Les Terres Rouges

Sous-parties : Le CarouxL’OrbDivers

L’idée de nommer la région où je vis « Terres Rouges » ne date pas d’hier. Je crois que cette appellation m’est venue il y a 3 ou 4 ans, à peu près à l’époque où nous avons déménagé d’Olargues à Berlou, lors d’un trajet boulot (j’avoue : je me laisse souvent happer par les paysages qui m’entourent quand je suis en voiture à des heures où il n’y a pas beaucoup de circulation). En effet, la région est parcourue de veines de terre rouge (forte teneur en oxyde de fer et/ou en bauxite), et le contraste entre la terre et la végétation est souvent saisissant. Mon premier contact avec les Terres Rouges s’est fait au nord de Cazouls, près du Trou du Roujas (le bien nommé ^^)

roujascazouls05052010 cazouls05052010b cazouls05052010c cazouls05052010dC’est de là que vient la terre la plus rouge de mon autel des Terres Rouges.

redlandsstonesEn me plongeant dans les cartes de Géoportail, j’ai eu, en effet, la « surprise » de découvrir un certain nombre de mégalithes, dont le menhir de Roque Blanque, situé non loin de là.

menhir menhir11032014eLes Terres alentour sont alors définitivement devenues, dans mon esprit, les Terres Rouges, même si, techniquement, c’est plutôt de l’ocre.

menhir11032014c1103nathmarqueCette coloration, intense parfois, a sans doute une influence sur les vibrations particulières que je ressens à certains endroits (qui ne portent pas tous des mégalithes, ce n’est donc pas la vibration des pierres qui joue). Une chose est sûre, ma Soeur a aussi capté l’énergie des Terres Rouges (confirmant, si besoin était, la force des esprits du lieu, déjà captée par mon pendule à diverses reprises), à la suite de quoi nous avons décrété que nous faisions partie du Clan des Terres Rouges

J’ai donc entrepris de repérer les endroits où la couleur du sol est teintée de cet ocre rouge, et de dresser mentalement la carte des Terres Rouges, pour me rendre compte qu’elles s’étendent presque jusqu’au Caroux (élément incontournable du paysage et que j’inclus dedans même si les terres au nord de Vieussan ne sont plus rouges).

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local003De capture d’écran en capture d’écran, j’ai compilé une méga carte (4000×5380 pixels, cliquez dessus pour zoomer) de la région , sur laquelle j’ai marqué les mégalithes et tracé les limites des Terres Rouges telles que je les ressens. C’est totalement empirique et subjectif, mais je dois reconnaître que ça prend de plus en plus d’importance pour moi au fil du temps. Ci-dessous, la même en 3 parties (même largeur, cliquez sur les miniatures pour zoomer). J’ai mis des croix aux endroits qui me parlent plus particulièrement : des endroits où j’éprouve le besoin de m’arrêter et de faire des photos, des endroits où je vais régulièrement au contact de la terre… et des Esprits locaux.

local003A local003B local003C

Les Esprits des Terres Rouges

Il est des endroits où le paysage parle très fort, où les Esprits anciens sont très présents, des endroits que je photographie régulièrement, où je me recueille souvent, des endroits où je tisse, jour après jour, un lien avec les Esprits des Terres Rouges.


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Le Caroux (suivre le lien pour voir davantage de photos)

caroux2Le mont Caroux constitue la terminaison orientale des monts de l’Espinouse, au cœur du parc naturel régional du Haut-Languedoc. Il est constitué par un plateau culminant à 1091 m d’altitude, et limité à l’ouest par les gorges d’Héric, à l’est par les gorges de Colombières et au sud par la vallée de l’Orb. Massif gneissique très escarpé, son plateau est recouvert de landes de genêts à balais et de callunes. Son ensoleillement et sa luminosité qui lui valent son surnom de « montagne de lumière », et il est localement appelé la « femme couchée » du fait de sa forme qui rappelle le corps d’une femme.

« Le Caroux, personnage essentiel du paysage, est un ensemble dominateur, déchiqueté, rocheux et gris tout en haut, composé de pierres très anciennes, surtout de gneiss. Au sommet un assez large plateau, invisible de la vallée, domine les alentours. Des landes, des bruyères, des genets, des bosquets épars de chênes verts, de genévriers et quelques bois de hêtres cernent les sources des ruisseaux. » J.C. Carrière (Le vin bourru).

Le surnom de « femme couchée », dès que je suis arrivée dans la région, ne pouvait pas me laisser indifférente, et j’ai mis un point d’honneur à savoir qui était cette « femme » et où, précisément, on pouvait la voir. J’avoue que, depuis, je ne peux m’empêcher de voir son visage dans le Roc du Caroux (l’extrémité occidentale du plateau, au niveau des Gorges de l’Héric). La Dame Rocheuse est bel et bien un personnage incontournable du paysage, dont le visage attire le regard et fait battre le coeur un peu plus fort. Plus à l’ouest, près d’Olargues, la « femme couchée »montre un autre visage. La légende locale parlent d’une fée qui aurait essayé de bâtir le Pont du Diable en transportant des cailloux depuis la montagne. Mais, fatiguée ou déçue, elle se serait allongée et serait morte là.

