses 10.000 habitants, cette ville attire, depuis le début du 20e siècle, nombre de visionnaires, d’occultistes, d’artistes, de musiciens, de guérisseurs, et les ‘alternatifs’ forment aujourd’hui 30% de la population. C’est un centre spirituel multiconfessionnel où se retrouvent Protestants, Catholiques, Spiritualistes, Bouddhistes, Chamans, Prêtresses de la Déesse et bien d’autres esprits libres.
Mais qu’a donc cette ville de si attirant ? Qu’est-ce qui fait que tant de gens s’y rendent en pèlerinage ?

On trouve à l’ouest de Glastonbury, les Somerset Levels, une terre de marécages en grande partie asséchés, pourvue de plusieurs grandes réserves naturelles. Glastonbury se tient sur une île, ou plutôt un isthme, l’Ile d’Avalon, surplombée par le Tor, une colline sacrée. Jusqu’en 1620, où les Levels furent drainés, Avalon était isolée, un endroit à part. Bien avant l’époque chrétienne, Avalon était le foyer d’un collège druidique et elle abritait un des trois chœurs perpétuels d’Angleterre comme le mentionnent les Triades Celtiques (les deux autres étaient sur les îles d’Anglesey et d’Iona).

A Beckery, à l’ouest de Glastonbury, une petite butte (à droite de la photo, devant la colline de Wearyall) dénommée Bride’s Mound est, selon la légende, l’entrée occidentale d’Avalon, où les pèlerins passaient une nuit de veille avant d’entreprendre le chemin processionnel vers Avalon et le Tor. Bride’s Mound semble avoir conservé cette fonction lors de la transition vers la période chrétienne.

Venons-en aux chrétiens, justement. D’après la tradition, en 37 après JC, Joseph d’Arimathie, un Essénien qui avait offert sa tombe à Jésus, vint se réfugier à Glastonbury après la Crucifixion. Il débarqua à Wearyall Hill, où il planta son bâton, qui prit racine et devint un arbre (il y a plusieurs aubépines sacrées à Glastonbury, rejetons de l’arbre de Joseph, les plus célèbres étant à Wearyall Hill -sur la photo- et dans l’Abbaye. Elles fleurissent début Janvier et portent à la fois leurs fruits et leurs fleurs, évoquant ainsi un symbole puissant : la vie et la mort en même temps).

Or, les Celtes avaient un dieu nommé Esus qui mourait et revenait à la vie. Quand ils entendirent Joseph parler de Jésus, ils firent le rapprochement avec Esus et offrirent à Joseph une partie d’Ynys Witrin. Joseph et ses 12 compagnons y construisirent la première église chrétienne d’Angleterre. La Chapelle St Mary, le point le plus occidental de l’Abbaye, marque le site de l’église originelle de Joseph.

Parmi les ‘célébrités’ venues à Glastonbury, il est mentionné dans les écrits de William de Malmesbury et de John de Glastonbury que Ste Brigid de Kildare aurait visité Glastonbury en 488, et qu’elle aurait passé du temps à Bride’s Mound, où, selon la tradition, il y avait un sanctuaire en bois dédié à Marie Madeleine. Deux chapelles de pierre furent par la suite dédiées à Ste Brigid, construites successivement à l’endroit où le sanctuaire de Marie Madeleine se tenait.


Située dans un parc de 15 hectares au coeur de la ville, l’Abbaye de Glastonbury est, d’après la tradition, le premier sanctuaire chrétien de Grande Bretagne. Historiquement, une communauté de moines était déjà établie à Glastonbury lorsque le Roi Ine de Wessex demanda à ce qu’une église en pierre soit construite en 712, dont les fondations forment la partie la plus occidentale de la nef. L’église fut agrandie au Xe siècle par l’Abbé de Glastonbury, St Dunstan, qui devint Archevêque de Canterbury en 960. Lors de la conquête normande en 1066, la richesse de Glastonbury en fit un prix de premier choix. Le nouvel abbé normand, Turstin, fit agrandir l’église, en construisant à l’est de la vieille église saxonne. En 1086, l’Abbaye de Glastonbury était le monastère le plus riche du pays. Au XIIe siècle, la nef fut rénovée afin d’accueillir les messes, tandis qu’était construite la nouvelle grande église. D’après le chroniqueur Giraldus Cambrensis, en 1191, l’abbé Henry de Sully ordonna des fouilles, et découvrit, à 5 m de profondeur, un tronc creux qui contenait deux squelettes : un homme de grande taille et une femme dont les cheveux blonds étaient intacts jusqu’à ce qu’on les touche. Au-dessus, sous la pierre de couverture, se trouvait une croix de plomb portant l’inscription « Hic jacet sepultus inclitus rex Arthurus in insula Avalonia » (Ci gît le célèbre Roi Arthur enterré sur l’Ile d’Avalon). Les pèlerinages, évidemment, furent relancés par cette découverte et, un siècle plus tard, les ossements furent placés dans des cercueils et transférés dans une tombe de marbre noir au pied du maître autel de la grande église. Ils y restèrent jusqu’à ce que l’Abbaye soit pillée et vandalisée en septembre 1539, pendant la Dissolution des Monastères.

