Le Livre des Invasions (texte complet)

Sources : Lebor Gabála Érenn: Book of the Takings of Ireland. vol 2 and 3. édition et traduction par R.A.S. Macalister. Irish Texts Society, 1941. sur www.maryjones.us;
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Traduction effectuée par mes soins du 24 au 29 mai 2017.
Merci de respecter ce travail et de me demander la permission pour un éventuel reblog.

Lebor Gabala Erenn, Le Livre des Prises de l’Irlande, plus connu sous le titre Livre des Invasions, se trouve dans le Livre de Leinster et le Livre de Fermoy. Il raconte les invasions successives de l’Irlande par différentes tribus, depuis la création du monde jusqu’à l’arrivée des Milésiens.

§01-13: Histoire biblique
§14-25: les Goïdels
§26-29: Cessair
§30-38: Partholon
§39-47: Nemed
§48-54: les Fir Bolgs
§55-64: les Tuatha Dé Danann
§65-95: les Milesiens

  §1. Au commencement, Dieu créa le Ciel et la Terre.

§2. Il créa d’abord la masse informe, et la lumière des anges. Il créa le firmament. Il créa les terres et les mers. Il créa le Soleil et la Lune et les étoiles du Ciel. Il créa les oiseaux et les reptiles. Il créa les bêtes en général, et Adam pour les gouverner. Ensuite Dieu se reposa de l’accomplissement de sa nouvelle Création.

§3. Il donna la régence du Ciel à Lucifer, avec les neuf ordres des Anges du Ciel. Il donna la régence de la Terre à Adam. Lucifer pécha, de sorte qu’il fut à la tête d’un tiers des Anges. Le Roi le confina avec un tiers des Anges en sa compagnie, en Enfer. Et Dieu dit à l’Ennemi du Ciel: réunis à cet endroit, confondons leur conseil.

§4. Ensuite Lucifer envia Adam, car il était sûr qu’on lui confierait la régence du Ciel. Alors il vint sous la forme d’un serpent, et persuada Eve de pécher, en mangeant la pomme de l’arbre défendu. Après quoi Adam fut chassé du Paradis.

§5. Ensuite le Seigneur vint à eux et il dit à Adam : de la terre il fut créé et à la terre il retournera. Il n’obtiendra pas de satisfaction sans labeur. Il dit aussi à la femme: dans la douleur, tu engendreras tes fils et tes filles.

§6. La progéniture d’Adam pécha, ce fut l’oeuvre de l’aîné des fils d’Adam, Caïn le maudit, qui tua son frère Abel par jalousie et envie, avec l’os d’un chameau, comme le disent les hommes cultivés. Ainsi commencèrent les meurtres du monde.

§7. Quant à Seth, un des trois fils d’Adam, de lui naquirent tous les hommes du monde entier. Noé fils de Lamech f. Mathusalem f. Enoch f. Iared f. Malalahel f. Cainan f. Enos f. Seth f. Adam. Car c’est Noé qui fut le second Adam, dont tous les hommes du monde naquirent. Car le Déluge noya l’entièreté de la descendance d’Adam, sauf Noé et ses trois fils, Sem, Ham, Iafeth, et leurs quatre épouses Coba, Olla, Oliva, Olivana. Ensuite, lorsque Dieu amena le Déluge sur le monde entier, personne n’échappa au Déluge sauf les gens de cette arche – Noé et ses trois fils, et l’épouse de Noé, les épouses des fils.

Ainsi dit le poète,
Un équipage qu’une mort hivernale ne soumit pas
Noé, il n’y avait pas de faille au héros,
Une histoire d’horreur fut rendue claire avec empressement
Sem, Ham, et Iafeth.
Des femmes sans tache, de grande excellence,
Par-delà le Déluge sans extinction,
Coba, vigoureux était le cygne blanc,
Olla, Oliva, Olivana.

§8. Alors Sem s’installa en Asie, Ham en Afrique, Iafeth en Europe. Sem s’installa en la plaisante Asie; Ham et sa progéniture en Afrique, le noble Iafeth et ses fils, ce fut eux qui s’installèrent en Europe. Sem eut trente fils, dont Arfaxad, Assur, et Persius. Ham eut trente fils, dont Chus et Chanaan. Iafeth eut quinze fils, dont Dannai, Gregus, Hispanius, Gomer. Ou bien ce sont vingt-sept fils que Sem eut.

Trente beaux fils, un fait brillant,
Ils jaillirent de Ham, fils de Noé
Vingt-sept qui sont de Sem,
Et quinze de Iafeth.

§9. Iafeth eut la partie nord de l’Asie – l’Asie Mineure, l’Arménie, la Médie, les Peuples de la Scythie – et de lui descendent les habitants de toute l’Europe.
Grecus fils de Iafeth, éponyme de la Grande Grèce, de la Petite Grèce et de la Grèce d’Alexandre. Espanus f. Iafeth, de qui descendent les Hispani. Gomer fils de Iafeth eut deux fils, Emoth et Ibath. Emoth, de lui descend le peuple du nord du monde. Ibath eut deux fils, Bodb et Baath. Bodb, qui eut un fils, Dohe. Elinus fils de Dohe eut trois fils, Airmen, Negua, Isacon. Quant à Airmen, il eut cinq fils, Gutus, Cebidus, Uiligothus, Burgundus, Longbardus. Negua eut trois fils, Saxus, Boarus, Uandalus. Isacon, par ailleurs, l’un des trois fils d’Elenus, eut quatre fils, Romanus, Francus, Britus, Albanus.
C’est Albanus qui le premier prit l’Albanie, avec ses enfants, et d’après lui est nommée Alba: si bien qu’il conduisit son frère à travers la mer d’Icht, et de lui descendent les Albins du Latium en Italie.

§10. Magog, fils de Iafeth, de sa descendance sont les peuples qui sont venus en Irlande avant les Goïdels: à savoir Partholon f. Sera f. Sru f. Esru f. Bimbend f. Aitech f. Magog f. Iafeth et Nemed f. Agnomain f. Pamp f. Tat f. Sera f. Sru, et la descendance de Nemed, les Gaileoin, les Fir Domnann, les Fir Bolg et les Tuatha Dé Danann.

Ainsi dit le poète :
Magog, fils de Iafeth, on est certain
De sa progéniture:
L’un d’eux était Partholon de Banba
Décente fut sa réalisation.
L’un d’eux était le noble Nemed, fils d’Agnomain, unique;
D’eux étaient Gand et Genand, Sengand, le libre Slaine.
La descendance nombreuse d’Elada,
L’un d’eux était Bres, sans mentir, fils d’Elada.
Expert en armes, fils de Delbáeth fils de Net.

Fils d’Inda, f. Allda – qui était fils de Tat, f. Tabam f. d’Enda, f. Baath, Ibath l’agréable. Fils de Bethach f. Iardan f. Nemed petit-fils de Paimp: Pamp f. Tat f. Sera f. Sru f. Braiment le Blanc. De Braiment f. Aithecht, f. Magog, de grand renom: il arriva en leur temps une apparition conjuguée sur une Plaine.

§11. Baath, l’un des deux fils d’Ibath f. Gomer f. Iafeth, de lui sont les Goïdels et le peuple des Scythes. Il eut un fils, l’homme éminent et noble dont le nom était Feinus Farsaid. C’est lui qui fut l’un des soixante-deux chefs qui allèrent à la construction de la Tour de Nemrod, d’où les langues furent dispersées. En outre, Nemrod lui-même était fils de Cush f. Ham f. Noé. C’est ce Feinius qui a ramené aux Peuples les langues de la Tour , et c’est lui qui avait la grande école, enseignant la multiplicité des langues.

§12. Or Feinius eut deux fils: Nenual, qu’il laissa dans la principauté de Scythie derrière lui; Nel, l’autre fils, était né à la Tour. Or c’était un maître de toutes les langues, c’est pourquoi on vint de la part de Pharaon, afin de lui apprendre la multiplicité des langues. Mais Feinius passa d’Asie en Scythie, où il s’était rendu pour la construction de la Tour, de sorte qu’il mourut dans la principauté des Scythes, à la fin de quarante années, et passa le commandement à son fils, Nenual.

§13. Au bout de quarante-deux ans après la construction de la tour, Ninus f. Bélus prit la royauté du monde. Car nul autre que lui n’avait tenté d’exercer une autorité sur les peuples ou d’amener la multitude des nations sous un règne unique, ni de les soumettre aux impôts et aux tributs.
Avant cette époque il y avait eu des chefs, celui qui était le plus noble et le plus en faveur dans la communauté, c’était lui qui était le premier conseiller de tout homme: qui devait éviter toute injustice et maintenir toute justice. Il n’y avait eu aucune tentative d’envahir ou de dominer d’autres nations.


§14. C’est à ce moment-là que naquit Gaedel Glas, de Scota fille de Pharaon. D’elle sont nommés les Écossais,

Ainsi dit-on
Les Feni sont nommés d’après Feinius
Une signification sans secret:
Goïdel de l’avenant Gaedel Glas,
Les Écossais de Scota.

§15. C’est Gaedel Glas qui façonna la langue Gaélique à partir des soixante-deux langues: voici leurs noms, Bithynien, Scythe, etc.

Ainsi dit le poète
Les langues du monde, voyez vous-mêmes
Bithynie, Scythie, Cilicie, Hyrcanie, Gothie,
Grèce, Germanie, Gaule avec horreur,
Pentapole, Phrygie, Dalmatie, Dardanie.
Pamphylie, Mauritanie, Lycaonie si peuplée ,
Bactriane, Crète, Corse, Chypre, Thessalie,
Cappadoce, la noble Arménie, Rhétie,
Sicile, le pays des Sarrasins, Sardaigne.
Belgique, Béotie, Bretagne,
La mélodieuse Rhodes, Hispanie, Rome,
Rhége, Phénicie, l’Inde, l’Arabie dorée,
Mygdonie, Mazaca, Macédoine.
Parthes, Carie, Syrie, Saxons,
Athènes, Achaie, Albanie,
Palestine, Arcadie, la claire Galatie,
Troie, Thessalie, Cyclades.
Mésie, Médie, Perse, Francs,
Cyrène, Lacédémone, Longobards
Thrace, Numidie, Hellas – Entendez!
Noble Italie, Ethiopie, Égypte.
Voici le décompte des langues sans tache
A partir desquelles Gaedel forma le Gaélique:
Je connais leur registre de compréhension,
Les groupes, les langues multiples.

§16. Or Sru fils d’Esru f. Gaedel, c’est lui qui était chef des Goïdels qui sortirent d’Égypte après que Pharaon se fût noyé: sept cent soixante-dix ans du Déluge jusque-là.
Quatre cent quarante ans à partir de cette époque où fut noyé Pharaon, et après que Sru f. Esru fût sorti d’Égypte, jusqu’au moment où les fils de Mil vinrent en Irlande, à savoir, Eber et Eremon

A ce propos on dit :
Quarante et quatre cents ans – ce n’est pas mensonge –
A partir du moment où le peuple de Dieu vint,
Soyez certains , à la surface de Mare Rubrum,
Jusqu’à ce qu’ils débarquassent à Scene depuis la mer limpide,
Eux, les fils de Mil, sur la terre d’Irlande.

§17. Quatre solides équipages de navires menèrent Sru hors d’Égypte. Il y avait vingt-quatre couples mariés et trois mercenaires pour chaque navire. Sru et son fils Eber Scot, ils étaient les chefs de l’expédition. C’est alors que Nenual f. Baath f. Nenual f. Feinius Farsaid, prince de la Scythie, mourut: et Sru mourut également immédiatement après leur arrivée en Scythie.

§18. Eber Scot ôta de force la royauté de Scythie à la descendance de Nenual, jusqu’à ce qu’il tombât par la main de Noémius f. Nenual. Il y eut un conflit entre Noémius et Boamain f. Eber Scot. Boamain prit le trône, jusqu’à ce qu’il tombât par la main de Noémius. Noémius prit la principauté jusqu’à ce qu’il tombât par la main d’Ogamain f. Boamain en vengeance de son père. Ogamain s’empara du trône jusqu’à sa mort. Refill f. Noémius prit la royauté, jusqu’à ce qu’il tombât par la main de Tat f. Ogamain. Par la suite Tat tomba par la main de Refloir f. Refill. Par la suite, il y eut un conflit pour la principauté entre Refloir, petit-fils de Noémius, et Agnomain f. Tat, jusqu’à ce que Refloir tombât par la main d’Agnomain.

§19. Pour cette raison la descendance de Gaedil fut chassée sur la mer, à savoir Agnomain et Lamfhind son fils, si bien qu’ils furent sept ans sur la mer, parcourant le monde sur le côté nord. On peut bien imaginer les malheurs dont ils souffrirent. Ils avaient trois navires reliés entre eux, de sorte qu’aucun d’entre eux ne pût s’éloigner des autres. Ils eurent trois chefs après la mort d’Agnomain à la surface de la grande mer Caspienne, Lamfhind et Allot et Caicher le druide.

§20. C’est Caicher le druide qui leur donna le remède, quand la sirène leur chanta sa mélodie: le sommeil les envahissait à cette musique. Voici le remède que Caicher trouva pour eux, faire fondre de la cire dans leurs oreilles. C’est Caicher qui leur parla, quand le grand vent les poussa vers l’océan, de sorte qu’ils y souffrirent beaucoup de faim et de soif: jusqu’à ce qu’à la fin d’une semaine ils atteignissent le grand promontoire qui est au nord des Monts Riphées, et sur ce promontoire, ils trouvèrent une source au goût de vin, et ils y festoyèrent, et y dormirent trois jours et trois nuits. Mais Caicher le druide dit: Levez-vous, dit-il, nous ne nous reposerons pas jusqu’à ce que nous ayons atteint l’Irlande. Quel est cet endroit, l’Irlande? dit Lamfhind f. Agnomain. Elle est plus loin que la Scythie, dit Caicher. Ce n’est pas nous-mêmes qui y accéderons, mais nos enfants, à la fin de trois cents ans à compter d’aujourd’hui.

§21. Par la suite ils s’installèrent dans les Marais Méotiques, et là, un fils naquit à Lamfhind, Eber Glunfhind. C’est lui qui fut chef après son père. Son petit-fils était Febri. Son petit-fils était Nuadu.

§22. Brath f. Death f. Ercha f. Allot f. Nuaduf. Nenual f. Febri Glasf. Agni Find f. Eber Glunfhind f. Lamfhind f. Agnomain f. Tat f. Agnomain f. Boamain f. Eber Scot f. Sru f. Esru f. Gaedel Glas f. Nel f. Feinius Farsaid: c’est ce Brath qui sortit des Marais le long de la mer Tyrrhénienne jusqu’en Crète et en Sicile. Ils arrivèrent en Espagne par la suite. Ils prirent l’Espagne par la force.

§23. Quant à Agnomain f. Tat, c’est le chef des Goïdels qui partirent de Scythie. Il eut deux fils, Lamfhind et Allot. Lamfhind eut un fils, Eber Glunfhind. Allot eut un fils, Eber Dub, à l’époque du séjour dans le Marais. Ils eurent deux petits-fils au règne conjoint, Toithecht f. Tetrech f. Eber Dub, et Nenual f. Febri f. Agni f. Eber Glunfhind, il y eut aussi Soithecht f. Mantan f. Caicher. Ucce et Occe, deux fils d’Allot f. Nenual f. Nemed f. Allot f. Ogamain f. Toithecht f. Tetrech f. Eber Dub f. Allot.