(petit montage photo avec les explications de M. Pierre Laurence, ethnologue)

La légende de Cebenna

En ce temps-là vivaient les géants. Cruels, ils meurtrissaient la terre, dévastaient la nature, offensaient le ciel dans les batailles terribles qu’ils livraient sans cesse. Impuissants à les calmer, Terre et Ciel se mirent d’accord pour en détruire entièrement la race. Jupiter jeta la foudre dans leurs combats. La Terre tendit ses pièges. Cebenna et Réa seuls survécurent. C’est que, contrairement à ceux de leur race, ils étaient doux et paisibles, allant la main dans la main, sensibles aux beautés de la nature, de l’aube, du crépuscule, aux charmes des fleurs, aux chants des oiseaux. Ils affectionnaient par dessus tout un plateau et un roc appelé Caroux d’où leurs regards pouvaient glisser par dessus vallées et monts, vers la mer aux horizons infinis.
« Qu’ils meurent ! » criait furieux le Dieu de l’Olympe, impatient de créer une race nouvelle. La Terre, que tant de grâce et de douceur touchaient, hésita longtemps… puis céda enfin. Un soir que l’air était parfumé et d’une grande douceur, Cebenna s’étendit sur le roc pendant que Réa remontait le lit du ruisseau d’Héric. Elle suivait d’un œil distrait de petits nuages roses courant sur le couchant. Surprise, elle sentit sous son poids le roc s’amollir, se creuser. Effrayée, elle lança ses bras et ses jambes en un brusque sursaut. La pierre devenue glu immobilisa ses membres, recouvrit son corps. Alors dans un suprême effort, elle renversa sa tête en arrière, poussa un cri de désespoir et d’agonie, et les larmes s’échappant de ses yeux tombèrent goutte à goutte dans les eaux du Rieutord. Réa, au cri poussé par Cebenna, voulut s’élancer vers elle. Hélas ! sous l’effort, ses pieds s’enfoncèrent comme aspirés par le lit du torrent. Il tomba à genoux pendant que ses mains s’appuyaient à la paroi rocheuse où elles demeurèrent fixées. Dans un effort surhumain où ses os craquèrent, il essaya d’échapper à l’étreinte…il s’enfonça jusqu’aux épaules, puis la glu rocheuse s’éleva, épousa la forme de sa tête, étouffant son dernier râle, pendant que l’Héric déferlait en grondant…
Si vous allez aux gorges d’Héric, vous saurez maintenant pourquoi le roc Caroux présente la forme d’un corps humain et pourquoi, entre le deuxième et troisième ponts, le lit d’Héric s’obstrue d’une gigantesque tête de pierre. Si le soir au crépuscule, vous regardez loin…peut être verrez vous se soulever la lourde paupière, rouler sur la joue de pierre et tomber une larme, que l’Héric compatissant enfin, emporte et unit à celles qu’entraine toujours le ruisseau de Rieutord.
« C’est ainsi que tel le gisant de pierre d’un tombeau, le corps de Cebenna, l’infortunée fille des Titans, dessine à jamais ses formes au sommet du Caroux » Auteur : inconnu

Dame Karuksera veille sur les Terres Rouges. La Déesse de Pierre, au Nord, domine le paysage de sa silhouette caractéristique et attire immanquablement les regards.


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L’Orb (suivre le lien pour voir davantage de photos)

orbLe petit fleuve prend sa source dans l’Aveyron au mont Bouviala. Il remplit le réservoir du barrage d’Avène, avant de s’écouler dans les gorges de l’Orb jusqu’au Bousquet-d’Orb. À Bédarieux, il amorce une courbe pour couler vers l’ouest et contourner les monts de Faugères, puis il tourne vers le sud à hauteur de Tarassac, où il est rejoint par le Jaur, et traverse le massif par des gorges étroites en direction de Roquebrun. Quelques kilomètres en amont de Cessenon-sur-Orb, il rejoint la plaine biterroise et atteint Béziers où il croise le canal du Midi. Environ 15 km après Béziers, l’Orb se jette dans la mer Méditerranée à Valras-Plage.

grquartzauorb8736L’Orb présente des fluctuations de débit assez importantes, avec des crues de novembre à avril portant le débit mensuel moyen entre 29 et 41 m3/s, et des basses eaux d’été de juin à septembre, avec un débit moyen mensuel de 5,3 m3/s au mois d’août.

Ses qualités aurifères sont connues depuis la préhistoire : on a en effet retrouvé de l’or dans une grotte sépulcrale de l’Age du Bronze en vallée d’Orb, et l’or est connu dans des sépultures mégalithiques de la Montagne Noire dès le Néolithique final..

maclourdsorb8780Après sa confluence avec le ruisseau de Landeyran, l’Orb traverse une zone à blocs de conglomérats anciens, créatrice de pièges à minéraux lourds: obstacles, failles, marmites sont nombreux et importants. Les sables lourds noirs et fauves sont abondants et très minéralisés, riches en hématite, en magnétite, avec une abondance de cristaux de grenats lumineux et quelques olivines.

sources : fr.wikipedia, orpaillage.fr

Le fleuve est mon compagnon de route depuis que nous avons emménagé dans la région, il y a 15 ans… D’abord à Cazouls, où je le traversais quotidiennement par le pont Gaston Doumergue, et à la Malhaute, où Zomme et moi nous allions fréquemment passer des journées de « pêche »…

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Ensuite, nous avons habité dans un méandre du Jaur, affluent de l’Orb et là aussi, quotidiennement, j’ai longé le fleuve pour aller au boulot. Enfin, nous avons emménagé à Berlou en décembre 2011, et l’Orb est toujours sur mon parcours quotidien. Je vis ainsi au rythme du fleuve, d’une certaine manière, depuis 15 ans… au rythme de sa douceur et de ses colères. L’Orb, Orbyorus, l’héritier des hauteurs, prend sa source près de Romiguières, au nord de Lodève, à la lisière entre Aveyron et Hérault (synchronicité, cette liminalité et ce rappel de la terre de mes ancêtres côté maternel ? j’en doute).


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Divers Esprits

Le Rieuberlou
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 Les sorbiers des Clapiers
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L’olivier de Lugné
lugne07Pinède de Cambis
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Le Vernazobre à Combejean
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