Le Tor de Glastonbury est une colline en forme de larme qui porte une tour sans toit, la Tour St. Michael. Le mot ‘tor’ est un terme local, d’origine celtique, qui signifie ‘colline conique’. Le Tor a une situation frappante au milieu de la plaine. Avant que les Levels ne soient asséchés, le Tor s’y dressait comme une île. De nos jours, c’est une péninsule entourée sur trois côtés par la rivière Brue.

Le Tor est ancien, l’archéologie moderne et le folklore sont d’accord sur ce point. Des outils de la période néolithiques ont été retrouvés au sommet du Tor, et des traces d’occupation à l’Age Sombre autour de ce qui serait plus tard l’église St. Michael : bases de poteaux, deux foyers incluant une forge, deux tombes orientées nord-sud, des fragments d’amphores et une tête de bronze creuse qui aurait pu couronner un bâton saxon.

Le sommet du Tor fut aplani au Xe ou au XIe siècle pour y bâtir une église de pierre, ce qui a éliminé la plupart des traces archéologiques des périodes antérieures. Auparavant, il y avait apparemment une retraite monacale au sommet du Tor, probablement fondée au milieu du Ve siècle. Au début de XIIe siècle, une chapelle St Michael de Torre fut édifiée. Le 11 Septembre 1275, un tremblement de terre détruisit l’église St. Michael. Une autre église fut construite en 1323, qui survécut jusqu’à la Dissolution des Monastères en 1539. Les ruines de la Tour St. Michael furent restaurées à l’époque moderne.


Un chemin terrassé forme une spirale autour du Tor. Bien qu’il soit aujourd’hui très abîmé, on peut encore le suivre. Des études scientifiques estiment qu’il a pu être tracé il y a 4 ou 5000 ans, à peu près à la même époque que l’édification de Stonehenge. Geoffrey Russell et Geoffrey Ashe ont avancé l’idée que les terrasses du Tor seraient les restes d’un labyrinthe néolithique, un chemin cérémoniel dédié à l’ancienne Déesse britannique.

En tant que structure religieuse comparable à Silbury, le labyrinthe, s’il est confirmé, pourrait avoir une portée dans le débat concernant la religion néolithique centrée sur le culte d’une grande Déesse ou Déesse de la Terre Mère. Il a été noté que le profil des collines de Glastonbury, vues d’un certain angle, évoque une silhouette féminine en train d’accoucher, avec le Tor formant le sein gauche. D’autre part, les représentations anciennes de déesses montrent occasionnellement des lignes concentriques autour ou sur leurs corps.
Quoi qu’il en soit, la théorie avance qu’il y aurait eu à une époque sept chemins encerclant complètement le Tor le long de terrasses continues. L’érosion par le climat, par le piétinement humain et animal, et par les glissements de terrain ont rendu ce schéma difficile à prouver. Pourtant on peut distinguer les terrasses sur sept niveaux différents et, si elles ne sont plus continues, le labyrinthe peut être reconstruit assez aisément. Parfois, il est difficile de voir le chemin quand on est dessus alors qu’on le voit clairement de loin. Parfois une terrasse est presque invisible de loin, mais clairement définie lorsqu’on s’y trouve.

En fait, une personne désireuse de suivre le labyrinthe ne se retrouvera quasiment jamais devant la nécessité d’improviser, car il y aura toujours une marque qui lui permettra de continuer. L’examen de ce chemin montre qu’il se termine avant d’arriver au sommet. L’endroit où il disparaît soudain est marqué par une grosse pierre ovale, localement connue sous le nom de pierre-oeuf ou ‘eggstone’. Il n’y a que peu de grosses pierres sur le Tor et d’après leur positionnement, elles semblent être des marqueurs délibérés.