§24. Quatre solides équipages de navires menèrent les Goïdels en Espagne: sur chaque navire quatorze couples mariés et sept mercenaires célibataires. Brath, un équipage de navire. Ucce et Occe, deux équipages de navire, Mantan, un équipage de navire. Ainsi, ils menèrent trois batailles après être arrivés en Espagne: une bataille contre les Toscans, une bataille contre les Langobardi, et une bataille contre les Barchu. Mais un fléau s’abattit sur eux, et vingt-quatre d’entre eux moururent, dont Occe et Ucce. Sur les deux navires aucun ne réchappa, sauf deux fois cinq hommes, y compris Én f. Occe et Ún f. Ucce.

§25. Brath eut un bon fils nommé Breogan, par qui fut construite la Tour et la ville – Bragance était le nom de la ville. C’est depuis la Tour de Breogan que l’Irlande fut aperçue, au soir d’une journée d’hiver. Ith f. Breogan la vit.

Ainsi dit Gilla Coemain :
Gaedel Glas, de qui descendent les Goïdels,
Il était fils de Nel, avec beaucoup de valeur:
Il était puissant à l’ouest et à l’est,
Nel, fils de Feinius Farsaid.
Feinius eut deux fils – je dis la vérité –
Nel notre père et Nenual,
Nel était né à la Tour de l’Est,
Nenual en Scythie, éclatant comme un bouclier.
Après Feinius, le héros de l’océan,
Il y eut grande jalousie entre les frères;
Nel tua Nenual, qui n’était pas doux;
Le Haut Roi fut expulsé.
Il alla en Égypte grâce à sa vaillance
Jusqu’à ce qu’il atteignît le puissant Pharaon;
Jusqu’à ce qu’il épousât Scota, de grande beauté,
La modeste, agile fille de Pharaon.

Scota donna un fils au noble Nel,
Duquel naquit une grande et parfaite race:
Gaedel Glas était le nom de l’homme –
Verts étaient ses bras et son vêtement.
Le farouche Esru fut son fils,
Un Seigneur aux bras lourds:
Le fils d’Esru, Sru des anciennes armées,
Qui méritait le renom qu’on lui attribuait.
Sru f. Esru f. Gaedel,
Notre ancêtre, se réjouissant avec les troupes,
C’est lui qui alla vers le nord jusqu’à sa maison,
A la surface de la Mare Rubrum rouge.
Les équipages de quatre navires, ce fut le compte
De son armée le long de la Mare Rubrum rouge :
Dans sa maison de planches, pouvons-nous dire,
Vingt-quatre couples mariés.
Le prince de la Scythie, c’est un fait évident,
Le jeune homme dont le nom était Nenual,
C’est alors qu’il mourut là-bas dans sa maison –
Lorsque les Goïdels arrivèrent.

Eber Scot des héros assuma le Royaume
Sur la descendance de Nenual sans honte,
Jusqu’au moment où il tomba, sans bonté douce,
Par la main de Noémius fils de Nenual.
Le fort fils d’Eber, qui s’appelait Boamain,
D’une pureté parfaite, jusqu’à la rive
De la mer Caspienne, il fut roi,
Jusqu’au jour où il tomba de la main de Noémius.
Noémius f. Nenual plein de force
S’installa en Scythie, quadrillée comme un bouclier:
Le prince parfait et juste tomba
Par la main d’Ogamain f. Boamain.
Par la suite Ogamain fut prince
Après Noémius à la bonne force:
Jusqu’à sa mort dans son territoire, sans foi:
Après lui Refill fut roi.
Par la suite Refill périt par la main
De Tait f. Ogmain:
Tait tomba, bien qu’il ne fût pas faible,
Par la main de Refloir f. Refill.
Refloir et Agnomain sans défaut,
Sept ans ils furent en conflit,
Jusqu’à ce que Refloir tombât avec fracas
Par la main victorieuse d’Agnomain.
Noinel et Refill, avec une pointe de lance,
Deux des fils de Refloir f. Refill,
Ils chassèrent Agnomain sur la mer en furie,
Grande et verte.

Bons étaient les chefs, ce fut suffisant,
Qui partirent de Scythie;
Agnomain, Eber sans défaut,
Les deux fils de Tait f. Ogamain.
Allot, Lamfhind à la main verte,
Les deux fils remarquables d’Agnomain le brillant,
Caicher et Cing, la gloire avec la victoire
Les deux bons fils d’Eber à la rouge monture.
Le nombre de leurs navires,
Trois navires venant sur les vagues lourdes;
Trois vingtaines sur chaque navire,
Une parole claire, et des femmes pour chaque troisième vingtaine.

Agnomain mourut, ce ne fut pas un reproche
Dans les îles de la Grande Mer Caspienne.
L’endroit où ils furent pendant un an
Ils le trouvèrent très secret.
Ils atteignirent la pleine mer libyenne,
Une traversée de six jours d’été complets;
Glas f. Agnomain, qui n’était pas méprisable,
Mourut là, à Cercinie.
Ils y découvrirent une belle île
Sur la mer de Libye aux lames guerrières :
Un an et une saison, avec gloire,
Leur séjour dans cette île.
Ils naviguèrent sur la mer,
Un fait brillant, de jour et de nuit:
L’éclat des mains de Lamfhind le chatoyant
Était semblable à de belles chandelles.
Ils avaient quatre chefs qui n’étaient pas méprisables,
Après leur traversée de la mer de Libye:
Allot, Lamfhind rapide sur l’océan,
Cing et son frère Caicher.
Caicher trouva un remède pour eux
Là-bas contre le chant des Sirènes:
Voici le remède que le beau Caicher trouva,
Faire fondre de la cire dans leurs oreilles.

Ils trouvèrent une source et une terre
Au cap Riphéen avec grande force,
Ayant le goût du vin par la suite:
Leur soif les domina puissamment.
Profondément, profondément ils dormirent
Pendant trois jours sans peine,
Jusqu’à ce que Caicher le druide fidèle
Réveillât les hommes nobles impatiemment.
C’est Caicher, (un bel accomplissement!)
Qui leur fit une prophétie,
Dans les monts Riphées avec un cap –
« Nous n’avons pas de repos jusqu’à l’Irlande. »
« En quel lieu est la noble Irlande? »
Dit Lamfhind le guerrier violent.
« Très loin », déclara alors Caicher,
« Ce n’est pas nous qui l’atteindrons, mais nos enfants. »
Ils firent avancer leur bataillon avec hargne,
Vers le sud, au-delà du cap Riphéen;
La descendance de Gaedel, avec pureté,
Ils débarquèrent dans les marais.

Un glorieux fils y naquit
De Lamfhind f. Agnomain;
Eber Glunfhind, pur le Griffon,
Le grand-père aux cheveux bouclés de Febri.
La famille de Gaedel, le vif et blanc,
Fut trois cents ans dans ce pays:
Ils y résidèrent dès lors,
Jusqu’à l’arrivée de Brath le victorieux.
Brath, le noble fils du fidèle Death
Vint en Crète, en Sicile,
L’équipage de quatre navires d’une navigation sûre,
A tribord vers l’Europe, puis l’Espagne.
Occe, Ucce et sans défaut,
Les deux fils d’Allot f. Nenual;
Mantan f. Caicher, Brath le fidèle,
Ils furent les quatre chefs.
Quatorze hommes avec leurs femmes
Formaient l’équipage de chaque navire plein de guerriers,
Ainsi que six mercenaires nobles;
Ils remportèrent trois batailles en Espagne.
Noble la première bataille – je ne vais pas le cacher –
Qu’ils gagnèrent contre l’armée des Toscans;
Une bataille contre les Bachra avec violence,
Et une bataille contre les Langobardi.
Ce fut après la bataille sinistre
Que s’abattit sur eux un fléau d’une journée:
Les gens des navires des fils d’Allot
Sans faute étaient tous morts, sauf dix personnes.

Ún et Én s’en sortirent,
Deux nobles fils des chefs forts:
Par la suite Bregon naquit,
Père de Bile le solide et le furieux.
Il livra un grand nombre de combats et de batailles
Contre l’armée multicolore d’Espagne:
Bregon le hurleur aux actes valeureux,
Aux combats, par lui, fut construite Bragance.
Bregon f. Brath, doux et bon,
Il eut un fils, Mil:
Les sept fils de Mil – bonne leur armée –
Y compris Eber et Eremon.
Avec Dond, et Airech dans la bataille,
Y compris Ir, avec Arannan,
Y compris Armorgen au visage lumineux,
Et avec Colptha à l’épée.
Les dix fils de Bregon sans mensonge,
Brega, Fuat, et Murthemne,
Cualnge, Cuala, bien que ce fût glorieux,
Ebleo, Nar, Ith, et Bile.
Ith f. Bregon à la gloire mélodieuse
Vint en premier en Irlande:
Il est le premier des hommes qui y habitèrent,
De la noble descendance de Gaedil le puissant.


§26. Quittons là les histoires des Goïdels, afin de parler des sept peuples qui conquirent l’Irlande après eux. Cessair, fille de Bith f. Noé la conquit, quarante jours avant le Déluge. Partholon f. Sera trois cents ans après le Déluge. Nemed f. Agnomain des Grecs de Scythie, au bout de trente ans après Partholon. Les Fir Bolg par la suite. Les Fir Domnann par la suite. Les Gailioin par la suite, avec eux. Les Tuatha De Danann par la suite. Les fils de Mil par la suite,

Ainsi que Fintan le dit,
L’Irlande – qu’on me demande –
Je connais plaisamment,
Toutes les prises qu’elle subit
Depuis le début du monde mélodieux.
Cessair vint de l’Orient,
La femme était fille de Bith;
Avec elle cinquante jeunes filles,
Avec elle trois hommes.
Le Déluge vainquit Bith dans sa montagne,
Ce n’est pas un secret;
Ladra en Ard Ladrand,
Cessair dans sa retraite.

Mais quant à moi, il m’a enterré,
Le Fils de Dieu, au-dessus des hommes;
Il éloigna de moi le Déluge
Au-dessus du haut Tul Tuinde.
J’ai passé une année sous le Déluge
Dans le solide Tul Tuinde;
Je n’ai rien trouvé pour ma subsistance,
Un sommeil ininterrompu fut meilleur.
J’étais ici en Irlande,
Mon voyage fut interminable,
Jusqu’à ce que Partholon l’atteignît,
Depuis l’Est, de la terre des Grecs.
J’étais ici, en Irlande
Et l’Irlande était déserte,
Jusqu’à ce que le fils d’Agnomain l’atteignît
Nemed, éclatante son allure.
Les Fir Bolg et les Fir Gailian vinrent,
C’était il y a longtemps;
Les Fir Domnann vinrent,
Ils débarquèrent sur un cap à l’ouest.
Ensuite, les Tuath Dé vinrent,
Dans leur masse de brouillard,
De sorte qu’il y eut nourriture pour moi
Même si ce fut une longue vie.
Les fils de Mil vinrent d’Espagne,
Du sud, de sorte qu’il y eut
Pour moi nourriture de leurs mains,
Même s’ils étaient forts dans la bataille.
Une longue vie a été mon sort,
Je ne vais pas le cacher;
Jusqu’à ce que la Foi m’atteignît
Du Roi du Ciel de nuages.
Je suis Fintan le Blanc, fils de Bochna,
Je ne vais pas le cacher;
Après le Déluge me voici
Un grand et noble sage.

§27. Par la suite, Cessair fille de Bith f. Noé la conquit, ainsi dit le poète, quarante jours avant le Déluge. Voici la raison de sa venue, sa fuite devant le Déluge, car Noé leur dit: Levez-vous, dit-il et allez vers l’extrémité ouest du monde, peut-être le Déluge ne l’atteindra-t-il pas.

§28. L’équipage de trois navires arriva à Dun na mRarc sur le territoire de Corco Daibne. Deux de ces navires firent naufrage. Cessair avec l’équipage de son navire y échappa, cinquante femmes et trois hommes: Bith f. Noé, éponyme de Sliab Betha – c’est là qu’il fut enterré, sous le grand cairn de Sliab Betha; Ladra le pilote, éponyme d’Ard Ladrand – c’est lui le premier mort qui alla sous le sol de l’Irlande; Fintan f. Bochra, éponyme de « la Tombe de Fintan » sur Tul Tuinde. Cessair mourut à Cul Cessrach en Connachta, avec ses cinquante servantes.

§29. Voici leurs noms, ainsi Fintan le dit
Une juste répartition fut conclue entre nous,
Moi-même et Bith et l’audacieux Ladra;
Pour la paix et la raison cela fut fait,
Dans l’affaire des cinquante magnifiques jeunes filles.
Dix-sept femmes je pris, y compris Cessair –
Lot, Luam, Mall, Mar, Froechar, Femar, Faible, Foroll,
Cipir, Torrian, Tamall, Tam, Abba, Alla, Baichne, Sille:
Tel est le compte de ceux que nous étions.
Bith en prit dix-sept , avec Bairrfhind –
Sella, Della, Duib, Addeos, Fotra, Traige, Nera, Buana,
Tamall, Tanna, Nathra, Leos, Fodarg, Rodarg, Dos, Clos:
Que cela soit entendu, ceux-ci étaient aussi de notre peuple.
Seize ensuite avec Ladra:
Alba, Bona, Albor, Ail, Gothiam, German, Aithne, Inde,
Rodarg, Rinne, Inchor, Ain, Irrand, Espa, Sine, Samoll:
C’était notre plaisante compagnie.

Aucun des descendants d’Adam ne prit l’Irlande avant le Déluge, hormis ceux-là.


§30. Or, l’Irlande fut déserte par la suite, pour une période de trois cents ans, ou trois cent et douze, c’est exact; jusqu’à ce que Partholon f. Sera f. Sru y vînt. Il est le premier qui prit l’Irlande après le Déluge, un mardi, le quatorzième de la lunaison, à Inber Scene: car trois fois l’Irlande fut prise à Inber Scene. De la descendance de Magog f. Iafeth était-il: dans la soixantième année de l’âge d’Abraham, Partholon conquit l’Irlande.

§31. Fort de quatre chefs était Partholon: lui-même et Laiglinne son fils, éponyme de Loch Laighlinne à Ui Mac Uais de Breg; Slanga et Rudraige, les deux autres fils de Partholon, éponymes de Sliab Slanga et Loch Rudraige. Lorsque la tombe de Rudraige fut creusée, le lac y jaillit au-dessus de la terre.

§32. Partholon fut sept années en Irlande avant que le premier homme de son peuple mourût, à savoir, Fea, éponyme de Mag Fea, car c’est là qu’il fut enterré, à Mag Fea.

§33. Dans la troisième année par la suite, la première bataille de l’Irlande, que Partholon remporta à Slemna de Mag Itha contre Cichol le boiteux des Fomoiraig. C’étaient des hommes avec un seul bras et une seule jambe, qui se joignirent à lui pour la bataille.

§34. Il y eut sept jaillissements de lacs en Irlande au temps de Partholon: Loch Laighlinne à Ui Mac Uais de Breg, Loch Cuan et Loch Rudraige en Ulster, Loch Dechet et Loch Mese et Loch Con en Connachta, et Loch Echtra en Airgíalla car Partholon ne trouva que de trois lacs et neuf rivières en Irlande avant lui – Loch Fordremain à Sliab Mis de Mumu, Loch Lumnig sur Tir Find, Loch Cera en Irrus; Aba Lifé, Lui, Muad, Slicech, Samer (où se trouve Ess Ruaid), Find, Modorn, Buas, et Banna entre Lé et Ellé. Quatre ans avant la mort de Partholon, le jaillissement de Brena sur la terre.