Le schéma en forme de labyrinthe de Crète (ainsi nommé car il apparaît sur des pièces de cette région, mais on le retrouve également sur un vase étrusque du VIIe siècle avant JC, sur un pilier à Pompéi, sur des rochers à Tintagel et en Irlande, et même chez les Indiens Hopi en Amérique), fut créé bien les Druides. Les labyrinthes en spirale sont fortement symboliques, leur interprétation la plus courante étant le voyage de l’âme à travers la vie, la mort et la renaissance. Depuis que cette théorie du labyrinthe a été suggérée, plusieurs milliers de personnes ont parcouru le chemin processionnel, ce qui n’est pas une mince affaire puisqu’il faut entre 4 et 6 heures d’efforts physiques et de concentration pour effectuer le parcours.

Ce qui est indéniable, c’est la puissance des éléments sur le Tor. Certains la décrivent comme un tourbillon, un vortex ou un point de rencontre d’énergies dans leurs formes les plus pures et les plus sauvages ; d’autres la décrivent comme un dragon primordial qui se tord, tourne et rugit pour qu’on le libère. Les habitants de Glastonbury parlent de la façon dont ils se sentent parfois obligés d’escalader les pentes du Tor, alors que d’autres fois, ils ne peuvent pas s’en approcher. Des siècles de légendes se sont accumulés autour de ce lieu. A leur façon, toutes ces légendes démontrent une chose : le Tor est un endroit où le voile entre les mondes est mince.


Chalice Hill est une des trois collines qui forment le coeur de Glastonbury. Elle se situe entre la ville et le Tor, cachant la masse de celui-ci lorsqu’on se trouve dans la ville. Cette colline a longtemps été considérée comme la plus sacrée des trois, et nombreux sont ceux qui croient qu’elle constitue la dernière cachette du Graal.

Deux des puits les plus anciens d’Angleterre, la ‘Source de Sang’ et la ‘Source Blanche’, comblent les pèlerins, qu’ils soient païens ou chrétiens, de sérénité et de répit. Des allées bordées de lavande et d’autres fleurs vivaces louvoient à flanc de colline à travers le jardin, offrant au visiteur quelques endroits abrités où il peut s’arrêter pour méditer ou rêver.

Chalice Well est un puits sacré qui aurait été bâti par les Druides. Les recherches archéologiques suggèrent qu’il a été utilisé quasiment en continu depuis au moins 2000 ans. Une source riche en fer, qui rend l’eau rouge, jaillit à cet endroit avec un débit de 115.000 litres par jour, et ne s’est jamais tarie, même pendant les périodes de sécheresse.

Comme les sources chaudes de Bath, à quelques dizaines de kilomètres, l’eau possèderait des qualités curatives. Au cours d’analyses contemporaines, l’eau s’est révélée être naturellement radioactive. Sa teinte rougeâtre lui a donné son nom de ‘Source de Sang’ (Blood Spring) ; de nos jours, cette teinte est associée au sang du Christ, puisque la mythologie chrétienne suggère que Chalice Well est le site où Joseph d’Arimathie aurait placé le calice ayant recueilli les gouttes de sang du Christ lors de la Crucifixion, reliant ainsi le puits aux spéculations entourant l’existence du Saint Graal.
Si l’on considère le Chalice Well d’un point de vue chrétien, le Saint Graal est à l’origine de l’apparition de la source. Dans ce cas, le sang du Christ mêlé à l’eau amènerait l’illumination et peut-être la résurrection et la vie éternelle.
Si l’on considère le Chalice Well comme étant plus ancien, d’origine pré-chrétienne, alors il est possible que ce puits ait été considéré comme un pont vers l’Autre Monde. Il peut aussi être associé avec la connaissance du ‘chaudron magique’, dans les eaux duquel une personne pouvait revenir à la vie. La croisée des deux mondes, chrétien et pré-chrétien, est représentée par le couvercle du puits, dessiné par l’architecte et archéologue Frederick Bligh Bond en 1919. Les deux cercles entrecroisés constituent le symbole connu sous le nom de Vesica Piscis, qui représente l’entremêlement des principes mâle et femelle, de la lumière et des ténèbres.

A moins de 100m du Chalice Well, une seconde source jaillit, la ‘Source Blanche’ (White Spring). Ses eaux, qui remontent de sous la terre crayeuse du Tor, sont riches en calcium mais, étonnamment, ne comportent aucune trace de fer.

Longtemps négligée, sans doute à cause de son faible débit, la Source Blanche a été récemment remise en valeur grâce à une initiative privée.

Le bâtiment qui l’abrite, un réservoir bâti à l’époque victorienne, offre un contraste surprenant avec les jardins du Chalice Well. Caverneux et à l’écart, il ressemble à une cathédrale mystérieuse dans laquelle l’eau s’écoule sur les murs, d’une hauteur de 5m.

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Les Vénus Préhistoriques (reblog)

Précédemment publié le 26/09/2010 sur La Caverne (blog désactivé)

Les Vénus préhistoriques sont des statuettes féminines réalisées en ivoire, en pierre tendre (stéatite, calcite, calcaire) ou en terre cuite. Il en a été découvert plus de 200, de dimensions relativement modestes, comprises entre environ 4 et 25 cm. L’aire de répartition est plus vaste que celle de l’art paléolithique, elle comprend la France, l’Angleterre, L’Italie, l’Allemagne, et plusieurs pays de l’est.
La datation de ces statuettes reste imprécise ou impossible, certaines ayant été découvertes avant les fouilles modernes, d’autres étant des trouvailles de surface. En règle générale, les Vénus préhistoriques concernent le début du paléolithique supérieur. La majorité des statuettes montre des femmes debout, les pieds formant une pointe. Les figurations pariétales, les plus souvent stylisées avec exagération de la région fessière, illustrent l’attitude penchée en avant. La position assise est beaucoup plus rarement représentée. La position accroupie, souvent interprétée comme une attitude d’accouchement, ne se trouve que dans deux exemplaires de statuettes (Sireuil et Tursac). La position couchée est encore plus exceptionnelle.
Un certain nombre de caractères généraux peut être dégagé :
· La partie centrale du corps (seins, ventre, fesses, cuisses et sexe) est toujours sur-représentée.
· Les mains, les pieds, les membres supérieurs et les jambes, sont négligés.
· Les traits du visage sont très rarement représentés.
· La fonction exacte de ces statuettes n’est pas connue.

La Vénus de Lespugue
original détérioré lors de sa découverte & reconstitution

Datant de 21 à 25.000 avant l’ère chrétienne, cette statuette haute de 147 mm, taillée dans une pièce d’ivoire de mammouth, est conservée au Musée de l’Homme de Paris. Elle a été découverte en 1922 à Lespugue (Haute-Garonne). Cette pièce est remarquable par sa stylisation extrême qui lui donne un accent de modernité. La tête est petite et ovoïde, dépourvue de détails anatomiques. Elle porte des traits gravés plus ou moins parallèles interprétés comme une figuration de la chevelure. Les seins et les fesses sont très volumineux, pratiquement sphériques. Les jambes sont courtes et se terminent par des ébauches de pieds. Sur la face dorsale, une série de stries part d’un trait horizontal situé sous les fesses. Ces stries ont fait l’objet de nombreuses interprétations, faisant notamment référence à une sorte de pagne.

La Dame de Brassempouy

Datant de 21 000 ans avant J.-C., ce minuscule fragment d’ivoire sculpté (36.5mm) a acquis le statut d’œuvre d’art. Il représente, dans un style réaliste, une tête de jeune femme, soigneusement coiffée, presque un portrait si la bouche n’avait pas été omise, omission qui est volontaire, compte tenu de la virtuosité du sculpteur.

La Vénus de Laussel

Découverte à Laussel (France) et datant de 20 à 23.000 avant l’ère chrétienne, elle a été sculptée en bas-relief de grandes dimensions (0,54 x 0,36 m) sur un bloc calcaire et peinte à l’ocre rouge. C’est un personnage féminin nu tenant dans sa main droite un objet interprété généralement comme une corne de bison. Sur cette corne se trouvent 13 encoches, qui pourraient représenter les cycles lunaires ou les cycles menstruels. Sa main gauche est posée sur son ventre, ce qui semble indiquer qu’elle est enceinte. Ce qui semble être sa chevelure tombe sur son épaule gauche.

La Vénus d’Aix

La Vénus d’Aix est une femme debout, jambes jointes, les avant-bras reposant sur les seins. Poitrine et bassin sont volumineux, un petit ventre rond surmonte un mont de Vénus proéminent. Les fesses remontent et sont séparées par un sillon. La tête est lisse sur le sommet et striée verticalement sur son pourtour. Le cou est marqué par un sillon. Les jambes s’arrêtent en-dessous des genoux, la statuette semble avoir été brisée. Étudiée par le CNRS, des traces d’outils métalliques ont permis de déduire qu’elle avait probablement moins de 2 siècles (ajout, merci à Alastor pour l’info)

La Vénus de Monpazier
photo modifiée, merci à Dubedout

Datant d’environ 30.000 ans avant J.-C., elle a été trouvée en 1970 à la surface d’un labour. Elle est petite, taillée dans de la stéatite verte. Sa vulve bien dessinée, ses fesses pointées en arrière et son ventre projeté en avant lui ont valu le surnom de Polichinelle.