§35. Quatre plaines furent défrichées par Partholon en Irlande: Mag Itha en Leinster, Mag Tuired en Connachta, Mag Li à Ui Mac Uais, Mag Ladrand à Dal nAraide. Car Partholon ne trouva qu’une plaine en Irlande avant lui, la Vieille Plaine d’Elta d’Edar. Voici pourquoi elle est appelée la « Vieille Plaine » : jamais branche de rameau de bois ne poussa à travers elle.

§36. Et c’est là que Partholon mourut, cinq mille hommes et quatre mille femmes, d’une semaine de peste aux calendes de Mai. Un lundi la peste les tua tous, hormis un seul homme – Tuan f. Starn f. Sera neveu de Partholon: et Dieu le façonna sous de nombreuses formes, et cet homme survécut seul depuis le temps de Partholon jusqu’à l’époque de Findian et de Colum Cille. Alors il leur narra les Conquêtes de l’Irlande depuis l’époque de Cessair, la première qui la conquit, jusqu’à lors. Et il s’agit de Tuan f. Cairell f. Muiredach Muinderg. De lui, le sage historien chanta le chant suivant –

Vous érudits de la Plaine du beau et blanc Conn,
De la terre des hommes de Fal, comme je raconte,
Quelle compagnie, après la création du monde,
Arriva en premier en Irlande?
L’Irlande avant le Déluge rapide,
Comme je dénombre ses époques, à savoir,
Des guerriers d’un blanc pur l’ont trouvée,
Dont Cessair fille de Bith.
Bith fils de Noé aux troupes nombreuses,
Bien qu’il s’imposât grâce à une tranchée,
Mourut comme à la guerre à Sliab Betha;
Ladra mourut en Ard Ladrann.
Fintan partit pour un voyage de faiblesse,
Sa tombe fut trouvée, c’était une marque de fougue:
Il ne fut pas enseveli à la hâte dans la fosse d’un cimetière,
Mais dans une tombe à Tul Tuinde.
À Dun na mBarc pour une fête de séparation
Un voyage sans commune mesure les amena
Au tumulus, près d’une mer féconde
Cessair mourut à Cul Cessrach.
Quarante jours tout juste, la mince
Et gracieuse troupe arriva dans son vaisseau,
Avant le bruit du Déluge, ils débarquèrent
En un point de la terre d’Irlande.
Il partit en quête de vérité, par la puissance
Du Roi qu’il avait l’habitude d’adorer;
Fintan, qui était messager pour les seigneurs,
Les puissants de la terre.
Trois cents ans, je m’en vante,
Je parle par les règnes que je dénombre,
La plaisante Irlande, je le proclame à l’encontre
Des devins, fut déserte, après le Déluge.

Partholon l’éminent vint,
Un parcours royal sur la mer battue de rames:
Son quatuor de héros, justes et fidèles –
Parmi eux, Slanga l’affranchi.
Slanga, Laiglinne le brillant,
Solide, noble et fort était son canot;
Tel était son prompt trio de chefs,
Ainsi que le noble Rudraige.
Des plaines furent défrichées de leur grand bois,
Par lui, pour se rapprocher de ses chers enfants;
Mag Itha vers le sud, une colline de victoire,
Mag Li des frênes, Mag Lathraind.
Sept lacs jaillirent, mais jaugez-les vous-mêmes,
Par la renommée de leur nom,
Bien que vous les énumériez, ils s’emplirent,
Dans l’enclave des vallées de l’île d’Irlande en son temps.
Loch Laiglinne, l’audacieux Loch Cuan,
Le Loch de Rudraige, un seigneur sans législation.
Loch Techet, Loch Mesc abondant d’hydromel,
Loch Con, Loch Echtra plein de cygnes.
En Irlande de belle couleur,
Comme je raconte chaque fondation,
Sur la forteresse de Bith
Il ne trouva pas plus de trois lacs devant lui.
Trois lacs, immenses et sans marée,
Et neuf rivières pleines de beauté:
Loch Fordremain, Loch Luimnig,
Findloch au-delà des frontières d’Irrus.
Le fleuve de Lifé, la Lee qu’on le signale,
Que fredonne chaque druide qui connaît diana senga;
L’histoire des anciennes rivières de l’Irlande
A démontré la véritable hauteur du Déluge.
Muad, Slicech, Samer, tu dois les nommer, Buas,
Un cours d’eau à la même renommée qu’un sommet, Modorn,
Find avec une sorte de lame d’épée
Banna entre Lee et Eille.
Il est mort après la fierté, avec des guerriers,
Partholon, de la troupe centuple:
Ils furent abattus avec leurs possessions,
Leurs trésors, sur la Vieille Plaine d’Elta d’Edar.
C’est pourquoi c’est l’heureuse Vieille Plaine
C’est Dieu le Créateur qui l’a provoqué:
Sur ses terres que l’estuaire séparait
Ne se trouvait ni racine ni rameau d’un bois.
Sa tombe est là selon les hommes de vérité,
Bien qu’il n’ait eu nul pouvoir parmi les saints:
Silencieux était son sommeil sous des lieux paisibles
Qui ne sont pas lieu de pèlerinage pour nos érudits.
Trois cents ans, bien que vous le sachiez,
Sur des terres inconnues des exaltés,
La troupe resta, brillamment mélodieuse et durable,
En la séculaire, noble Irlande.
Hommes, femmes, garçons et filles,
Aux calendes de Mai, un grand obstacle,
La peste pour Partholon à Mag Breg
Ne fut pas une trêve estivale ininterrompue.
Ce fut trente maigres années
Qu’elle resta vide face aux héros,
Après la mort de son armée en une semaine,
Des troupes sur Mag Elta.
Vénérons le Roi des Eléments,
Le bon chef, la Forteresse de notre peuple,
A qui appartient toute troupe, toute génération,
A qui appartient toute tête, toute connaissance.
Je suis Ua Flaind, qui répands les vérités;
Une rétribution des rois a-t-il choisie;
Que tout ce qu’il dira soit un discours de grâce,
Que ce soit conforme à la sainteté, vous érudits!

§37. Ce sont les quatre fils de Partholon qui firent la première division de l’Irlande au début, Er, Orba, Fergna, Feron. Il y avait quatre hommes, leurs homonymes, parmi les fils de Mil, mais ce n’étaient pas les mêmes. D’Ath Cliath en Leinster à Ailech Neit, est la part de Er. D’Ath Cliath à l’île d’Ard Nemid, est la part d’Orba. D’Ailech à Ath Cliath en Medraige, est la part de Feron. A partir de cet Ath Cliath à Ailech Neit, est la part de Fergna. C’est donc de cette manière qu’ils divisèrent d’abord l’Irlande.

§38. Partholon avait quatre bœufs, ce fut le premier bétail d’Irlande. De sa compagnie était Brea, fils de Senboth, qui le premier fit une maison, un foyer avec un chaudron, et une résidence en Irlande. De sa compagnie était Samailiath, qui le premier consomma de la bière et se porta garant en Irlande. De sa compagnie était Beoir, qui le premier fit une auberge en Irlande.

Comme dit le poète,
Partholon, d’où vint-il en Irlande,
Croyez-vous?
Le jour où il traversa la mer,
Quelle était la terre d’où venait Partholon?
Il vint de Sicile, de Grèce,
Un voyage d’un an, sans mensonge éhonté:
Une traversée d’un mois de la Grèce vers l’ouest,
Vers la Cappadoce.
De la Cappadoce, il voyagea,
Une traversée de trois jours pour la Gothie,
Une traversée d’un mois de la blanche Gothie,
A l’Espagne aux trois pointes.
Après cela, il atteignit Inis Fail,
Jusqu’à l’Irlande depuis l’Espagne:
Le lundi, le dixième sans défaut
Une octade prit l’Irlande.

Il est le premier homme qui prit femme
Au temps de Partholon sans mensonge:
Fintan, qui prit femme par combat –
Aifé, fille de Partholon.
Partholon sortit un jour,
Visiter sa terre fertile:
Sa femme et son manoeuvre ensemble
Il laissa derrière lui sur l’île.
Comme ils étaient dans sa maison,
Tous deux, un prodige inouï,
Elle fit des avances au manoeuvre fidèle,
Il ne lui fit aucune avance.
Comme il ne lui répondait pas rapidement le manoeuvre,
Obstiné contre vile intention,
Elle se dévêtit en désespoir –
Une action impulsive pour une bonne femme!
Le manoeuvre se leva sans incertitude,
Chose fragile que l’humanité! –
Et vint, une parole sans plaisir,
Avec Delgnat pour partager sa couche.
Insolente fut la farce pour un manoeuvre plaisant
Que Topa aux muscles harmonieux commit :
Aller, un mauvais tour, un bonheur sans plaisir,
Avec Delgnat, pour partager sa couche.

Partholon, qui était homme de savoir,
Avait un tonneau de la plus douce bière:
Auquel personne ne pouvait boire
Sauf par un tuyau d’or rouge.
La soif les saisit après l’acte,
Topa et Delgnat, selon la vérité:
De sorte que leurs deux bouches burent
Leurs deux goulées dans le tuyau.
Quand ils le firent, un couple sans remords,
Il vint sur eux une très grande soif;
Bientôt, ils burent le brillant rafraîchisesment,
Par le tuyau doré.
Partholon arriva au-dehors,
Après avoir couru la campagne inhabitée:
On lui apporta, ce fut un léger émoi,
Son tonneau et son tuyau.
Quand il prit le tuyau droit,
Il perçut dessus immédiatement,
Le goût de la bouche de Topa jusqu’ici,
Et le goût de la bouche de Delgnat.
Un noir, hargneux démon révéla
La mauvaise, fausse et déplaisante action:
« Voici le goût de la bouche de Topa » dit-il,
« Et le goût de la bouche de Delmat »
Alors dit le loyal fils de Sera,
L’homme appelé Partholon:
« Aussi court fut le temps que nous avons passé dehors,
Nous avons le droit de nous plaindre de vous. »
L’homme frappa le chien de la femme
Ce fut sans effet – il tua le chien,
C’était un trésor qui fut bien fragile;
Voilà donc la première jalousie de l’Irlande.
Delgnat répondit à son mari:
« La faute n’est pas sur nous,
Aussi amers soient mes propos,
Vraiment, mais elle est sur toi.
Bien que tu penses mes paroles mauvaises,
Partholon, son droit sera le mien:
Je suis « à une contre un » ici,
Je suis innocente, compensation m’est due

Du miel avec une femme, du lait avec un chat,
De la nourriture avec le généreux, de la viande avec un enfant,
Un artisan d’intérieur et un outil aiguisé
Une contre un, c’est un grand risque.
La femme goûtera le miel épais,
Le chat boira le lait,
Le généreux donnera la pure nourriture,
L’enfant mangera la viande.
L’artisan saisira l’outil,
L’une et l’un iront ensemble:
C’est pourquoi il est juste de les garder
Bien depuis le début.
Tel est le premier adultère connu
Qui fut commis ici à l’origine:
L’épouse de Partholon, un homme de rang,
Allée avec un manoeuvre mal né.

Il poursuivit l’homme de main
Et le tua avec colère:
Il ne lui vint pas d’aide de Dieu
Pour faire barrage à l’homicide.
Le lieu où ce fut fait,
Après son occurrence certainement,
Grande était sa douceur
Un jour dans le pays d’Inis Saimera.
Et ceci, sans tromperie,
Est le premier jugement en Irlande, et de là,
Par un très noble jugement,
Vient « le droit de son épouse contre Partholon ».
Dix-sept années s’écoulèrent ensuite
Jusqu’à ce qu’advînt la mort de cet homme;
La bataille de Mag Itha des combats
Fut un des exploits de Partholon.

Plus loin dans l’épopée de Partholon–
Bonne était la grande troupe
Que possédait Partholon;
Jeunes filles et jeunes gens énergiques,
Chefs et champions.
Totacht et le fort Tarba,
Eochar et Aithechbel,
Cuaille, Dorcha, Dam,
Les sept maîtres laboureurs de Partholon
Liac et Lecmag le coloré,
Imar et Etrigi,
Les quatre bœufs, un groupe approprié,
Qui labourèrent la terre de Partholon.
Beoir était le nom de l’homme,
Avec ses nobles et son peuple,
Qui accepta un invité dans sa solide maison,
Le premier dans l’île d’Irlande.
Par ce Brea fils de Senboth
Une maison fut la première, un chaudron sur le feu;
Une prouesse que l’agréable Gael ne déserta pas,
Une résidence en Irlande.
Par Samaliliath furent connues
La consommation de bière et la garantie:
Par lui furent apportés par la suite
Le culte, la prière, l’interrogatoire.
Les trois druides de Partholon des ports,
Fiss, Eolas, Fochmarc:
Les noms de ses trois champions en outre,
Milchu, Meran, Muinechan.
Les noms des dix nobles filles
Que Partholon eut,
Et les noms de ses dix gendres
Je les ai mis à part, c’est une liste complète.
Aife, Aine, la noble Adnad,
Macha, Mucha, Melepard,
Glas et Grenach,
Auach et Achanach.
Aidbli, Bomnad et Ban,
Caertin, Echtach, Athchosan,
Lucraid, Ligair, Lugaid le guerrier,
Gerber, qui ne parlait pas en vain.
Beothach, Iarbonel, Fergus,
Art, Corb, qui suivit sans péché,
Sobairche, l’énergique Dobairche,
Furent les cinq chefs de Nemed, de bonne force.
Bacorb Ladra, qui était un sage renommé,
Il était l’homme de science de Partholon;
Il est le premier homme, sans incertitude,
Qui offrit l’hospitalité au début.

Là où ils labourèrent à l’ouest c’est à Dun Finntain,
Bien que ce fût très loin:
Et ils broutèrent de l’herbe reposante
A l’est de Mag Sanais.
Bibal et Babal le blanc,
Étaient deux marchands de Partholon :
Bibal apporta l’or ici,
Babal introduisit le bétail.
Le premier édifice en Irlande, sans peine,
Fut fait par Partholon:
Le premier brassage, le barattage, la bière, un parcours gracieux,
Au début, dans la bonne et noble Irlande.
Rimad fut le ferme laboureur à l’arrière,
Tairle le laboureur général de tête;
Fodbach était le soc, ce n’est pas une fiction,
Et Fetain le coutre.
Broken était le nom de l’homme, c’était parfait,
Qui, le premier, fomenta de secrets scandales:
Il fut détruit et éparpillé ce n’était pas mal.
Partholon pensait que c’était bien.

Telles sont donc les nouvelles de la première prise de l’Irlande après le Déluge.

§39. Or l’Irlande fut déserte par la suite, pour un temps de trente années après Partholon, jusqu’à l’arrivée de Nemed f. Agnomain des Grecs de Scythie, avec ses quatre chefs. Quarante-quatre navires eut-il sur la Mer Caspienne pendant un an et demi, mais seul son navire parvint en Irlande. Ceux-ci sont les quatre chefs, Starn, Iarbonel le devin, Annind, et Fergus au flanc rouge: ils étaient les quatre fils de Nemed.