La Vénus de Willendorf

Cette statuette de 110mm, en calcaire oolithique fait partie des plus connues. Elle date de 22 à 25.000 ans avant l’ère chrétienne. Elle représente une femme nue debout, présentant une forte obésité, les bras posés sur d’énormes seins. La tête finement gravée semble être entièrement recouverte par des tresses enroulées, le visage est donc caché. Des restes de pigments laissent supposer qu’originellement la statuette était peinte en rouge.

La Vénus de Dolní Věstonice

Mesurant 110 mm, elle est faite d’argile, cuite à une température assez basse. Elle date de 29 à 25.000 ans avant l’ère chrétienne.

La Vénus de Höhle Fels

Les fouilles de 2008 dans la grotte de Höhle Fels dans le sud-ouest de l’Allemagne ont permis la découverte d’une figurine sculptée dans de l’ivoire de mammouth. Cette figurine est l’un des plus anciens exemples connus de l’art figuratif dans le monde entier. La figurine féminine mesure 6 cm de haut, 3,5 cm de large et 3 cm d’épaisseur. Elle est constituée de 6 morceaux et est presque complète (il ne lui manque qu’une épaule et le bras gauche). La tête de la statuette a été remplacée par un anneau qui a permis de la suspendre et de la porter comme un bijou. C’est l’un des plus vieux bijoux retrouvé en Europe. Plutôt trapue, elle présente une poitrine et des fesses surdimensionnées par rapport aux bras et aux jambes. Les organes génitaux et les fesses sont les éléments les plus détaillés. La figurine présente des incisions horizontales qui s’étendent sur une zone comprise entre la poitrine et la pointe du triangle pubien. Ils pourraient être interprétés comme une enveloppe formant des plis, ou une sorte de vêtement. Les mesures de datation au radio carbone de l’ensemble des strates indiquent un âge compris entre -31000 et -40000 ans. Elle devient donc la plus ancienne vénus trouvée à ce jour et remet en cause la chronologie généralement admise de l’apparition des Vénus au paléolithique.

Ces figurations féminines n’avaient aucune utilité pratique dans le cadre des activités de subsistance. Elles ont le plus souvent été découvertes dans le cadre d’habitats plutôt que dans des sépultures. D’autres ont été trouvées dans un contexte archéologique évocateur de rituels. Mais en l’absence de sources écrites, les théories concernant un culte de la fécondité ou de la Déesse-Mère ne peuvent être évaluées scientifiquement. Reste que pour moi, comme pour bien d’autres personnes, ces figurines sont particulièrement évocatrices de à la Déesse-Mère… L’insistance sur les caractères sexuels féminins, sur les ventres et les seins proéminents, ainsi que l’absence de visage sur nombre de ces statuettes, semble pointer vers une stylisation, un symbolisme. Ces figurines ne sont pas des portraits, ils représentent un concept : la promesse de vie. Pour les peuples préhistoriques, le processus de reproduction était un Mystère empreint de magie. « Les femmes primitives se voyaient comme un mystère. Il y avait un besoin naturel de comprendre des choses comme la menstruation, la grossesse et l’accouchement. De façon évidente, ces choses les différenciaient des hommes dont les corps ne possédaient pas de tels pouvoirs. Pour les primitifs, il y avait certainement là une force magique à l’oeuvre, et apparemment elle ne concernait que les femmes du clan. » (Raven Grimassi The Wiccan Mysteries)

Commentaires pour Les Vénus préhistoriques
Alastor (26 juillet 2011 à 13:09) dit :
Il serait bon de vérifier vos sources : la vénus d’Aix a été étudiée par le CNRS qui a relevé des traces d’outils métalliques, ils ont pu en déduire qu’elle avait probablement moins de 2 siècles !
Réponse (27 juillet 2011 à 09:52) : merci, je ne le savais pas, effectivement.

dubedout (17 juin 2013 à 18:23) dit :
Bonjour, la photo de la Vénus de Monpazier que vous proposez est en fait celle du « polichinelle » de Grimaldi qui est en stéatite verte. Celle de Monpazier est en limonite, quartz et argile. Mais il est vrai que les deux se ressemblent…

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Le Calendrier de Coligny (reblog)

Précédemment publié le 22/03/2012 sur La Caverne (blog désactivé)

En novembre 1897, un agriculteur de la commune de Coligny (Ain) découvre dans le sol des débris de bronze dont l’assemblage permet de reconstituer deux objets : une statue gallo-romaine d’un mètre soixante-dix, et une table calendaire de bronze qui, hélas, est incomplète. Reconstitué par Paul Dissard, le calendrier se présente sous la forme d’une table aux dimensions de 1,48m sur 0,90m, les 149 fragments couvrant moins des deux tiers de la surface totale. La plupart de ces fragments sont gravés en caractères et chiffres romains, mais les mots reconstitués sont en langue gauloise. La graphie latine et les artefacts trouvés aux alentours indiquent un contexte gallo-romain de la fin du 2e siècle de l’ère chrétienne, époque retenue pour la fabrication du calendrier. Exposé au Musée gallo-romain de Fourvière à Lyon, c’est une source épigraphique capitale pour la connaissance de l’Antiquité celtique.

L’ensemble de la plaque de bronze se découpe en 16 colonnes et 4 lignes. C’est un calendrier luni-solaire qui présente 5 années de 12 mois de 29 ou 30 jours. Les mois sont divisés en deux quinzaines.Les noms des douze mois et leur signification seraient : Samonios (30j), été au sens de terme, résumé ou bilan de la saison estivale, Dumannios (29j), peut-être fumigation ou brouillard, Riuros (30j), gelées, Anagantios (29j), protection ou bénédiction, Ogronios (30j), frimas, Cutios (30j), sans doute un emprunt au grec Kooútios, Giamonios (29j), hiver, au sens de terme de la saison hivernale, Simi Visonnios (30j), mi-printemps, milieu de la belle saison, Equos (30j), d’epos (cheval) en référence au poulinage, Elembivios (29j), peut-être en rapport avec les cerfs, Aedrinios (30j), peut-être ardeurs ou flamboyance, Cantlos (29j), chant, peut-être au sens de célébrations.

S’y ajoutent deux mois intercalaires, dont nous ignorons les noms exacts, leurs en-têtes n’ayant pu être reconstitués complètement : Qvimon (entre Cantlos et Samonios, 30j) et Ciallos (entre Cvtios et Giamonios, 30j).

Une année, dans le calendrier de Coligny, semble comporter 355 jours ce qui porte la durée du lustre à (355 X 5) + (30 X 2) = 1835 jours. Or, 62 lunaisons font 1830,89 jours. On compte donc un retard de 4,78 jours par lustre, qui aboutit à un écart de 28,73 jours par siècle de 30 ans. Le siècle gaulois pourrait alors se marquer par l’absence d’un des 2 mois intercalaires de 30 jours pour rétablir l’alignement avec le soleil.

sources : Calendrier gaulois (lien mort)icalendrier.fr et Wikipédia, calendrier de Coligny
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Selon les Terres Rouges…

… c’est l’été depuis une semaine

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Autour de Stonehenge

Le Projet Stonehenge Riverside
Après 10 ans de recherches, les archéologues sont arrivés à la conclusion que le monument de Stonehenge a été érigé pour unifier la Grande-Bretagne néolithique, après une longue période de conflits entre les peuples de l’Est et ceux de l’Ouest.
Le projet Riverside s’est intéressé au contexte local et régional de Stonehenge, en se concentrant en particulier sur les croyances, la cosmologie et les pratiques de ses bâtisseurs et utilisateurs. La question fondamentale était de comprendre le but de Stonehenge au 3e millénaire avant l’ère chrétienne, non pas comme monument isolé mais comme faisant partie d’un complexe de monuments situés dans un paysage plus étendu. L’inspiration du projet est venue de l’archéologue malgache Ramilisonina, supposant que Stonehenge avait été érigé pour commémorer les ancêtres de la communauté (Parker Pearson and Ramilisonina 1998).

La théorie de la transition bois-pierre
En 1998, Ramilisonina visita Stonehenge et Avebury et fit la remarque que, sur la base de son expérience et de ses connaissances, le but de ces cercles de pierres était de créer des monuments en l’honneur des ancêtres de la communauté, leur présence éternelle étant personnifiée par un matériau durable, la pierre. Le processus de la vie à la mort était une transformation métaphorique du bois en pierre, de la même façon que la chair se change en os.