§40. Il y eut quatre jaillissements de lacs au temps de Nemed: Loch Cal à Ui Niallain, Loch Munremair à Luigne, Loch Dairbrech, Loch Annind à Meath. Quand sa tombe fut creusée et qu’on l’enterrait, là le lac jaillit sur la terre.

§41. C’est Nemed qui gagna la bataille de Ros Fraechain contre Gand et Sengand, deux rois des Fomoraig, et les deux y furent tués. Deux forts royaux furent creusés par Nemed en Irlande, Raith Chimbaith à Semne, Raith Chindeich à Ui Niallain. Les quatre fils de Matan Munremar creusèrent Raith Cindeich en un jour: c’est-à-dire, Boc, Roboc, Ruibne, et Rotan. Ils furent tués au matin à Daire Lige par Nemed, de peur qu’ils ne s’améliorassent par le fait de creuser.

§42. Douze plaines furent défrichées par Nemed en Irlande: Mag Cera, Mag Eba, Mag Cuile Tolaid, et Mag Luirg en Connachta: Mag Seired à Tethba; Mag Tochair à Tir Eogain; Mag Selmne à Araide; Mag Macha à Airgialla; Mag Muirthemne à Brega; Mag Bernsa à Laighne; Leccmag et Mag Moda à Mumu.

§43. Il gagna trois batailles contre les Fomoraig: la bataille de Badbgna en Connachta, celle de Cnamros à Laigne, celle de Murbolg à Dal Riada. Après cela, Nemed mourut de la peste à Oilean Arda Nemid à Ui Liathain.

§44. La progéniture de Nemed subit grande oppression après son temps en Irlande, aux mains de More, f. Dela et de Conand f. Febar [éponyme de la Tour de Conand, aujourd’hui nommée Toirinis Cetne. Dedans se tenait la grande flotte des Fomoraig]. Les deux tiers de la descendance, du blé et du lait du peuple d’Irlande devait être porté chaque Samain à Mag Cetne. Colère et tristesse saisirent les hommes d’Irlande face au fardeau de la taxe. Ils partirent tous se battre contre les Fomoraig. Ils avaient trois champions, Semul f. Iarbonel le devin f. Nemed, Erglan f. Beoan f. Starn f. Nemed, Fergus au flanc rouge f. Nemed. Trente mille sur la mer, trente mille autres sur terre, ils prirent d’assaut la tour. Conand et sa descendance tombèrent.

§45. Or, après cette capture, More fils de Dela tomba sur eux, avec les équipages et soixante navires, et ils tombèrent dans un carnage mutuel. La mer recouvrit le peuple d’Irlande, et aucun ne parvint à s’échapper, si sévère fut la bataille: aucun sauf un navire, dans lequel il y avait trente guerriers. Ils se mirent en route, quittant l’Irlande, fuyant la maladie et la taxe: Bethach mourut en Irlande de la peste; ses dix femmes lui survécurent pendant vingt-trois ans. Ibath et son fils Baath partirent au nord du monde. Matach et Erglan et Iartach, les trois fils de Beoan, partirent à Dobar et Iardobar au nord d’Alba.

§46. Semeon partit dans les terres des Grecs. Sa descendance s’y agrandit jusqu’à compter des milliers. L’esclavage leur fut imposé par les Grecs; ils durent porter l’argile sur de rudes montagnes afin qu’elles devinssent des plaines fleuries. Par la suite ils furent las de leur servitude, et ils s’enfuirent, cinq mille d’entre eux, et fabriquèrent des navires avec leurs sacs: [ou, comme le dit le Livre de Druim Snechta, ils dérobèrent les pinasses du roi de Grèce pour y embarquer]. Par la suite ils revinrent en Irlande, leur terre d’origine: ce fut au terme de deux cent trente années après Nemed. Ceux-ci étaient leurs cinq chefs, Gand, Genand, Rudraige, Sengand et Slaine.

§47. Quant à Fergus au flanc rouge et son fils, Britain Mael duquel descendent tous les Bretons du monde, ils prirent Moin Conain et emplirent de leur descendance la grande île, l’Ile de Bretagne: jusqu’à ce que Hengist et Horsa, les deux fils de Guictglis, Rois des Anciens Saxons, ne vinssent les conquérir: et ils chassèrent les Bretons au-delà des frontières de l’île. Telles sont les aventures de la descendance de Nemed après la prise de la Tour de Conand:

Ainsi dit l’historien,
La grande Irlande que les Gaels administrent,
Je raconte certaines de ses affaires:
De grands chefs armés de lances la prirent,
De la fière race d’Adam.
D’Adam le très harmonieux, l’impitoyable,
Au Déluge, un tumulte qui fut préparé,
Personne ne réchauffa sa très puissante maison
Sauf Cessair aux cinquante vierges.
Sauf Bith et Ladru – laissez-nous le relater –
Fintan, avec l’obscurité de la terre, aucun homme ne la trouva,
Qui révéla la majesté de l’Irlande,
Avant le temps du Déluge.
Après le Déluge en secret trois cents ans,
Quiconque le raconte,
Celui qui fut brillamment couronné pour ses exploits,
Partholon fils de Sera, vint.
Nonobstant tout majestueux psaume,
Le peuple de Partholon le pécheur –
Mort fut l’ensemble de sa maisonnée,
Sur la Vieille Plaine, au cours d’une semaine.
Soixante années sans croissance,
Sans un garde, ce fut l’obscurité,
Désert chaque recoin de la fière mer;
Personne ne la prit sauf Nemed.
Nemed avec la rage d’eux tous,
Avec provision d’entraves et de valeur,
Il posséda la terre contre les armées guerrières,
Après la destruction des autres troupes.
Il employa pour vaincre sans risque,
Nemed, avec fierté et intelligence:
Le fils d’Agnomain avec arrogance,
Bien que sa troupe fût faible, elle fut majestueuse.
Starn, qui tomba par la main de Mac Faebuir,
Iarbonel le devin, qui était joyeux,
Ainnind avec des entraves de cuir
Étaient les trois chefs venimeux de Nemed.
Nemed qui les paya en matière de garantie,
Il y eut un fléau de feu et une sentence de mort;
En son temps, avec un grand bruit grondant,
Il y eut un jaillissement—quatre lacs.
Loch Munremair, une mer plaisante,
Forte furie aux larges rives;
Loch Dairbrech au-dessus de la haie d’un roi
Loch Cal et Loch Ainnind.
Vigoureusement furent creusés par son armée
Deux forts solides et robustes,
Raith Cindeich où il octroya des armes,
Raith Cimbaeith à Semne.

Défrichées par lui, ce fut un parcours de plaisir,
Douze plaines de belle étendue,
Mag Cera en Connachta des brumes,
Mag Moda et Mag Eba.
La forte Mag Tochair fut nettoyée,
Leemag de la grande plaine de Muma,
Mag Bernsa avec un mystère de grâces,
Mag Cuile Tolad, Mag Lughad.
Mag Sered de l’assèchement d’une rivière,
Mag Semne d’une claire couleur,
Mag Luirg au flanc un peu sombre,
Mag Muirthemne, Mag Macha.

Les troubles —un travail de les raconter–
Qu’il causa aux guerriers de Fomoire de grande acuité;
La bataille de l’énorme Morbole de grande acuité la bataille de Badgna,
Et la bataille de Cnamros.
Dans le territoire de Liathan non loin de Muma,
Le seigneur sombre des massacres mourut de la peste:
Avec la grossière compagnie de l’herbe propre
A Oilean Arda Nemid.
Ils n’étaient pas en sécurité par rapport à l’oppression –
La descendance que Nemed engendra –
Aux mains de Conaing au corps dur
Et aux mains de More fils de Dela.
Deux tiers de leurs beaux enfants,
Ce n’était pas généreux contre faiblesse militaire –
Une taxe qui durait à travers les âges du monde –
Deux tiers de blé et de lait.
Vers la rude Mag Cetna des armes,
Par-dessus Eas Ruaid aux merveilleux saumons,
Il fut préparé sans aide,
Contre festin pour eux, chaque veille de Samain.
Semeon fils du joyeux Iardan,
Fergus pur et généreux, un effort de fierté,
Erglan fils du belliqueux Beoan,
Furent les trois affranchis pour leurs armées.
L’armée d’Irlande avec sa troupe vint –
C’était la progression son pouvoir –
Une unité de guerriers qui avaient le sang au corps,
Vers l’ouest à la capture de la tour de Conaing.
La tour de Conaing avec nombre de butins
D’une union de crimes de centaines de rapines,
Une forteresse de l’assemblée de cet art
De la rage des Fomoire de la mer.
Les hommes d’Irlande après sa capture,
Avec la grande valeur des parcours avant eux,
De ceux-ci, des nouvelles de perte,
Aucun n’échappa sauf trente des enfants de Nemed.
Ils ne furent pas en paix par rapport à leur héritage,
Cette armée avec grande valeur de désespoir;
Des trente nobles guerriers,
Chaque chef se mit en chemin.
En la terre des Grecs, le reste de la troupe
Partit Semeon, ce fut un chemin heureux:
Avec sagesse sur la division principale
Partit Fergus à Moin Conain.
Britan Mael fils d’un prince
Librement nombre de voyages sur les cours d’eau,
Fils de Lethderg de Leemag
De lui sont les Bretons du monde.
Bethach sous les pas de la renommée
Mourut en Irlande selon la vérité:
Ses dix femmes derrière lui,
Par la suite, pour un temps de vingt-trois années.
Des centaines jaillirent de Semeon,
Les Grecs les pensèrent nombreuse légion:
Ils ne furent pas acceptés par les guerriers
Mais furent asservis par les Grecs.
Tel fut l’ordre des chefs,
Portant des sacs ronds—ce ne fut pas risqué
Avec le renom d’argile sur une montagne rocheuse
De sorte qu’elle fût une plaine riche de fleurs et de troupeaux.
Ils partirent sans traître contrat
Sur la très noire mer courroucée,
Hors de la captivité d’un dur patronage
Avec navires et avec sacs.
Ceux-ci furent leurs noms glorieux,
Des rois, fougueux, avec agilité,
Gann, Genann avec un choix d’hommes de bonnes divisions,
Rudraige, Sengann, Slanga.
La descendance de Semeon d’un rang de lanciers,
Un exploit de pure volonté de pureté d’actions;
Les Galioin, hommes de fort peu d’ordres,
Les Fir Bolg et les Fir Domnann.
Deux cents ans, quiconque le relate,
Après Nemed, brillants ses valeureux exploits,
Avant les Fir Bolg qui prirent la belle terre d’Irlande,
Depuis le creux de l’océan.
Leur navigation, leurs mesures, demeurent;
Ils divisèrent en cinq, sans religion –
Sans tricher pour leur clan au flanc mince –
La plaisante Irlande, depuis Uisnech.
Rendons grâce au Christ si vertueux
Qui a apaisé les flots les plus forts;
A lui le monde et sa progéniture,
A lui chaque territoire, à lui est l’Irlande.
La capture de la tour de Conaing avec courage
Contre Conaing le grand, fils de Faebar:
Les hommes d’Irlande y prirent part,
Trois brillants chefs avec eux.
Erglan fils de Beoan f. Starn,
Semeon fils de l’amer Iardan,
En exil partit le guerrier des plaines,
Le fils de Nemed, Fergus Lethderg.
Soixante milliers le brillant équipage
Sur la terre et sur l’eau,
Tel est le nombre qui quitta le pays,
Les enfants de Nemed, pour aller à la capture.
Torinis, île de la tour,
La forteresse de Conaing f. Faebar;
Par Fergus lui-même, en valeureux combat,
Conaing f. Faebar tomba.
More f. Dela y vint,
C’était pour aider Conaing:
Conaing tomba avant,
More apprit la grave nouvelle.
Soixante navires sur la mer fut le nombre
Avec lequel More f. Dela vint;
Ils rencontrèrent avant d’atteindre la terre,
Les enfants de Nemed avec grande puissance.
Les hommes de toute l’Irlande dans la bataille,
Après l’arrivée des Fomoraig,
La marée les noya tous,
A l’exception de trois foix dix hommes.
Erglan, Matach, Iartacht le noble,
Les trois fils de Beoan f. Starn,
Blanche sa ceinture, Bethach, Britan après la bataille,
Baath le glorieux, et Ibath.
Bechach, Bethach, Bronal, Pal,
Goirthigorn, German, Glasa,
Ceran, Gobran, Gothiam le pur,
Gam, Dam, Ding et Deal.
Semeon, Fortecht, le brillant Gosten,
Grimaig, Guillius avec astuce,
Taman, Turrue, et Glas,
Feb, et Feran le frisé.
Trois dizaines en plaisant voyage
Partirent ensuite d’Irlande:
En trois ils se divisèrent
Après la capture de la tour de Conaing à l’ouest.
Le tiers de Bethach le victorieux,
Harmonieux renom, de Toirinis à Boinn:
C’est lui qui mourut à Inis Fail,
Deux années après Britan.
Le tiers de Semeon fils d’Erglan le noble
A Belach Conglais avec horreur;
Le tiers de Britan, Ua Flaind le dit,
De là à la tour de Conaing.
Les enfants d’Israel en voyage
A cette période, hors d’Egypte;
Et les enfants de Gaedel Glas,
Voyageaient vers la Scythie.
O doux Christ, avec belle apparence,
O Roi, pourvoyeur du havre du Paradis,
En tes cieux, célèbre lieu,
O Roi du monde, puisses-tu me choisir!

§48. Or quant aux Fir Bolg, ils amenèrent cinq chefs avec eux, comme ci-dessus, à savoir, Gann, Genann, Rudraige, Sengann, Slanga: ceux-ci étaient les cinq fils de Dela. Leurs cinq épouses ensuite, Anust, Liber, Cnucha, Fuat, Etar:

Ainsi le dit-on,
Fuat, femme de Slanga, ne pensez pas que ce soit faux,
Etar femme de Gann le valeureux,
Anust femme de Sengann aux lances,
Cnucha qui était la femme du pur Genann.
Liber femme de Rudraige de la route,
Un peuple doux, qui n’était pas étroit:
Rudraige, maître des ruses,
Je suppose, Fuat était son épouse.

§49. Les Fir Bolg se séparèrent en trois. Avec Slanga f. Dela f. Loth son tiers à Inber Slaine: sa province d’Inber Colptha à Comar Tri nUisce; un millier d’hommes son contingent. Le second tiers débarqua à Inber Dubglaisi avec Gann et Sengann: deux milliers était leur contingent, Gann de Comar Tri nUisce à Belach Conglais, Sengann de Belach Conglais à Luimneach – c’est-à-dire, sur les deux provinces de Mumu. Genann et Rudraige avec un tiers de l’armée, ils accostèrent à Domnann: d’où leur appellation de Fir Domnann. Genann c’est lui qui fut roi sur la province de Medb et Ailell; Rudraige sur la province de Conchobor – deux milliers encore était son contingent. Tels étaient les Fir Bolg, les Fir Domnann, et les Gailioin.

Quant aux Fir Domnann, la crique tient son nom d’eux. Les Fir Bolg – ils furent nommés d’après leurs sacs. Les Gailioin, de la multitude de leurs javelots furent-ils nommés. Ils firent une prise et une principauté, car ils étaient cinq frères, les cinq fils de Dela f. Loth. Et en une semaine ils prirent l’Irlande, [bien que les jours eussent pu différer]. Le samedi, aux calendes d’Août, Slanga débarqua à Inber Slaine. Le mardi Gann et Sengann abordèrent. Le vendredi Genann et Rudraige accostèrent: et ainsi ce fut une prise, bien que différemment conçue. Les Gaileoin, par Slanga furent-ils nommés. Par Gann et Sengann furent nommés les Fir Bolg. Les Fir Domnann furent nommés parce qu’ils creusèrent la terre: c’était Genann et Rudraige et leur suite.
Car ils sont tous nommés Fir Bolg, et trente-sept années fut la durée de leur autorité sur l’Irlande. Les cinq fils de Dela furent les cinq rois des Fir Bolg, soit, Gann, Genann, Rudraige, Sengann, Slaine.

§50. Slanga était l’aîné, f. Dela f. Loth f. Oirthet, f. Tribuat f. Gothorb f. Gosten f. Fortech f. Semeon f. Erglan f. Beoan f. Starn f. Nemed f. Agnomain. Aucun roi ne fut dit “d’Irlande”, avant que ne vinssent les Fir Bolg.

Neuf rois de ceux-ci prirent l’Irlande. Slanga, une année – c’est lui des Fir Bolg qui mourut le premier en Irlande. Rudraige, deux années, puis il mourut à Brug Bratruad. Gann et Genann, quatre années, puis ils moururent de la peste à Fremaind. Sengann, cinq années, puis il tomba par la main de Rindail f. Genann f. Dela. Rindail, six années, puis il tomba par la main de Fodbgenid f. Sengann f. Dela à Eba Coirpre. Fodbgen, quatre années, puis il tomba à Mag Muirthemne par la main d’Eochu f. Rindail f. Genann f. Dela. Eochu fils d’Erc, dix années. Il n’y eut pas d’arrosage en son temps, sauf la rosée seulement: il n’y eut aucune année sans récolte. Les mensonges furent évincés d’Irlande en son temps. Par lui fut exécutée la loi de justice en Irlande pour la première fois. Eochu fils d’Erc tomba aux mains des trois fils de Nemed f. Badra: c’est le premier roi d’Irlande qui reçut son coup fatal en Irlande.

§51. Les Fir Bolg donnèrent bataille à Mag Tuired; grand temps dura le combat dans cette bataille. Enfin elle se dénoua à l’encontre des Fir Bolg, et le massacre se répandit vers le nord, et cent milliers de leurs hommes furent tués vers l’ouest sur la rive d’Eochaill. Là fut rejoint le roi Eochu, et il tomba aux mains des trois fils de Nemed. Toutefois les Tuatha Dé Danann souffrirent grande perte dans la bataille, et ils laissèrent le roi sur le champ de bataille, avec son bras qui lui fut coupé; les médecins passèrent sept années à le guérir. Les Fir Bolg tombèrent dans la bataille tous sauf quelques-uns, et ils quittèrent l’Irlande fuyant les Tuatha Dé Danann, à Ara, et Ile, et Rachra et d’autres îles proches. Ce fut eux qui menèrent les Fomoraig à la seconde bataille de Mag Tuired. Et ils restèrent en ces îles jusqu’au temps des Provinciaux sur l’Irlande, quand les Cruithne les expulsèrent. Ils allèrent trouver Cairbre Nia Fer, et il leur donna des terres; mais ils furent incapables de rester avec lui à cause du lourd impôt auquel il les soumettait. Par la suite ils prirent la fuite devant Cairbre sous la protection de Medb et Ailill, et ceux-ci leur donnèrent des terres. Telle est l’errance des fils d’Umor. Oengus fils d’Umor fut leur roi à l’est, et d’après eux sont nommés ces territoires, Loch Cime de Cime Quatre-Têtes fils d’Umor, la Pointe de Taman à Medraige de Taman fils d’Umor, le Fort d’Oengus à Ara d’Oengus, les rochers de Conall à Aidne de Conall, Mag Adair d’Adar, Mag Asail de Asal à Mumu également. Menn fils d’Umor était poète. Ils étaient dans les forteresses et les îles de la mer autour de l’Irlande dans ce sens, jusqu’à ce que Cu Chulaind les vainquît.

§52. Tels furent les rois des Fir Bolg et leurs morts;

Ainsi le poète dit
Les Fir Bolg furent ici une saison
Dans la grande île des fils de Mil;
Des cinq chefs qu’ils amenèrent avec eux
De là-bas, je connais leurs noms.
Une année eut Slanga, c’est véritable,
Avant de mourir dans son beau tertre;
Le premier homme des Fir bolg des pics
Qui mourut dans l’île d’Irlande.
Deux années de Rudraige le rouge,
Avant de mourir à Brug Brat-ruaid,
Quatre de Genann et de Gann,
Avant que la peste ne les emportât à Fremaind.
Cinq années de Sengann – elles furent reposantes –
Puis Fiachu fils de Starn le tua;
Cinq autres – ce fut lors d’une bataille –
Fiachu Cendfhindan fut roi.
Fiachu Cendfhindan devant tous,
Son nom perdure à jamais;
Tous fortunés, sans reproche,
Furent les enfants d’Irlande en sa présence.
Puis il tomba par la main du rouge Rindail,
Il eut six années avec son armée libre;
Le petit-fils de Dela alors tomba à Eba,
Par la main d’Odbgen.
Quatre au noble Odbgen jusqu’à la bataille
De Murthemne des nobles:
Odbgen mourut sans reproche
Par la main du fils d’Erc, du grand Eochu.
Dix années à Eochu fils d’Erc,
Il ne trouva pas la frontière de la faiblesse:
Puis ils le tuèrent sur le champ de bataille,
Les trois fils de Nemed fils de Badra.
Puis Rinnal grandit, il n’y eut pas de pointe
Sur les armes de l’Irlande;
Sur les rudes javelots il n’y eut pas de d’estoc,
Ils n’étaient que des bâtons de jet.
Au temps de Fodbgen par la suite
Il vint des noeuds aux arbres:
Les bois d’Irlande abattus
Puis ils furent lisses et très droits.
Les plaisants Tuatha Dé Danann
Amenèrent avec eux des lances dans leurs mains:
Avec elles Eochu fut tué,
Par la descendance de Nemed au fort jugement.
Les noms des trois excellents fils de Nemed
Étaient Cessarb, Luam, et Luachra:
Ce fut eux qui tuèrent le premier roi d’une pointe,
Eochu fils d’Erc, en Irlande.
Par la suite les Tuatha Dé combattirent les Fir Bolg,
Ce fut une apparition aboutie.
Ils prirent leurs biens
Et leur gouvernance aux Hommes.

§53. Fintan dit de la division des Provinces –
Les cinq parts de l’Irlande
Entre mer et terre,
Je supplie les belles chandelles
De chaque province parmi eux.
De Drobais rapide et fougueux,
Est la première division jusqu’à
La Boyne blanche et vaste
Au sud de la blanche Bairche.
De la Boyne, harmonieuse et étincelante
Avec ses centaines de ports
Au croisement au son des vagues assemblées
Des trois froides eaux.
De là même
Rejoignant prestement
Du Bel de Cu le brave
Qui est appelé ‘glas.’
De Lumnech aux imposants navires –
Large sa surface —
A Drobais aux multitudes armées,
Pures, sur lesquelles la mer rit.
Prostration judicieuse,
Les chemins relatés,
Perfection dans la correction
Vers une route en cinq.
Les points de ces provinces
A Uisnech ils menaient,
Chacun hors de son […]
[…] jusqu’à cinq.

La descendance de Semeon était tous les Gaileoin et Fir Domnann. Trente années après Genann et Rudraige, les Tuatha Dé Danann vinrent en Irlande.

§54. Par la suite la progéniture de Bethach f. Iarbonel le devin f. Nemed fut dans les îles au nord du monde, apprenant le druidisme et le savoir et la prophétie et la magie, jusqu’à être experts dans les arts de païenne ruse.


§55. Ainsi ce fut eux les Tuatha Dé Danann qui vinrent en Irlande. De la sorte ils arrivèrent, dans de sombres nuées. Ils abordèrent dans les montagnes de Conmaicne Rein en Connachta; et ils apportèrent avec eux une ombre sur le soleil pendant trois jours et trois nuits.

§56. Ils réclamèrent une bataille de royauté aux Fir Bolg. Une bataille fut menée entre eux, à savoir la première bataille de Mag Tuired, dans laquelle cent milliers de Fir Bolg tombèrent. Par la suite ils prirent le trône d’Irlande. Tels étaient les Tuatha Dea – des dieux étaient leurs hommes d’art, des non-dieux leurs laboureurs. Ils connaissaient les incantations des druides, et des conducteurs de chars, et des trappeurs, et des échansons.

§57. Ce furent les Tuatha Dé Danann qui apportèrent avec eux la grande Fal, [c’est-à-dire, la Pierre de Connaissance], qui était à Temair, c’est pourquoi l’Irlande porte le nom de « la plaine de Fal. » Celui sous qui elle produisait un cri était Roi d’Irlande; jusqu’à ce que Cu Chulainn ne la brisât, car elle ne produisit aucun cri sous lui ni sous son protégé, Lugaid, fils des trois Finds d’Emain. Et à partir de là la pierre ne produisit aucun cri sauf sous Conn de Temair. Alors son coeur s’envola d’elle [de Temair] à Tailltiu, de sorte que c’est le Coeur de Fal qui est là-bas. Ce ne fut aucun hasard qui causa cela, mais la naissance du Christ, voilà ce qui rompit les pouvoirs des idoles.

§58. Or Nuadu Airgetlam devint roi des Tuatha Dé Danann sept années avant leur arrivée en Irlande, jusqu’à ce que son bras lui fût sectionné à la première bataille de Mag Tuired. Eidleo f. Alldai, il fut le premier homme des Tuatha Dé Danann qui tomba en Irlande, par la main de Nercon ua Semeoin, à la première bataille de Mag Tuired. Ernmas, et Echtach, et Etargal, et Fiachra, et Tuirill Piccreo tombèrent lors de la même bataille. Bress f. Elada prit le trône d’Irlande, jusqu’à la fin de sept années, quand le bras de Nuadu fut guéri: un bras en argent, avec de l’activité dans chaque doigt et chaque articulation, que Dian Cecht lui posa, avec l’aide de Credne.

§59. Tailltiu fille de Mag Mor roi d’Espagne, reine des Fir Bolg, vint après que la défaite fût infligée aux Fir Bolg dans cette première bataille de Mag Tuired à Coill Cuan: et le bois fut coupé par elle, de sorte que ce fut une plaine couverte de trèfle avant la fin d’une année. Celle-ci est la Tailtiu qui fut l’épouse d’Eochu fils d’Erc roi d’Irlande jusqu’à ce que les Tuatha Dé Danann ne le tuâssent, ainsi dit-on: c’est lui qui l’enleva à son père, d’Espagne; et c’est elle qui coucha avec Eochu Garb fils de Dui Dall des Tuatha Dé Danann; et Cian fils de Dian Cecht, dont l’autre nom était Scal Balb, lui donna son fils en nourrice, c’est-à-dire Lugh, dont la mère était Eithne fille de Balar. Ainsi Tailltiu mourut à Tailltiu, et son nom y resta et sa tombe est au nord-est du Siège de Tailltiu. Ses jeux furent célébrés chaque année et sa complainte, par Lugh. Avec des gessa et des faits d’armes étaient-ils célébrés, une quinzaine avant Lugnasad et une quinzaine après: ainsi dit-on Lughnasadh, c’est-à-dire, la célébration ou la fête de Lugh.

Ainsi Oengus longtemps après dit, « le nasad de Lug, ou le nasad de Beoan fils de Mellan.« 

§60. Pour revenir aux Tuatha De Danann. Nuadu Airgatlam tomba lors de la dernière bataille de Mag Tuired, et Macha fille d’Ernmas, par la main de Balar le dur frappeur. Dans cette bataille tomba Ogma f. Elada par la main de Indech fils du De Dmnann, roi des Fomoire. Bruidne et Casmael tombèrent sous les coups de Ochtriallach f. Indech. Après la mort de Nuadu et de ces hommes, Lug prit le trône d’Irlande, et son grand-père Balar le dur frappeur tomba par sa main, avec une pierre de sa fronde. Lugh fut quarante années roi de l’Irlande après la dernière bataille de Mag Tuired, et il y eut vingt-sept années entre les batailles.

§61. Alors Eochu Ollathair, le grand Dagda, fils d’Elada, fut quatre-vingts années sur le trône d’Irlande. Ses trois fils étaient Oengus et Aed et Cermat Coem; les trois fils de Dian Cecht, Cu et Cethen et Cian.

§62. Dian Cecht avait trois fils, Cu, Cehten et Cian. Miach fut le quatrième fils bien que non reconnu par beaucoup. Sa fille était Etan la poétesse, et Airmed la guérisseuse était l’autre fille: et Coirpre, fils d’Etan était poète. Crichinbel et Bruidne et Casmael étaient les trois satiristes. Be Chuille et Dianann étaient les deux fermières.
Les trois fils de Cermad fils du Dagda étaient Mac Cuill, Mac Cecht, Mac Griene: Sethor et Tethor et Cethor étaient leurs noms. Fotla et Banba et Eriu étaient leurs trois épouses.
Fea et Nemaind étaient les deux femmes de Net, à qui Ailech Neit.
Flidais, éponyme du « Bétail de Flidais »; ses quatre filles étaient Argoen et Be Chuille et Dinand et Be Theite.
Les deux boeufs royaux étaient Fea et Femen, d’eux viennent la plaine de Fea et la plaine de Femen. Ceux-ci étaient des boeufs fidèles.
Torc Triath était roi des sangliers, de lui vient Mag Treitherne. Cirba était roi des moutons, de lui vient Mag Cirba. Math fils d’Umor était le druide.
Badb et Macha et Anand, de qui viennent les Paps d’Anu à Luachar étaient les trois filles d’Ernmas la fermière.
Goibniu le forgeron, Luicne le charpentier, Creidne le scribe, Dian Cecht le médecin.

§63. Delbaeth après le Dagda, dix années sur le trône d’Irlande, puis il tomba, avec son fils Ollom, par la main de Caicher f. Nama, frère de Nechtan. Fiacha f. Delbaeth prit le trône d’Irlande après son père, dix autres années, puis il tomba, ainsi que Ai f. Ollom, sous les coups d’Eogan Inbir. Vingt-neuf années il y eut les petits-fils du Dagda sur le trône d’Irlande, à savoir Mac Cuill, Mac Cecht, et Mac Greiene: ils divisèrent l’Irlande en trois parties. A eux vinrent les Gaedil en Ireland, de sorte qu’ils moururent aux mains des trois fils de Mil, vengeant Ith, Cuailnge, et Fust, des trois fils de Breogan.

§64. Nuadu Airgetlam f. Echtach f. Etarlam f. Ordam f. Aldui f. Tat f. Tavarn f. Enda f. Baath f. Ebath f. Bethach f. Iarbonel f. Nemed f. Agnomain f. Pamp f. Tat f. Sera f. Sru f. Esru f. Braimend f. Rathacht f. Magoth f. Iafeth f. Noe.
Neit f. Indui f. Alldui f. Tat
Fiachna f. Delbaeth f. Ogma f. Elada f. Delbaeth f. Net
Ai f. Ollam f. Delbaeth f. Ogma f. Elada.
Lug f. Cian f. Dian Cecht f. Esarg f. Net f. Indui f. Alldui, il fut le premier qui amena le jeu d’échecs et le jeu de balle et les courses de chevaux et les assemblées en Irlande, ainsi dit-on:
Lug fils d’Ethliu, une falaise sans ride,
Avec lui advint pour la première fois grande assemblée:
Après la venue du Christ, ce n’est pas vaine proclamation,
Conchobar le sage et violent mourut.