Stonehenge a été utilisé tout au long du 3e millénaire avant l’ère chrétienne (BC, ça va plus vite). Sa phase pierres a probablement débuté vers le milieu du 3e millénaire BC, et ses sarsens furent érigés à peu près en même temps que la construction du henge de Durrington Walls. Les deux structures, en lien avec le fleuve Avon faisaient probablement partie d’un parcours funéraire et processionnel au Néolithique tardif, l’Avon représentant le lien entre le domaine des vivants (bois) et celui des défunts (pierre).
Les pierres de Stonehenge seraient symboliques des différents groupes de communautés agraires, puisque certaines pierres viennent du Sud de l’actuelle Angleterre et d’autres viennent de l’Ouest du Pays de Galles.

Stonehenge peut avoir été bâti à un endroit qui avait déjà une signification particulière pour les Bretons préhistoriques. L’Avenue, alignée sur le solstice, repose sur une série de formations naturelles qui, par hasard, forment un axe entre la direction du lever de soleil du solstice d’hiver et celle du coucher de soleil du solstice d’été.Mike Parker Pearson dit : “Lorsque nous sommes tombés sur cet extraordinaire marquage naturel, nous avons compris que les gens de l’époque préhistorique ont choisi cet endroit pour bâtir Stonehenge à cause de sa signification préalable. Cela explique peut-être pourquoi il y a huit monuments aux alentours de Stonehenge qui ont un alignement solsticial, alors qu’une telle densité n’existe nulle part ailleurs. Peut-être voyaient-ils l’endroit comme le centre du monde”.
Il semble que ce soit le solstice d’hiver qui ait été le moment le plus important de l’année à l’époque où Stonehenge a été bâti, il y a  5000 à 4500 ans. Le Professeur Parker Pearson explique: “Nous pouvons affirmer que de grandes quantités de porc ont été mangées au solstice d’hiver à Durrington Walls, et la majorité des monuments de la zone sont alignés sur le lever et le coucher du soleil du solstice d’hiver, et non d’été.”

Stonehenge Avenue
L’Avenue dessine une ligne droite vers le nord-ouest à partir du fleuve Avon, puis elle tourne vers l’ouest, avant un net virage au sud-ouest – la direction du coucher de soleil du solstice d’hiver- vers l’entrée du fossé circulaire qui entoure Stonehenge. Elle est formée par deux buttes parallèles, séparées d’environ 30m et possédant des fossés externes. Contrairement aux avenues de Kennet et de Beckhampton à Avebury, il semble qu’elle n’ait pas été marquée par des pierres dressées. Elle est probablement contemporaine de la construction du Stonehenge de pierres, aux alentours de 2600 BC.

mon pendentif en bluestone ^^

Bluehenge
« Bluestonehenge » ou « Bluehenge » (aussi appelé « West Amesbury Henge ») a été découvert en août 2008 par le Riverside Project, à environ 1 mile (1.6 km) au sud-est de Stonehenge. Il doit son nom aux bluestones qui le composaient, une dolérite mouchetée qui provient des Preseli Mountains, au Pays de Galles, à 200 miles du site. Les fouilles ont révélé plusieurs emplacements de pierres, qui ont pu être dressées là entre 3400 et 2500 BC. Deux pointes de flèches de cette période y ont été trouvées, ainsi que des outils en bois de cerf datés de 2469 à 2286 BC au radio-carbone, et qui semblent indiquer la date du démantèlement des pierres. On estime qu’il y avait jusqu’à 27 pierres disposées en un cercle de 10m de diamètre. Du charbon a été découvert, suggérant que le site a peut-être été utilisé pour des crémations. L’archéologue Mike Parker Pearson pense que les bluestones ont été enlevées aux alentours de 2500 BC, et incorporées à Stonehenge, qui était en pleine reconstruction à cette période.

Le Projet Riverside a examiné les restes de crémations enterrés à Stonehenge. La date la plus ancienne, un adulte dont les restes ont été déposés dans le trou d’Aubrey n°32, se situe entre 3030 et 2880 BC, ce qui tend à prouver que les Aubrey Holes faisaient partie de la construction initiale (3015-2935 BC). Le fossé de Stonehenge fut re-creusé entre 2560 et 2140 BC, et les restes de crémation d’une femme de 25 ans furent placés dans ce nouveau fossé. La datation de 2570 à 2340 BC place sa mort à la période où les sarsens ont été érigés. Ces nouvelles dates vont dans le sens d’une utilisation de Stonehenge comme cimetière depuis sa conception jusqu’à la période des sarsens (2655-2485 BC).