Caicher et Nechtan, les deux fils de Nama f. Eochu Garb f. Dui Temen f. Bres f. Delbaeth f. Net.
Siugmall f. Corpre Crom f. Eremair f. Delbaeth f. Ogma.
Oengus mac Oc et Aed Caem et Cermait Milbel, ceux-ci étaient les trois fils du Dagda.
Corpre le poète f. Tuar f. Tuirell f. Cait Conaichend f. Orda f. Alldui f. Tat
Galia f. Oirbsen f. Elloth f. Elada f. Delbaeth f. Net
Orbsen était le nom de Manannan au début, et de lui Loch Orbsen en Connachta porte le nom. Quand Manannan était enterré, c’est alors que le lac jaillit sur la terre, pendant l’enterrement.
Les six fils de Delbaeth f. Ogma f. Elada f. Delbaeth f. Net, étaient Fiachra, Ollam, Indui, Brian, Iucharba, Iuchar. Donann la fille du même Delbaeth était mère des trois derniers, Brian, Iucharba et Iuchar. Ceux-ci étaient les trois dieux de Danu, éponymes de la Montagne des Trois Dieux. Et ce Delbaeth eut le nom de Tuirell Bicreo.
Tuirill f. Cait en outre était le grand-père de Corpre le poète, et Etan fille de Dian Cecht était mère de ce Tuirill.
Les trois fils de Cermait, en outre, dit-on; Mac Cuill – Sethor, le noisetier son dieu; Mac Cecht – Tethor, le soc son dieu; Mac Greine – Cethor, le soleil son dieu. Fotla était l’épouse de Mac Cecht, Banba de Mac Cuill, Eriu de Mac Greine. Celles-ci étaient les filles de Fiachna fils de Delbaeth. Ernmas fille d’Etarlam f. Nuada Airgetlam était mère de ces trois femmes, et mère de Fiachna et Ollom.
Ernmas avait trois autres filles, Badb et Macha et Morrigu, dont le nom était Anand. Ses trois fils étaient Glon et Gaim et Coscar.
Boind fille de Delbaeth f. Elada.
Fea et Neman, les deux épouses de Net f. Indiu, deux filles d’Elemar du Brug.
Uillend f. Caicher f. Nuadu Airgetlam.
Bodb du Tertre de Femen, f. Eochu Gab f. Dui Temen f. Bres f. Elada f. Delbaeth f. Net.
Abean f. Bec-Felmas f. Cu f. Dian Cecht, le poète de Lugh.
En f. Bec-En f. Satharn f. Edleo f. Alda f. Tat f. Taburn.
A Tat f. Tabourn le choix des Tuatha Dé Danann s’unit.

A ce sujet l’historien chanta –

L’Irlande avec fierté, avec des armes,
Des armées déployées sur son ancienne plaine,
Vers l’ouest jusqu’au couchant il y avait des pillards,
Ses chefs de destruction autour de Temair.
Trente années après Genand
Des armées fantômes prirent la terre fertile;
Un coup porté au Peuple des Sacs vaincu
Fut la visite des Tuatha Dé Danann.
C’est Dieu qui les souffrit, bien qu’il les restreignît –
Ils abordèrent avec horreur, avec haut fait,
Dans leur nuage un puissant combat de spectres,
Sur une montagne de Conmaicne en Connacht.
Sans distinction pour discerner l’Irlande,
Sans navire, parcours impitoyable,
La vérité inconnue sous le ciel des étoiles,
S’ils étaient du ciel ou de la terre.
S’ils étaient des démons diaboliques
Expédition agitée de noires capes,
Elle était sûre avec des régiments, avec des armées:
S’ils étaient hommes, c’était la progéniture de Bethach.
Des hommes appartenant à la loi
Est l’affranchi qui a forte descendance:
Bethach, un rapide guerrier insulaire
Fils d’Iarbonel fils de Nemed.
Ils ne tinrent ni assemblée ni procès
Au lieu de Fal jusqu’au couchant:
Il y eut du feu et des combats
A la fin sur Mag Tuired.
Les Tuatha Dé, ce fut le berceau d’un puissant,
Autour du Peuple des Sacs lutta pour le trône:
Dans leur combat avec force fierté,
Des troupes par centaines de milliers moururent.
Les fils d’Elada, gloire d’armes,
Un loup de division contre un pillard:
Bres du Brug de Banba aux sages paroles,
Dagda, Delbaeth, et Ogma.
Eriu, bien qu’il fallût atteindre la fin,
Banba, Fotla, et Fea,
Neman aux ingénieux versets,
Danann, mère des dieux.
Badb et Macha, grande richesse, Morrigu –
Fontaines de ruse,
Sources d’âpre combat
Étaient les trois filles d’Ernmas.
Goibniu qui n’était pas impotent à la forge,
Luichtne, le libre scribe Creidne,
Dian Cecht, pour les chemins de grande guérison,
Mac ind Oc, Lug fils d’Ethliu.
Cridinbel, le fameux Bruinde,
Be Chuille, la belle Danand,
Casmael au bardisme parfait,
Coirpre fils d’Etan, et Etan.
Les petits-fils du Dagda, qui avaient une triple division
Divisé Banba aux clairons; racontons
Les princes à l’excellente hospitalité,
Les trois fils de Cermat de Cualu.
Bien que l’Irlande fût multitude de milliers
Ils divisèrent sa terre en tiers:
Grands chefs aux faits de fierté,
Mac Cuill, Mac Cecht, Mac Greine.
Il les balaya de leur terre, le Fils de Dieu,
De la plaine royale que je fais manifeste:
Pour toute la valeur de leurs actes,
De leur claire division, leur descendance n’est pas en Irlande.
C’est Eochu sans enchantement de sauts qui façonne
La distinction de ses bons quatrains;
Mais la connaissance des guerriers quand il la relate,
Bien qu’il les énumère, il ne les admire pas.
Adorez le nom du Roi qui vous créa,
Qui fournit toutes les vérités qu’il (Eochu) narre:
Qui a relâché chaque tempête que nous attendons,
Qui a façonné la plaisante terre d’Irlande.

Tanaide chanta:
Les Tuatha Dé Danann sous l’obscurité,
Un peuple sans contrat de religion;
Des enfants du bois qui n’a pas flétri,
Peuple du sang de la chair d’Adam.
Des nobles là-bas du peuple fort,
Peuple au sommet flétri, racontons,
Dans le cours où nous sommes,
Leurs époques dans leur royaume.
Un temps de sept années du noble Nuadu –
Majestueux sur la blonde compagnie,
Le règne de l’homme à la large poitrine,
A la crinière de lin, avant sa venue en Irlande.
A Mag Tuired, lourde de destin,
Où tomba un champion de la bataille,
Du blanc défenseur du monde –
Son bras princier fut élagué.
Sept années de Bres, qui ne fut pas période blanche,
Par la perspective du barde,
Dans la principauté sur la plaine, généreuse en noix,
Jusqu’à ce que le bras de Nuadu fût guéri.
Nuadu après cela vingt années,
Il amena le peuple des fées à résidence,
Jusqu’à ce que Lugh à la lance assassine fût roi –
Celui aux multiples talents qui ne tiédissaient pas.
Quarante pour Lugh – ce fut bien équilibré –
Au trône sur le Palais de Banba;
Il n’atteignit aucun céleste lit d’innocence;
Quatre-vingts pour le Dagda.
Dix ans pour Delbaeth le véhément
Jusqu’à ce qu’un sage en royauté arrivât,
Sans faute sur la rive de l’océan –
Dix autres pour Fiachna.
Vingt-neuf années, je le proclame,
Sur toute paix – terre d’Irlande,
Dans le royaume sur Banba durablement grand
Il y eut les petits-fils du Dagda talentueux au « denseng ».
Par la suite les fils de Mil vinrent,
Ils arrivèrent pour les rougir –
Enfants du grand héros
Qui jaillit d’Espagne sans refroidir.
Jusqu’à ce que les dévoués Gaedil les blessassent,
Sans armée, par leur ruse,
Ce n’est ni fable ni fantaisie
Que rare était la faiblesse des Tuatha.

Ainsi dit Fland Mainstrech
Entendez, vous sages sans peine,
Si tel est votre souhait que je relate les morts,
Avec astuce, du choix des Tuatha Dé Danann.
Edleo fils de cet Alldai,
Le premier homme des Tuatha Dé
Danann qui tomba en l’Irlande virginale,
Par la main de Nerchon petit-fils de Semeon.
Ernmas, la très valeureuse, tomba,
Fiachra, Echtach, Etargal,
Tuirill Picreo de Baile Breg
A la première bataille de Mag Tuired.
Elloth avec la bataille tomba –
Le père, grand et rude, de
Manannan – et la parfaite belle Donand,
Par la main de De Domnand des Fomoraig.
Cethen de Cu mourut d‘horreur à Aircheltra;
Cian loin de sa maison tua Brian, Iucharba et Iuchar.
D’un rayon du pur soleil
Mourut le grand Cairpre, fils d’Etan:
Etan mourut sur la mare de peine
Pour Cairpre au front blanc.
A Mag Tuired, ce fut par la bataille
Que Nuadu Airgetlam tomba: et Macha
– Ce fut après Samhain – par la main de Balar le dur frappeur.
Ogma tomba, sans être faible
Par la main d’Indech fils de De Domnann:
Le bon Casmael à l’ample poitrine tomba
Par la main de Oichtriallach fils d’Indech.
Or de douloureuse peste moururent
Dian Cecht et Goibnenn le forgeron:
Liughne le scribe tomba aussi
Avec eux d’une forte flèche enflammée.
Creidne le plaisant artificier
Fut noyé sur la mer, le sinistre bassin,
Qui apportait des trésors d’or noble
En Irlande depuis l’Espagne.
Bress mourut à Carn ui Neit par la duperie de Lug,
Sans grande fausseté:
Pour lui c’était cause de dispute
Pour sûr boire du grain tourbé au lieu de lait.
De Chuille et la fidèle Dianann,
Les deux fermières moururent,
Un soir avec druiderie, à la fin,
Par de gris démons d’air.
Il tomba sur le champ à l’est
Dans les tranchées du Rath Ailig,
Indui le grand, fils du plaisant Delbaith,
Par la main de Gann, un jeune audacieux aux poings blancs.
Fea, durable fut son renom,
Mourut au bout d’un mois après sa blessure
A la même place forte – c’est adéquat –
De chagrin pour Indui aux cheveux blancs.
Boind mourut au combat
Au puits du fils du noble Nechtan:
Aine fille du Dagda mourut de l‘amour qu’elle offrit à Banba.
Cairpre tomba – souvenez-vous!
Par la main de Nechtan fils de Nama:
Nechtan fut empoisonné par la main
De Sigmall, petit-fils de Midir l’affranchi.
Abean fils du froid Bic-felmais,
Le barde de Lug en pleine victoire,
Il tomba par la main de Oengus
Sans reproche devant Midir aux grands exploits.
Midir fils de cet Indui
Tomba par la main d’Elemar:
Elemar, âpre au combat, tomba
Par la main d’Oengus le parfait.
Brian, Iucharba, et Iuchar,
Les trois dieux des Tuatha Dé Danann
Furent tués à Mana sur la brillante mer
Par la main de Lug fils d’Ethliu.
Cermait fils du divin Dagda
Lug … le blessa
Ce fut un grand chagrin sur la plaine
Au règne d’Eochu Ollathair.
Cermat Milbel le puissant tomba
Par la main de l’âpre Lug fils d’Ethliu,
De jalousie pour sa femme, grande manière,
De laquelle le druide avait menti.
Par la main de Mac Cecht sans affection
Le harpiste tomba:
De plus Lug tomba sur la vague,
Par la main de Mac Cuill fils de Cermat.
Aed fils du Dagda fell
Par la main de Corrchend le beau, d’égale valeur;
Sans duperie, ce fut un désir de rigueur,
Après qu’il eût été à sa femme injustement.
Corrcend de Cruach fut tué
– L’âpre et très rapide champion,
Par la pierre qu’il leva sur le rivage
Sur la tombe du honteux Aed.
Cridinbel le bigleux et tordu fut tué
– Le maître ensorceleur des Tuatha Dé Danann –
Pour l’or qu’il trouva dans la paisible Bann,
Par la main du Dagda, petit-fils de Delbaeth.
Lorsqu’il vint de la froide Alba,
Lui, le fils du Dagda rougeaud,
A l’embouchure de la Boinn, là-bas,
Là fut noyé Oengus.
Le seul fils de Manannan de la baie,
Le premier amour de la vieille femme,
Le tendre jouvenceau tomba dans la plaine
Par la main de Bennan le paresseux, sur la plaine de Breg.
Net fils d’Indui et ses deux épouses,
Badb et Neman sans tromperie,
Furent tués à Ailech sans reproche
Par Nemtuir le Rouge, des Fomoraig.
Fuamnach la blanche (?) qui était femme de Midir,
Sigmall et Bri sans défaut,
A Bri Leith, ce fut de pleine vigueur,
Furent tuées par Manannan.
Le fils d’Allot tomba, avec courage,
Le riche trésor, Manannan,
A la bataille du rude Cuillend
Par la main d’Uillend aux sourcils roux.
Uillend avec fierté tomba
Par la main de Mac Greine avec pure victoire:
La femme du brun Dagda
Mourut de la peste sur les pentes à Liathdruim.
Le Dagda died mourut d’une flèche sanglante
Dans le Brug – ce n’est pas un mensonge –
Où la femme Cethlenn lui fit mortelle blessure,
Dans la grande bataille de Mag Tuired.
Delbaeth et son fils tombèrent
Par la main de Caicher, le noble fils de Nama:
Caicher tomba à la paresseuse Boinn,
Par la main de Fiachna fils de Delbaeth.
Fiacha et le noble Ai tombèrent
Devant le solide Eogan de la crique:
Eogan de la crique froide tomba
Devant Eochaid le savant, dur comme du fer.
Eochaid le savant tomba par la suite
Par la main d’Ed et de Labraid:
Labraid, Oengus, Aed, tombèrent
Par la main de Cermat de belle forme.
Eriu et Fotla avec fierté,
Mac Greine et Banba avec victoire,
Mac Cuill, Mac Cecht avec pureté
Dans la bataille de Temair à la claire vague.
Mac Cecht par la main du noble Eremon:
Mac Cuill, du parfait Eber:
Eriu là-bas, par la main de Suirge
Par la suite: Mac Greine de Amorgen.
Fotla par la main d’Etan avec fierté,
De Caicher, Banba avec victoire,
Où que soit le lieu oùils dorment,
Telles sont les morts des guerriers; entendez.

Telles sont les aventures des Tuatha De Danann.


§65. La prise des Gaedil et leur installation, ci dessous. Quant aux Gaedil, nous avons donné leurs aventures depuis Iafeth f. Noe, et depuis la Tour de Nemrod, jusqu’à ce que nous les eussions laissés à la Tour de Breogan en Espagne; et comment ils vinrent d’Egypte, et hors de Scythie jusqu’aux Marais Maeotiques, et le long de la Mer Tyrrhénienne jusqu’à la Crète et jusqu’à la Sicile; et nous avons aussi relaté comment ils prirent l’Espagne de force. Nous allons à présent narrer simplement ci-dessous, comment ils vinrent en Irlande.

§66. Íth f. Breogan, ce fut lui qui vit l’Irlande le premier, un soir d’hiver, depuis le haut de la Tour de Breogan; car ainsi la vision d’un homme est-elle la meilleure, un clair soir d’hiver. Íth, avec deux fois trente guerriers, vint en Irlande, et ils débarquèrent sur le “Rivage Fétide” du cap de Corcu Duibne, quant il fut temps d’arriver.

Si nous suivons les autorités de Munster, voici leur route. Íth vint par la suite à Corcu Duibne, à Ciarraige Luachra, à Luachair Dedad, par la plaine de Cliu, à Eile, à Tir Cell, le long de Mide, dans le territoire de Luigne, au-delà de Sliab Guaire, le long des bois de Fernmag, par Fossad Cláir de Fernmag, au-delà de Shah Betheeh, à Shah Toad, à travers le marécage de Tir Sirláim, dans le territoire de Modorn, à Mag Ítha, au-delà de la pointe de Loch Febail, dans les terres de Net, à Ailech de Net. Mais d’après ceux du Nord, il navigua, comme nous l’avons dit, jusqu’à l’Irlande, et accosta sur le “Rivage Fétide” de Mag Itha, sur le flanc nord de l’Irlande.

§67. Les gens vinrent converser avec lui sur ce rivage, et chacun donna ses nouvelles mutuellement, dans la langue Scotique; c’était adéquat, vu que de chaque côté ils étaient de la progéniture de Rifath Scot. Íth leur demanda quel était le nom de cette île. Inis Elga, dirent-ils; Mac Cuill, Mac Cécht, et Mac Gréine sont ses trois rois.

Qui est son roi? dit Íth. Ils répondirent; Mac Cuill, Mac Cécht, et Mac Gréine sont les noms des trois rois qui la dirigent. [Or d’autres disent que ce sont des bergers qui le rencontrèrent en premier, et lui donnèrent des nouvelles.] Íth demanda, Où sont ces rois! Ils dirent que Cathair Crofind était le lieu où ils se trouvaient. Toutefois, ce n’est pas là qu’ils se trouvaient – à ce moment, mais…

§68. Il y avait en fait une convention des hommes d’Irlande à Ailech de Net, après la mort de Net f. Innui d’Ailech par les Fomoire. Les trois rois partageaient le bétail et les trésors du roi d’Ailech à ce moment. Íth f. Breogan vint de Corco Duibne, à Ciarraige, et à Luacliair Dedad, dans les basses terres de Clíu, puis vers le nord dans les Éiles, dans les terres de Fir Cell, le long de Mide, dans le territoire de Luigne, par-dessus Sliabh Guaire, par les bois de Fernmag, à Fossad Cláir: de Fernmag, par la pointe de Sliabh Bethech, à Sliabh Tóád, dans le marécage de Tír Sírláim, dans le territoire de Modorn, à Mag nÍtha, jusqu’à Ailech Néit. Les trois rois, Mac Cuill, Mac Cécht, Mac Gréine, y étaient, et ils l’accueillirent, et lui dirent l’affaire qui les occupait.

§69. Íth surpassa les juges de l’Irlande en ruse et en argument; et il donna conseil pour chaque affaire et chaque différend qui était exposé à eux. Puis Íth dit: Usez simplement de droiture, car bonne est l’Irlande où vous résidez; abondants ses fruits, son miel, son blé et ses poissons; modérés sa chaleur et son froid. Il s’y trouve tout ce qu’il vous faut. Par la suite il leur dit adieu, et partit vers son navire.

§70. La première nuit après que Íth fût allé en Irlande après son arrivée à Loch Sailech, des démons tuèrent un de ses suivants. Il est le premier qui fut tué en Irlande, de la descendance des Fils de Míl. Chaque port où Íth vint en Irlande, après qu’il eût accosté chaque territoire où ce fut, Mag Ítha est son nom; Mag Ítha à Loch Febail, Les Terres de Íth à Loch Sailech, Mag Ítha dans les Déssi, Mag Ítha à Luimnech.

§71. C’est alors qu’un complot fut tramé par eux pour tuer Íth, et ils lui commandèrent de quitter l’Irlande; et il s’éloigna d’eux, depuis Ailech Mag Ítha. Il y eut une poursuite après lui jusque là, et il tomba par leurs mains à Mag Ítha; ainsi Mag Ítha fut nommée. Ainsi ce fut pour venger Íth que les Fils de Mil vinrent – car son corps fut transporté en Espagne.

§72. Or, voici ce que les érudits relatent; que forts de trente-six chefs et nobles les Gáedil vinrent. Chacun avait un navire, ce qui fait trente-six navires. Et vingt-quatre serviteurs avaient-ils, chacun de ceux qui avaient un navire; et vingt-quatre serviteurs pour chaque serviteur de chaque navire, encore.

Ceux-ci sont les trente-six chefs qui vinrent en Irlande ainsi que Fintan f. Bochra le nota (qui était né sept ans avant le Déluge; jusqu’à sept ans du règne de Diarmait mac Cerbaill, telle fut sa vie) sous le service de Finnian de Mag Bile, et de Colum Cille, et que Túan mac Cairill le nota en présence des Irlandais, et de Finnian de Mag Bile, et comme ses disciples le racontèrent, à savoir Ladcend f. Bairche, et Colmán f. Comgellán, et Cenn Fáelad f. Ailill, et Senchan f. Colmán, Cú Alad des Cruachans, et Bran de Boirenn, etc. Ceux-ci sont les disciples de Finnian et de Túán.

Et ce qu’ils dirent fut, que ceux-ci sont les trente-six chefs qui entrèrent en Irlande comme les Gaedil, soit les dix fils de Bregon (Íth étant l’un d’entre eux) – Brego, Bile, Blad, Cualu, Cuailnge, Fúat, Muirthemne, Eibleo, Íth, Nár: le fils unique de Bile, Míl d’Espagne (Galam était son véritable nom): les sept fils de Míl, Donn, Colptha, Amorgen, Éber, Ír, Érimón, Érech Febria et Érennán, le cadet de la famille. Les trois fils d’Érimón; Muimne, Luigne, Laigne; aussi Palap et Írial Fáid (mais en Irlande même Írial naquit-il) le fils d’Érimón.
Et il se nomme Nuadu Airgetlám. Nuadu Airgetlám avait deux fils, Glas de qui Síl nArgetrois, et Fir Nuadat; et ils prirent la principauté de l’Irlande; car Nuadu n’était pas en contrat avec eux, car il était jeune, et il n’y eut pas de division entre eux, grâce à sa piété pour ses frères; mais il nourrissait et vêtait chaque enfant né de lui, et il supprimait les enfants de l’une et il exagérait ceux de l’autre pour leur piété; car ce que disent les érudits est, que chaque famille princière qui est en Irlande, sauf les Eoganacht, est de la descendance de Nuadu Airgetlám.

Une autre famille est reconnue pour être née d’Érimón en Irlande, ce sont Alan, Eidenn, Aine, Caithiar, Caitheair, Cerna. Les quatre fils d’Éber Finn, Ér, Orba, Ferón, Fergna.

Et les érudits pensent qu’il eut des enfants en Irlande, à savoir Conmáel f. Éber, qui prit le trône de l’Irlande et d’Alba, et Caur, Corand, Edar, Airb, Airbe. Les dix champions de plus, Caicher, Fulmán, Mantán, Sétga, Suirge, Sob­airche, Én f. Oice, Ún f. Uice, Étán, Goisten.
Ou étaient-ce les trois fils de Nár f. Breogan, et Gosten était le frère de Setga.

Tels sont les noms des dix champions; Bres, Búas, Buaigne, les trois fils de Tigernbard f. Brigi f. Breogan. Ou peut-être Brigi f. Brig eut un fils Bile.

Et y vint aussi Lugaid f. Ith, le dur, valeureux et puissant guerrier, pour venger son père. De sorte que telle est la compagnie de chefs qui vinrent en Irlande avec les Fils de Míl, les dix fils de Breogan, et les huit fils de Míl, les cinq fils d’Érimón, et les quatre fils d’Éber Finn, et les dix champions. Et y vinrent Gosten et Sétga et Íth f. Breogan. Et les érudits disent que Míl ne vint pas en Irlande; et d’autres disent que les trois rois moururent de la peste avant de venir en Irlande, ce sont Míl f. Bile, et Oige et Uige, les deux fils d’Allod f. Noenel.

Les vingt-quatre serviteurs comme suit; Aidne, Al, Assal, Mede, Morba, Mide, Cuib, Clíu, Cera, Saer, Slán, Life, Line, Ligen, Traig, Dul, Adal, Aire, Dése, Dela, Fea, Femen, Fera.
De plus Lugaid f. Íth vint aussi, le dur et valeureux guerrier avec la force d’une centaine, pour venger son père avec eux tous.

Tels sont les noms des principaux serviteurs, tels sont les noms des serviteurs subordonnés ci-dessous, qui ne sont pas très importants dans les livres: Medar, Ladar, Medon, Pida, Cath, Ruis, Cailna, Mad, Dena, Caeha, Bonn, Finnu, Cer, Coirche, Meadba, Ailim, Bir, Baschon, Forena, Lugba, Sega, Seilgenn, Seg, Mar, Aig. On dit qu’Éber avait des fils en plus de ceux-ci, Caur, Capa, Corunn, Edor, Arb, Airrbe,. Éremón avait six autres fils, Edenn, Alan, Ailie, Caichear, et Caieher Cernda; et cette famille n’est pas habituellement mise en évidence.

§73. Un des huit Fils de Míl, Érannán, le cadet de la famille, ce fut lui qui monta au mât pour espionner l’Irlande, et tomba du mât dans la mer sur le rocher. Et sa tombe est à Inber Scéne, et la tombe de Scéne femme d’Amorgen de l’autre côté. Elle mourut sur la mer à l’estuaire, et Amorgen dit: Le port où nous accosterons, portera le nom de Scéne. Les fils de Míl firent un concours d’aviron comme ils arrivaient en Irlande depuis l’endroit où ils virent l’Irlande au loin; et Ír fils de Míl avança d’une longueur d’un murchrech [peut-être le mythique « neuf vagues »] au-delà de tout navire. Éber Donn, l’aîné de la famille, fut envieux, et il dit:

Ce n’est pas heureux
Qu’Ír saute avant Íth,

[c’est-à-dire, avant Lugaid fils d’Íth]. Alors la rame qui était dans la main d’Ír se brisa, et il tomba en arrière, et mourut la nuit suivante; et son corps fut porté à Sceilic, derrière le promontoire au sud de Corco Duibne.

Chaque fois que les Fils de Míl approchaient de l’Irlande, les démons conspiraient pour que le port fût, en quelque sorte, un dos de porc; c’est pourquoi l’Irlande est appelée “Ile des Porcs”. Ils firent le tour de l’Irlande trois fois, et abordèrent enfin à Inber Scéne.

Peinés étaient Éber Finn et Érimón et Amorgen après la mort de leur frère; et ils dirent: ce serait juste qu’Éber Donn n’eût point sa part de la terre, puisqu’il fut jaloux de son frère Ir. Au matin Scéne et Érannán furent enterrés à Inber Scéne. Tous les deux furent enterrés; leurs tumuli et leurs tombes sont toujours là, côte à côte. Alors Amorgen dit,

Bien que ce soit la tombe de Scene – elle l’était [jusqu’alors] –
(mais le nom de Scene y restera)
Ce sera la tombe d’Erannán, jusqu’à sa venue,
De Dieu vint la mort de ce poète.

§74. Comme il posait son pied droit sur la terre d’Irlande, Amorgen Glúingel f. Míl dit ce poème –

Je suis Vent sur Mer,
Je suis Vague d’Océan,
Je suis Rugissement de Mer,
Je suis Taureau aux Sept Combats,
Je suis Vautour sur Falaise,
Je suis Goutte de Rosée,
Je suis Plus belle des Fleurs,
Je suis Sanglier d’Audace,
Je suis Saumon dans Lac,
Je suis Lac sur Plaine,
Je suis une Montagne dans un Homme,
Je suis un Mot Habile,
Je suis la Pointe d’une Arme (qui se lance au combat),
Je suis Dieu qui façonna Feu pour une Tête.
Qui aplanit la rudesse d’une montagne?
Qui est Celui qui annonça les âges de la Lune?
Et qui, le lieu où tombe le couchant?
Qui appela le bétail de la Maison de Tethys?
Sur qui sourit le bétail de Tethys ?
Qui est la troupe, qui le dieu qui façonna les bords
D’une forteresse de gangrène?
Enchantements sur une lance? Enchantements de Vent?

Amorgen dit aussi:

Une mer poissonneuse!
Une terre fructueuse!
Un jaillissement de poisson
Poisson sous vague,
En torrents comme ceux
D’une mer agitée!
Des oiseaux,
Une grêle blanche
Avec des centaines de saumons,
De larges baleines!
Un chant portuaire –
Un jaillissement de poisson,
Une mer poissonneuse!

Au terme de trois jours et trois nuits par la suite les Fils de Míl livrèrent la bataille de Sliab Mis contre les démons et les Fomoraig, c’est-à-dire, contre les Túatha Dé Danann. C’est là que Fás (ainsi le lit-on) tomba, la femme d’Ún f. Uicce, éponyme de “la tombe de Fás”, entre Sliab Mis et la mer.

Scota fille de Pharaon roi d’Egypte, mourut aussi dans cette bataille – l’épouse d’Érimón f. Míl. Car Míl f. Bile voyagea en Egypte, fort des compagnies de quatre navires, et il prit Scota pour épouse, et Érimón la prit avec lui. Durant cette nuit où les Fils de Míl vinrent en Irlande, eut lieu le jaillissement de Loch Luigdech à Iar-Mumu.

« Shah Mis » – qui signifie la pire montagne qu’ils trouvèrent après être arrivés en Irlande, car là menèrent-ils leur première bataille en Irlande.

§75. Lugaid f. Íth se baignait dans le Loch Luigdech; Fial, épouse de Lugaid, se baignait dans la rivière qui s’écoule du lac. Son époux alla nu vers elle, et elle vit la nudité de son époux, et mourut de honte. Ainsi furent nommés Loch Luigdech, et Fial, et Inber Féile.

§76. Les Fils de Míl combattirent à la bataille de Life; il y avait des monstres en forme de géants que les Túatha Dé Danann avaient invoqués par druiderie. Les Sons of Míl (Éber, Érimón et Ír), combattirent vaillamment. Le cheval d’Érimón y tomba, ainsi fut nommé Gabar Life. Ils avancèrent par la suite jusqu’à la montagne au-dessus de Loch Dergderc.

§77. Les Fils de Míl consultèrent Banba à Sliab Mis. Banba leur dit: Si c’est pour prendre l’Irlande que vous êtes venus, mauvaise est la fortune qui vous a menés. C’est par nécessité, dit Amorgen Glúingel, le poète. Un présent de vous à moi alors, dit-elle. Quel présent? dirent-ils. Que mon nom soit sur cette île, dit-elle. Quel est ton nom? dirent-ils. Banba, dit-elle. Que cela soit un nom pour cette île, dit Amorgen.