Durrington Walls
Le projet Riverside a permis de réévaluer Durrington Walls et sa relation avec Woodhenge et Stonehenge.
Durrington Walls est un grand henge, situé à 3 km au nord-est de Stonehenge, sur la rive ouest du fleuve Avon. C’est le plus grand henge de Grande-Bretagne, qui couvre presque 19 ha, avec un diamètre de 500 m.
À l’origine, le fossé était profond d’environ 5.5 m, large de 7 m à sa base et de 18 m au sommet. Le talus atteignait par endroits une largeur de 30 m. Le talus est contemporain de la phase pierres de Stonehenge. Il entoure une zone ovale à l’intérieur de laquelle se trouvent deux cercles de poteaux (les Cercles Nord et Sud). L’entrée du Cercle Sud (un monument de 40m de diamètre composés de 6 anneaux concentriques) fait face au sud-est, dans l’alignement du lever de soleil du solstice d’hiver, et elle est reliée au fleuve Avon par une avenue de 30m de large et de 170m de long. Cette avenue qui suit l’alignement a été construite avant le henge a été précédée par la construction d’une avenue, qui le relie au fleuve Avon. L’Avenue se termine par une abrupte falaise de craie qui plonge dans l’eau.

L’Avenue et le Cercle Sud de Durrington étaient les composants principaux d’un complexe cérémoniel situé au centre d’un très grand village. La découverte de maisons à l’intérieur et à l’extérieur de Durrington Walls porte à croire qu’une grande partie de la vallée était couverte d’habitations : un village d’une circonférence de près d’1 mile, constitué de plusieurs centaines de maisons entourant une zone dégagée.
D’importantes quantités d’os de porc et de boeuf, de poteries, de pointes de flèches et de débris de pierres indiquent que l’occupation et la consommation y étaient intenses. Les nombreux os d’animaux non fragmentés suggèrent un lieu où se tenaient des festins. La faible quantité d’outils et l’absence de grain carbonisé indiquent que les gens venaient là avec leur nourriture et leurs animaux uniquement à certains moments de l’année.

Stonehenge Hidden Landscapes, le “Superhenge”
En 2015, le Stonehenge Hidden Landscapes Project annonça qu’un relevé géophysique montrait l’existence d’un autre monument, un superhenge constitué de près de 90 pierres levées enterrées sous Durrington Walls. En août 2016, les fouilles dirigées par Mike Parker Pearson et de membres du Stonehenge Hidden Landscapes Project, révéla qu’il n’y a pas de pierres enterrées à Durrington Walls, mais un cercle d’énormes trous de poteaux, qui furent plus tard comblés.

Il y avait sûrement une relation directe entre Stonehenge et les cercles de poteaux de Durrington au 3e millénaire BC, relation qui s’articulait principalement sur le fleuve Avon. L’Avon coule vers le sud près du henge de Durrington, et méandre sur 2.5 km jusqu’à l’Avenue, qui court vers l’ouest sur 2km de la rive jusqu’à Stonehenge. Selon la théorie avancée par Mike Parker Pearson, ce morceau de fleuve était considéré comme un parcours processionnel le long duquel les défunts entraient dans le monde des esprits, n’atteignant Stonehenge qu’après s’être défaits de leurs enveloppes charnelles. Autrement dit, le cours du fleuve et les avenues attenantes étaient la scène sur laquelle se déroulait un des préoccupations majeures des gens : le voyage dans la mort et dans l’après-vie.

Les fouilles à Durrington Walls n’ont mis à jour que de rares restes humains et le site ne semble pas avoir été un endroit où les morts étaient inhumés. Toutefois, il se peut que leur voyage mortuaire ait débuté ici. Il est possible que les cercles de poteaux aient été des sites de festins funéraires, à partir desquels les morts faisaient route vers l’autre monde via le fleuve où ils subissaient une crémation, une excarnation, une immersion dans l’eau, ou étaient simplement laissés à la dérive. La plupart des habitants préhistoriques du Wessex n’étaient pas enterrés et on pense depuis longtemps que les corps des défunts étaient confiés aux cours d’eau.
Pour certains, ceux qui faisaient partie d’une élite ou d’une lignée royale, ce processus était complété par le transport de leurs restes via l’Avenue jusqu’à Stonehenge, où ils étaient transformés en ancêtres.

Sources : Sheffield University 1, Sheffield University 2, BBC, archaeology.su.se (pdf), theguardian.com, academia.edu, heritagedaily.com, Durrington Walls sur wikipedia (anglais), Bluestonehenge sur wikipedia (anglais)
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