Le Livre de Druim Snechta dit qu’Amorgen s’enquit de sa race. De la descendance d’Adam je suis, dit-elle. Quelle race des fils de Noé est la tienne! dit-il. Je suis plus vieille que Noé, dit-elle; sur le pic d’une montagne j’étais pendant le Déluge; jusqu’à ce présent mont les vagues du Déluge arrivèrent. C’est pourquoi il est nommé Tul Tuinne? [mais l’extrait ci-dessus est surprenant.] Par la suite ils chantent des sortilèges contre elle, et l’éloignent d’eux.

§78. Ils consultèrent Fotla à Eblinne. Elle leur parla de même façon, et désira que son nom fût donné à l’île. Amorgen dit: Que Fotla soit un nom pour cette île.

§79. Ils consultèrent Ériu à Uisnech. Elle leur dit: Guerriers, dit-elle, bienvenue à vous. Longtemps les devins ont eu connaissance de votre venue. Vôtre sera cette île pour toujours; et jusqu’à l’est du monde il n’y aura pas de meilleure île. De race il n’y aura pas, plus nombreuse que la vôtre. Cela est bien, dit Amorgen; bonne est la prophétie. C’est mal de la remercier, dit Éber Donn, l’aîné des Fils de Míl; Remercie nos dieux et notre puissance. A toi c’est égal, dit Ériu; tu n’auras pas de profit sur cette île, ni ta progéniture. Un présent pour moi, de vous fils de Míl, et de vous fils de Breogan, dit-elle; que mon nom soit sur cette île. Il sera son nom principal, dit Amorgen.

Le Livre de Druim Snechta dit que ce fut à Sliab Mis qu’Ériu tint colloque avec eux, et qu’elle forma de grandes armées pour s’opposer à eux, de sorte qu’ils combattirent avec eux. Mais leurs druides et poètes leur chantèrent des sortilèges, et ils virent que ce n’étaient que des mottes de tourbe de la montagne. (De là vient le nom Sliab Misse.) Et que ce fut Fotla qui tint colloque avec eux à Uisnech.

§80. Les fils de Míl et de Bregon continuèrent, jusqu’à ce qu’ils fussent à Druim Chain, c’est-à-dire, Temair. Les trois rois d’Irlande, Mac Cuill, Mac Cécht, et Mac Gréine, y étaient. Ils prononcèrent jugement contre les Fils de Míl, qu’ils auraient l’île au terme de trois jours, sans assaut, sans assemblée de bataille, ou de prise d’otages; car ils étaient assurés qu’ils ne reviendraient pas, parce que les druides feraient des sortilèges derrière eux, afin qu’ils ne fussent pas capables de revenir. Nous l’adjugerons, dit Mac Cuill f. Cermat, comme Amorgen votre propre juge vous le prononcera; car s’il devait donner un faux jugement, il serait tué par nos mains. Donne le jugement, Amorgen, dit Eber Donn. Je le prononce; dit Amorgen. Que l’île leur soit laissée. Jusqu’où devons-nous aller, dit Éber. Juste après neuf vagues, dit Amorgen. C’est le premier jugement donné en Irlande. Amorgen dit,

Hommes, cherchant une possession!
Au-delà de neuf grandes vagues au flanc vert,
Vous n’irez pas, sauf avec les dieux puissants!
Que ce soit fait promptement! Que bataille soit permise!

J’ajuste la possession de la terre où vous vîntes;
S’il vous agrée, adjugez le droit,
S’il ne vous agrée pas, ne l’adjugez pas –
Je ne vous le dis pas, sauf de votre bon gré.

§81. Ils allèrent vers le sud depuis Temair jusqu’à Inber Féile et Inber Scéne, car c’est là que leurs navires étaient. Puis ils s’éloignèrent, à neuf vagues. Les druides d’Irlande et les poètes chantèrent des sortilèges derrière eux, de sorte qu’ils furent emportés loin de l’Irlande, et furent en détresse à cause de la mer. Ceci est un vent de sorciers! dit Éber Donn; voyez s’il est par-dessus le mât. Et il ne l’était pas. Patience! dit Airech, le navigateur du navire de Donn, jusqu’à l’arrivée d’Amorgen (Airech était le fils adoptif d’Amorgen). Ils allèrent tous de l’avant, jusqu’à être tous en un lieu. Donn, l’aîné, dit: C’est une disgrâce pour nos hommes de ruse, dit-il. Ce n’est pas une disgrâce! dit Amorgen; et il parla,

Je cherche la terre d’Irlande,
Que soit parcourue la mer poissonneuse,
Fructueuses les hautes terres comptées,
Compté le bois pluvieux,
Pluvieuse la rivière aux cataractes,
De cataractes le lac aux bassins,
De bassins la colline au puits,
D’un puits du peuple aux assemblées,
D’assemblées du roi de Temair;
Temair, colline des peuples,
Peuples des Fils de Míl,
De Míl aux navires, aux barques;
Le grand vaisseau Eriu,
Eriu la grande, très verte,
Une incantation très rusée,
La grande ruse des épouses de Bres,
De Bres, des épouses de Buaigne,
La puissante dame Eriu,
Erimón la harcela,

— et une accalmie du vent vint sur eux aussitôt.

§82. Donn dit: Je vais à présent, dit-il, mettre sous le fil de ma lance et de mon épée tous ceux qui sont en Irlande. Et le vent se leva contre le navire où se trouvaient Donn et Airech, deux fils de Mil, et le navire où se trouvaient Bres, Búas, et Buaighne; de sorte qu’ils furent noyés aux Dunes de Tech Duinn. Le tumulus de chaque homme se trouve là. Et là, disent certains, Díl, épouse de Donn, fut noyée. Elle était une fille de Míl, et Érimón lui-même jeta une motte de terre sur elle. Ceci est une motte au-dessus de Díl, dit-il. Ainsi Fotla fut nommé, comme certains disent.

§83. Toutefois, Odba fille de Míl, mère des trois fils d’Érimón, de Muimne, Luigne, et Laigne, c’est elle qu’Érimón déserta en Espagne, prenant Tea à sa place. Mais Odba vint du sud dans un navire, avec ses fils, et ils s’occupèrent d’elle jusqu’à ce qu’elle mourût à Odba. Ainsi dit-on Odba. Quant à Tea fille de Lugaid f. Íth, ce fut elle qu’Érimón prit à la place d’Odba; et elle dut choisir une colline en Irlande comme portion nuptiale. Tel est la dot qu’elle choisit, Druim Chain, la colline qui est Temair; Temair est Tea Mur, le Mur de Tea. Lugaid signifie Lug Íth, c’est-à-dire, Lug, qui fut moins que son père.

§84. Éremón avec trente navires navigua vers tribord contre l’Irlande vers le nord-ouest. Ceux-ci étaient ses chefs: Brego, Muirthenme, Fáat, Cuailnge, Érimón, Éber f. Ír, Amorgen, Colptha, Muimne, Luigne, Laigne, Gosten, Sétga, Suirge, Sobairche. En outre, ceux-ci sont les quatorze serviteurs: Ai, Mdne, Assal, Mide, Cuib, Cera, Sér, Slán, Ligen, Dul, Adal, Traig, Line. D’eux l’historien chanta,

Meadon, Meadair, Caeh, Dala,
Lotan, Pita, Cath, Cuanna,
Rus, Calna, Mag, Deana,
Cacha, Bonn, Findu, Buada.

Ils accostèrent à Inber Colptha; c’est-à-dire, Colptha f. Míl, c’est lui qui débarqua le premier, de sorte que c’est son nom qui est celui du port; ainsi Inber Colptha.

§85. Quant aux Fils de Breogan, ils ne laissèrent pas de descendance, seulement leurs noms sur la noble forteresse d’Irlande.

§86. Il n’y eut pas de descendant annoncé aux guerriers, Sétga, Gosten, Sobairche, et Suirge. D’Amorgen est Corcu Achrach à Éile, et l’Orbraige, et Corcu Airtbinn, et Corcu Airtbi.

§87. Éber f. Ír, de lui sont la progéniture d’Ollom Fotla et de Rudraige; tous les Ulaid sont de sa progéniture. De sa progéniture sont Conmaicne, Ciarraige, Corcomruad, et Corcu Duibne; Dál Moga Ruith (soit Fir Maige Féne) et Laigse de Laigin, Arad Chliach et les sept Sogains.

§88. Quant à Érimón, le meneur de l’expédition, de lui est Leth Cuinn, soit les quatre familles de Temair, Conall, Colmán, Eogan, et Aed Sláine. De lui sont les trois Connachta, et Airgialla, Laigin, et Osraige, les Déssi de Mumu, et les Ernai de Mumu, de qui était la descendance de Deda, ainsi que Conaire le Grand avec ses enfants (les hommes d’Alba et de Dál Riata); et les Muscraige, et Corco Baiscinn. Et des Ernai de Mumu sont Dál Fiatach, les rois d’Ulaid; ceux-là sont les descendants d’Érimón. D’eux aussi sont les Fotharta, de qui vint Brigit, et Fintan de Cluain Eidnech, Ui Ailella, et Ui Cheocháin. Des Fotharta sont ceux-là. [Ceux-là sont tous les descendants d’Érimón].

§89. Éber resta au sud avec trente navires. Ceux-ci sont ses meneurs, Bile, Míl, Cualu, Blád, Ebliu, Nár, Éber Donn, Éber Finn, Airech, Érannán, Lugaid, Ér, Orba, Ferón, Fergna, Én, Un, Etán, Caicher, Mantán, Fulmán. Ceux-ci sont les serviteurs, dont chaque homme avait un navire; Adar, Aire, Déisse, Dela, Clíu, Mórba, Fea, Life, Femen, Fera.

§90. Bile et Míl, de leur descendance sont tous les Gáedil. Cualu et Blad et Ebliu ne laissèrent pas de descendance, seulement leurs noms sur d’importantes montagnes. Nár f. Bile, à qui Ros Náir. Aucune progéniture des guerriers ne fut inscrite, c’est-à-dire, d’Ér, Étán, Caicher, Fulmán, Mantán. Éber Donn et Airech ne laissèrent pas d’enfant, car ils furent noyés, comme nous l’avons dit. Les quatre fils d’Éber, Ér, Orba, Ferón, Fergna, n’eurent pas d’enfant. Ils eurent une demi-année sur le trône d’Irlande, jusqu’à ce qu’Íriel ne les tuât.

§91. Lugaid f. Íth, cinq peuples viennent de lui, à savoir la famille de Dáire Doimthech, soit les cinq Lugaid – Lugaid Cal, à qui les Calraige de Connachta, Lugaid Corr à qui les Corpraige, Lugaid Corp à qui Dál Coirpre de Cliu, Lugaid Oircthe à qui Corcu Oircthi, Lugaid Láeg à qui Corcu Láegde; dont fut le fils de Dairine, Lugaid mac Con. Ailill Ólom c’est lui qui l’entretint; et il ne pouvait dormir avec quiconque sauf avec Elóir, un chien de chasse qu’Aiiill possédait.

§92. Quant à Éber Finn, de sa descendance sont Dál Cais, et Dál Cein, et Delbna, et les Déssi du Nord, et Dál Moscorb; Dál Mathra, hUi Derduib, Cathraige, Éile, et Túath Tuirbi; et les Eoganacht de Caissel, d’Áme, de Loch Loin, de Ráithlinn, de Glenn Amain, d’Ara, et de Ros Airgit. Ceux-là sont les descendants d’Éber.

§93. Il y eut une dispute entre les fils de Míl concernant la royauté, c’est-à-dire, entre Éber et Érimón. Amorgen fut amené à eux pour arbitrer entre les deux, et il dit: l’héritage du chef, Donn, au second, Érimón; et l’héritage à Éber après lui. Mais Éber ne voulut pas accepter cela – seulement une division de l’Irlande. Ceux-ci sont les trois premiers jugements qui furent donnés parmi les fils de Míl en Irlande: le jugement qu’Amorgen donna à Temair, et cette décision à Sliab Mis, et la décision qu’Amorgen donna à Cenn tSáile à Mumu sur les cerfs et les chevreuils et les quadrupèdes; ainsi dit le poète,

Là Amorgen donna-t-il le jugement
Ses voisins ne le cachent pas;
Après la bataille de Mala, une gloire sans déchéance,
Entre les armées des Fils de Mil.
A chacun il octroya son droit,
Alors qu’ils chassaient;
Chacun reçut son légitime dû de ses mains,
Par le jugement d’Amorgen, haut et grand.
La première blessure des cerfs, c’est connu,
Que ce soit un homme ou un chien qui déchire la peau,
Aux chiens cerviers, coutume sans faille,
Revient ce qui leur est jeté.
La part du dépeceur, ainsi il l’octroya,
Une bouchée du court cou;
Aux chiens courants les jambes du cerf,
Sienne sera une part qui ne peut augmenter.
Les parties internes à l’homme qui vient dernier,
Qu’il pense ce mets bon ou mauvais,
Il est certain qu’il n’est pas habilité,
D’en partager la division.
Une division générale à chacun
Par la suite – ce n’est pas vain –
Sans commander ici où là
Tel est le jugement que donna Amorgen.

§94. Enfin il y eut six chefs au sud et sept chefs au nord qui vinrent là; et Éber eut la royauté au sud et Erimón la royauté au nord. Les six du Sud étaient Éber lui-même, Lugaid f. Íth, Étán f. Oicce, Ún f. Uicce, Caicher, Fulman. Les sept du Nord étaient Érimón, Éber f. Ír, Amorgen, Gosten, Sétga, Sobairce, et le septième était Surge. De ces affaires Roigne le poète parla, le fils d’Ugoine le Grand, à Mál fils d’Ugoine son frère, quand Mál lui demanda: Chante ton expédition. Alors c’est là que Raigne dit –

Noble fils de Ugoine,
Comment atteint-on pleine connaissance de l’Irlande?
Il se leva de Scythie,
Feinius Farsaid lui-même;
Nél atteignit l’Egypte,
Y resta un temps fidèlement
Avec Pharaon en voyage.
Les fiançailles de Nél, de Scota,
La conception de notre père Gáedil,
Le nom de “Scot” répandit à l’extérieur
La belle fille de Pharaon.
Le peuple du Bon Dieu arriva ensemble
Avec châtiment d’une grande armée.
Cincris fut éteint,
Noyé dans la Mer Rouge.
Ils voyagèrent sur les flots
Arrivèrent en Scythie,
Qu’Eber Scot harcela;
Ils frappèrent Refioir,
Agnomain, Lamfind.
Ils naviguèrent sur la Caspienne
Entrèrent en Liuis,
Allèrent sur Toirrian,
Passèrent l’Afrique,
Arrivèrent en Espagne,
Où furent conçus Erimon,
Et Eber à Mile.
Bientôy Brego, Bile,
Pour venger Ith,
Groupés dans leurs barques,
Soixante leur nombre.
Les hommes en revenant
Divisèrent l’Irlande
Parmi deux fois six chefs.
Que la vérité de l’histoire suffise!
Je réponds à la question aisément.

§95. Ou ils dirent qu’ils étaient deux fois six hommes, c’est-à-dire les six fils de Míl et les six fils de Breogan – Érimón, Éber, Lugaid, Amorgen, Colptha, Ír; Brego, Bile, Fúat, Blad, Cualu, Cuailnge. De cette façon les Gáedil prirent l’Irlande; Ainsi se terminent les Prises de l’Irlande jusqu’ici.

Traduction effectuée par mes soins du 24 au 29 mai 2017.
Merci de respecter ce travail et de me demander la permission pour un éventuel reblog.

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